Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’enfance, la Direction de la Protection Juridique et Judiciaire de l’Enfance (DPJJE) du Ministère de la justice et de la législation (MJL) a organisé un café des Enfants Ambassadeurs des Droits et Devoirs de l’Enfant placé sous le thème : « Droit à la participation : défis et perspectives pour la société béninoise ».
A l’issue de cette occasion, les enfants ont fait une déclaration où ils appellent tous les décideurs à reconnaître que le droit à participation des enfants renforce la démocratie, favorise la paix, améliore les politiques publiques et protège mieux les droits de chaque enfant.
Ce café qui s’inscrit dans une dynamique nationale visant non seulement à promouvoir une participation active, sécurisée et institutionnalisée des enfants, mais aussi à renforcer leur compréhension du droit à participation tel que défini par la CDE et explicité par l’Observation générale n°1. De façon spécifique, l’organisation de cette activité a permis de présenter aux enfants les fondements juridiques nationaux, régionaux et internationaux du droit à participation ; d’identifier avec les enfants les défis majeurs à l’exercice effectif de leur droit à participation au Bénin ; de faciliter un cadre d’expression et de propositions pour renforcer les mécanismes existants de participation enfantine ; de développer des messages clés, engagements ou recommandations à l’endroit des autorités communautés, structures scolaires et institutions de protection de l’enfant et enfin d’outiller les enfants Ambassadeurs à faciliter des activités de sensibilisation dans leur collectivités.
Cette activité a été marquée par deux temps majeurs marqués d’une part, par une communication intitulée « Appréciation du droit à participation des enfants à l’aune de leurs devoirs », présentée par Arnaud Toffoun, Directeur de la Protection Juridique et Judiciaire de l’Enfance et d’autre part, par des discussions à bâtons rompus entre les enfants suivis de la proposition d’activités concrètes permettant la mise en œuvre effective du droit à participation des enfants incorporées à la déclaration officielle des enfants. Il a rappelé lors de sa communication que le droit à la participation constitue l’un des principes fondamentaux de l’architecture internationale des droits de l’enfant inscrit à l’article 12 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE). Ce principe qui affirme que tout enfant capable de discernement a le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, et que son opinion doit être dûment prise en considération, en fonction de son âge et de sa maturité, marque une rupture profonde avec les conceptions paternalistes traditionnelles, dans lesquelles l’enfant était considéré principalement comme un sujet à protéger et non comme un acteur social à part entière. L’Observation générale n°12 du Comité des Droits de l’Enfant (General Comment No.12, 2009) renforce cette vision en établissant que l’écoute de l’enfant n’est pas un acte facultatif, mais une obligation juridique essentielle pour tous les États parties.
Le Comité des Droits de l’Enfant précise à travers l’Observation générale n°12 que la participation ne consiste pas seulement à permettre à l’enfant de s’exprimer, mais exige l’existence d’espaces sûrs, inclusifs, accessibles et adaptés, permettant une participation informée, significative et non manipulée. Chacun de ces espaces sûrs et adaptés peuvent se retrouver dans divers domaines de la vie : cadre familial, école, structures de prise en charge, justice, santé, politiques publiques, et plus largement la communauté. En Afrique, le droit à participation s’inscrit par ailleurs dans un cadre normatif et contexte spécifique, inspiré de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE) qui, tout en reconnaissant le droit de l’enfant à exprimer librement ses opinions (art. 7), introduit également une dimension culturelle et communautaire particulière : le devoir de l’enfant de respecter ses parents, ses aînés et la communauté (art. 31). Cette articulation originale entre droits et responsabilités reflète les valeurs africaines de solidarité, de hiérarchie sociale et d’interdépendance. Si elle enrichit le cadre éthique de la participation, elle peut aussi générer des tensions dans les sociétés où la parole de l’enfant est traditionnellement perçue comme devant s’exprimer avec réserve, voire retenue, devant l’adulte. Une participation bien encadrée et culturellement sensible ne remet pas en cause les valeurs africaines ; au contraire, elle permet d’inscrire les enfants comme acteurs actifs du développement et gardiens des valeurs de leurs communautés. Cette communication a pris fin par quelques exemples précis de cas de mise en œuvre du droit à participation.
Cette communication a donné lieu à quelques questions des ambassadeurs qui ont eu des moments d’échanges entre eux, avant la présentation de leur déclaration officielle, lue pour la circonstance par leur porte-parole, Raphaël Hounkonnou, Ambassadeurs des Droits et Devoirs des Enfants et Champion de la deuxième édiction du Jeu concours ‘’Droits et Devoirs des Enfants’’ 2025.
Dans cette déclaration, les Enfants ambassadeurs ont affirmé qu’ils ont le droit d’être écoutés, de donner leur avis et de participer aux décisions qui concernent leur vie, leur éducation, leur santé, leur protection, et leur avenir conformément à l’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant. Ils ont ensuite souhaité être associés à l’élaboration des projets, des politiques et des actions qui concernent les enfants, dans leurs écoles, leurs familles, leurs quartiers, leurs communes et dans tout le pays, encouragé les adultes à les accompagner, à leur expliquer clairement les décisions et à leur donner les informations nécessaires pour comprendre et participer de manière éclairée et appelé tous les décideurs à reconnaître que la participation des enfants renforce la démocratie, favorise la paix, améliore les politiques publiques et protège mieux les droits de chaque enfant. Au regard de tout ce qui précède, les enfants ambassadeurs s’engagent aux côtés de la DPJJE à promouvoir la formation des ambassadeurs à l’art oratoire, organiser des séances d’information dans leurs collèges sur le droit à la participation, œuvrer à installer des boîtes à dénonciation dans les collèges et lycées en veillant à mettre en place des comités de gestion des plaintes…
A la fin de cette déclaration, l’honneur est revenu à la Championne 2024 du Jeu concours Droits et devoirs des enfants Loane PATHINVO de conclure au nom du Directeur de la Protection Juridique et Judiciaire le café.








