On passe à notre focus culture de ce vendredi. On s’intéresse à un événement devenu incontournable, les Vodun Days, du 8 au 10 janvier. Un festival international qui réinvente la fête nationale du Vodun à Ouidah et qui symbolise la politique culturelle ambitieuse du Bénin. Musée, tourisme mémoriel, industrie créative, le Vodun longtemps marginalisé, devient un outil de rayonnement et de fierté et même de diplomatie culturelle. Pour en parler, on reçoit Babalola Jean-Michel Abimbola, Ministre du tourisme, de la culture et des arts du Bénin. Merci d’être avec nous et bienvenue dans le Journal Télévisé Afrique de France 24.
Le Vodun semble au cœur d’un récit de mémoire, Monsieur le Ministre. Ouidah est la porte du non-retour, les musées, le Marina Projet Marina. Est-ce que les Vodun Days sont devenus un laboratoire de votre stratégie de tourisme mémoriel ?
Oui, il faut reconnaître que le Bénin a mis le développement touristique au cœur de sa stratégie et de sa politique culturelle et touristique, mais pas que ça. Nous avons le tourisme autour du Vodun, le tourisme religieux, j’allais dire. Et nous avons également le tourisme mémoriel et bien évidemment, d’autres types de tourisme. En ce qui concerne les Vodun Days, c’est vrai que c’est un événement majeur parce que c’est un événement, d’abord, qui permet de pouvoir dédiaboliser le Vodun, de pouvoir dire ce qu’est le Vodun et ce que le Vodun n’est pas.
Et d’ailleurs, ça participe à un ensemble de décisions du gouvernement, un ensemble d’actions qui sont conduites pour pouvoir faire mieux comprendre le Vodun. Nous avons, par exemple, un musée international du Vodun qui est en cours de construction à Porto Novo, la capitale politique de notre pays. Nous avons, bien évidemment, les Vodun Days et nous avons un certain nombre de couvents qui seront ouverts pour ce que nous appelons la route des couvents Vodun, pour que les Béninois et tous les visiteurs puissent se faire eux-mêmes une idée de la réalité de cette religion, de cette spiritualité. Donc oui, le Vodun fait partie des axes qui permettent de développer le tourisme au Bénin.
Dites-nous, plus largement, vous avez annoncé 250 millions d’euros pour la culture d’ici 2026, donc on y est. Quelles retombées concrètes attendez-vous en termes d’emplois, de visiteurs et de développement territorial ?
Nous avons absolument investi la bagatelle de 1250 milliards de francs CFA, soit un peu plus de 2 milliards d’euros sur la décennie qui s’achève maintenant. Et nous avons déjà, à partir de 2026, tout prévu et nous avons l’équivalent de 900 milliards qui seront de nouveau investis pour les cinq prochaines années. C’est donc vrai que la politique publique en matière culturelle et touristique est un axe majeur de la politique de développement de notre pays, le Bénin. Et c’est un pilier essentiel pour pouvoir créer de l’emploi au profit de la jeunesse et évidemment créer de la richesse et impacter positivement le PIB.
Après la tentative, Monsieur le Ministre, de coup d’État de décembre dernier, comment poursuivez-vous cette ambition culturelle dans un contexte politique et sécuritaire fragile ? La culture reste-t-elle une priorité budgétaire ?
Totalement. D’abord, je voudrais vous rassurer que dès le premier jour de cette tentative, qui aura en réalité duré à peine une demi-journée, les choses ont repris normalement leur cours au Bénin et les populations vaquent normalement à leurs occupations. Le pays est ouvert, l’aéroport a été fermé à peine une demi-journée, le temps de pouvoir mettre de l’ordre dans tout cela. Donc oui, le Bénin n’a pas changé ses priorités et je vous exhorte, France 24, à venir constater par vous-même. Vous savez également que nous sommes dans une période électorale et les opérations, la campagne se déroule normalement. Véritablement, je pense que vous seriez surpris ou du moins étonnés de voir qu’il n’y a pas eu d’incidence sur le quotidien des Béninois et que les priorités du gouvernement demeurent les mêmes. Bien évidemment, une attention plus particulière sera portée à la défense et à la sécurité. Comme nous avons eu cette alerte, il est normal que tout cela soit un peu resserré.
En matière de sécurité, vous nous assurez que les Vodun Days qui se tiendront la semaine prochaine à Ouidah, qui attendent énormément de monde, on parle d’un demi-million de personnes, est-ce que les conditions de sécurité sont assurées pour tout ce mouvement de personnes qui viendront ?
Nous avons mis l’accent évidemment, comme c’était déjà le cas par le passé, pour les deux premières éditions qui étaient des éditions zéro (0) et double zéro (00) parce que là, nous avons vraiment la première édition aujourd’hui qui va démarrer à partir du 8 janvier, comme vous l’avez annoncé précédemment. Et évidemment, un accent particulier est mis sur la sécurité, la présence policière, sans que cela ne soit également sujet à faire peur aux uns et aux autres. Donc tout sera organisé comme le Bénin sait organiser désormais et il ne devrait pas y avoir le moindre incident au Bénin. Et comme je vous l’ai dit précédemment, depuis cette tentative, heureusement, qui a échoué et avorté, les activités ont repris leur cours normalement au Bénin. Et le pays est ouvert, les visiteurs viennent de par le monde et bien évidemment, une attention particulière sera prêtée à la sécurité pendant les Vodun Days, comme ça a toujours été le cas. Il n’y a jamais eu d’incident aux Vodun Days et ce ne sera pas le cas une fois de plus. Pour finir, je voudrais juste vous dire que l’année dernière, c’est vrai que nous avions eu un peu plus de 500 000 visiteurs. Et nous attendons près d’un million de visiteurs cette année.
TG




