Jean Louis Mahouto Kedagni, comédien et metteur en scène béninois, s’est imposé au fil des années comme une figure singulière du théâtre contemporain ouest-africain. À la croisée du théâtre, du stand-up et de la conférence performée, son travail explore l’humour comme outil de réflexion sociale et politique. Avec L’Art de péter les balivernes, adaptation libre d’un texte du XVIIIᵉ siècle de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, l’artiste a développé une écriture scénique audacieuse, nourrie à la fois de culture classique et d’observation critique du monde contemporain.
Conçu comme une conférence humoristique, L’Art de péter les balivernes s’est progressivement imposé comme une œuvre à part dans le paysage théâtral. Bien avant son passage remarqué à la Bourse du Travail – Théâtre Dayihoun, les 28, 29 et 30 novembre 2024, le spectacle avait déjà entamé un parcours international. Il a été présenté au Togo, à l’Espace Fiohome, puis en Guinée-Conakry, dans le cadre du Festival de Dubréka, où il a rencontré des publics sensibles à sa forme hybride mêlant savoir, satire et autodérision.
Le spectacle a ensuite été accueilli au Cameroun, lors de l’Africa Stand Up Night Show, à l’invitation de l’humoriste Valery N’Dongo, avant de prendre part au Festival International de Théâtre du Bénin (FITHEB), confirmant son inscription dans les grands rendez-vous culturels de la sous-région. Ce parcours africain s’est prolongé en Europe, avec des représentations à Lyon, en France, puis en Allemagne, où la portée universelle du propos a trouvé un écho particulier auprès de publics multiculturels.
Le retour du spectacle à Cotonou, en novembre 2024, à la Bourse du Travail – Théâtre Dayihoun, a constitué une étape symbolique : celle d’une œuvre revenue à son point d’ancrage après avoir circulé sur plusieurs scènes africaines et européennes. Sur scène, le personnage du professeur érudit et facétieux interroge, par le rire, la place du savoir, la vanité des discours creux et les balivernes qui traversent les sociétés contemporaines.
En novembre 2025, L’Art de péter les balivernes a poursuivi sa trajectoire internationale en étant présenté au Festival International de Théâtre d’Abidjan (FITHA), du 17 au 23 novembre. Cette participation a confirmé la maturité artistique du spectacle et la reconnaissance de son propos au-delà des frontières béninoises.
À l’issue de ce parcours, L’Art de péter les balivernes apparaît comme un spectacle en mouvement, porté par un artiste dont la démarche privilégie la circulation des idées, le dialogue des cultures et l’intelligence du rire. Une œuvre appelée, sans doute, à poursuivre sa route sur d’autres scènes.
TG




