Si le nouveau marché d’Akassato affiche complet, les centres de vote de l’arrondissement peinent à convaincre. Entre retards techniques ayant découragé les premiers venus et un manque d’engouement manifeste, le scrutin de ce dimanche se joue dans une ambiance plate, où seuls les discours des responsables contrastent avec le vide des isoloirs.

Le rendez-vous civique a mal débuté pour plusieurs citoyens à Akassato dans le département de l’Atlantique. Selon les plaintes recueillies sur les lieux, de nombreux électeurs s’étaient pourtant mobilisés dès l’aube. Malheureusement, face aux portes closes et au retard flagrant dans le démarrage des opérations, beaucoup ont fini par rebrousser chemin pour vaquer à d’autres occupations. Ce faux bond logistique a porté un coup dur à la dynamique du scrutin, transformant l’élan matinal en une attente morose.
Des retards qui prolongent le vote jusqu’à la nuit. À l’EPP Akassato Centre, le vote n’a débuté qu’à 11h00. Responsable d’un des bureaux de vote, Richard Sénateur Adode, a déjà annoncé que le scrutin devrait durer jusqu’à 21h00 pour respecter le temps réglementaire, à condition que la logistique et la sécurité le permettent. Même constat à l’École maternelle d’Akassato, où les deux bureaux de vote peinent à attirer les votants. Adjibi Rich J. Obed, responsable du bureau n°1, y a lancé les opérations à 10h20, ce qui repousse la clôture à 20h20. Dans les autres points comme l’Arrondissement d’Akassato, où six bureaux sont installés, le rythme est tout aussi léthargique malgré un démarrage plus précoce à 8h.
Entre déni des responsables et réalité du terrain
Dans les centres de vote, le constat est sans appel : l’affluence est quasi inexistante. Pourtant, les responsables des bureaux de vote (BV) tiennent un discours surprenant, affirmant avec assurance que les électeurs « viennent ». Sur place, l’ambiance oscille entre deux pôles : certains semblent plongés dans une forme de nostalgie, évoquant les mobilisations d’antan, tandis que d’autres s’inscrivent dans une dimension prophétique, prédisant avec une foi inébranlable une arrivée massive des citoyens avant la tombée de la nuit. Pour l’heure, cette affluence prophétisée se fait attendre, et les agents électoraux restent les principaux occupants des lieux.
Le marché d’Akassato, grand vainqueur de la journée
Le contraste est saisissant au CEG d’Akassato. Alors que les salles de classe transformées en bureaux de vote sont désertes, le nouveau marché situé juste à côté grouille de monde. L’animation y est à son comble. Les échanges commerciaux, les bruits de la foule et les négociations vont bon train, contrastant avec le silence pesant des isoloirs voisins. À Akassato, pour l’instant, le panier de la ménagère semble avoir eu raison du bulletin de vote. Entre vendre leurs produits ou remplir leur devoir civique, le choix des habitants est net. Ainsi, à l’heure où les commerçants du marché plient bagages, les agents électoraux, eux, s’apprêtent à entamer une longue veillée dans des centres de vote qui n’ont jamais vraiment connu l’affluence des grands jours.
Un parcours du combattant pour les plus motivés
Pour les rares citoyens ayant décidé de voter, la tâche n’est pas aisée. Le constat est général dans les centres parcourus : l’affluence est inexistante et les difficultés techniques s’accumulent. De nombreux électeurs ne retrouvent pas leurs noms sur les listes électorales et sont contraints de parcourir deux, voire trois centres de vote — de l’EPP Akassato Centre au CEG en passant par l’École Maternelle — avant de pouvoir accomplir leur devoir. Reste à savoir si la fraîcheur de la fin de journée encouragera les retardataires à rejoindre les bureaux de vote avant les clôtures nocturnes prévues par certains responsables.
Un vote discipliné et pacifique
Au demeurant, il faut souligner la maturité des citoyens présents. La discipline est restée de mise tout au long de la journée. Les électeurs n’ont eu aucun mal à remplir leur devoir pour les deux scrutins (législatifs et communaux), et le processus s’est déroulé dans une paix totale, sans le moindre incident.
L’attention se tourne désormais vers l’étape du dépouillement. Conformément au Code électoral, les urnes seront ouvertes en public, et chaque bulletin sera scruté sous l’œil vigilant des délégués de partis. À Akassato, où le calme a régné toute la journée, les agents électoraux s’apprêtent à une longue nuit de travail pour transformer les suffrages exprimés en résultats officiels, espérant que la sérénité du jour accompagnera la proclamation des premiers chiffres provisoires.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE






