(Une initiative de Ipas Afrique Francophone)
Assistants sociaux et psychologues du département du Mono ont été conviés du 18 au 21 mars 2025 à un atelier de clarification des valeurs pour l’action et la transformation (Cvat), relatif aux droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr), y compris les avortements sécurisés. Initié par Ipas Afrique Francophone, le présent atelier qui s’est déroulé à Grand-Popo s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au Renforcement des services de santé sexuelle et reproductive au Bénin, financé par le Royaume des Pays-Bas.
Venus de plusieurs communes du département du Mono notamment venus Houéyogbé, Lokossa, Grand-Popo, Comé et Athiémé, les participants à cet atelier ont été outillés sur la notion de valeurs, l’intersection entre les Dssr et changements climatiques, la loi modificative et son décret d’application. Plusieurs exercices de clarification des valeurs, basés sur la boîte à outils mondiale Cvat de Ipas, ont permis aux participants de se mettre dans des situations réelles, afin de comprendre les différentes raisons expliquant les demandes de services et la nécessité de réduire la stigmatisation. En effet, au Bénin, de nombreuses appréhensions doivent encore être levées en matière de santé sexuelle et reproductive, afin de permettre aux demandeurs de bénéficier des services de qualité dans les formations sanitaires. Et le présent atelier, initié par Ipas Afrique Francophone en collaboration avec la Direction départementale des affaires sociales et de la microfinance (Ddasm)-Mono se veut une occasion pour améliorer la perception des Droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr), avec un focus sur les soins d’avortement sécurisé. Pendant cet atelier, ces acteurs sont formés à la clarification des valeurs et sur la législation relative à la santé reproductive afin de mieux l’appliquer et d’éviter les risques juridiques.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui au Renforcement des services de santé sexuelle et reproductive au Bénin, financé par le Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par Ipas Afrique Francophone, le Collège national des gynécologues obstétriciens du Bénin, PSI-Benin sous le lead du partenaire, Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf) et du ministère de la santé. A en croire Merveille Ayihounton, Chargée de programme chez Ipas AF, ce projet global vise à renforcer le système de santé, à éviter les décès maternels tout en respectant les limites légales et en ciblant les personnes les plus vulnérables. Ipas AF travaille sur ce projet à travers deux principaux axes : le développement des ressources humaines et la communication pour la prévention des grossesses non désirées et des avortements clandestins. Cela passe par des activités de clarification des valeurs visant à réduire la stigmatisation en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR), à déconstruire les normes sociales et les mythes parmi les auxiliaires de pharmacie, les assistants sociaux et les psychologues.
Faut-il le préciser, la loi modificative relative à la santé sexuelle et reproductive du Bénin de 2021 désigne les assistants sociaux comme des acteurs clés dans la chaîne de l’offre de services de SSR de qualité. Les psychologues, quant à eux, assurent l’accompagnement psychologique des patientes. Cet atelier représente une opportunité unique de les réunir pour favoriser une synergie d’action. A l’occasion, le directeur départemental des affaires sociales, Nounagnon Étienne Noukpo a fait le point de la collaboration avec les assistants sociaux et psychologues avant de souligner plusieurs défis, notamment le manque de psychologues cliniciens dans les GUPS, la coordination insuffisante, l’absence de financement stable pour les psychologues, et l’absence d’outils adaptés. Plusieurs perspectives ont émergé de cette rencontre, parmi lesquelles le renforcement du partenariat entamé avec Ipas AF. L’atelier s’est terminé sur une note marquante, avec les engagements personnels forts des participants, qui se sont engagés à promouvoir une meilleure compréhension de la santé sexuelle et reproductive au sein de leurs communautés. Ils ont affirmé leur volonté de réduire la stigmatisation liée à la SSR, de jouer un rôle actif dans l’accompagnement des patientes en offrant un soutien psychologique adapté, et de renforcer l’orientation vers les centres de santé.
A.B