Le rapport sur la démocratie de l’Institut V-Dem est publié chaque année au mois de mars. Pour l’année 2024, le rapport n’a pas du tout été élogieux sur la gouvernance Talon. Baptisé « Rapport sur la démocratie 2024 : la démocratie gagne et perd aux urnes « , il peint un pays, autrefois admiré sur le continent pour son modèle démocratique mais qui, depuis 2016, sombre dans un  » processus d’autocratisation ». « Le Bénin est l’un des deux pays où l’effondrement de la démocratie a été suivi de quelques améliorations qui ne suffisent toutefois pas à rétablir une démocratie électorale » lit-on en début de phrase dans la partie consacrée au Bénin dans le rapport de l’Institut V-Dem.

« Le processus d’autocratisation a pris racine sous le président Talon, élu en 2016 à l’issue d’élections démocratiques largement libres et équitables. En moins de cinq ans, le gouvernement a érodé l’indépendance de la justice, sapé la concurrence politique, harcelé les opposants politiques et les journalistes critiques et organisé des élections entachées de graves irrégularités ». Seuls les partis soutenant le président Talon, poursuit le rapport, ont été autorisés à concourir aux élections parlementaires de 2019. Lors de l’élection présidentielle de 2021, tous les principaux opposants ont été disqualifiés, en état d’arrestation ou en exil et le président Talon a remporté un second mandat, détaille le rapport sur la démocratie. S’agissant d’améliorations, qui ne suffisent pas à rétablir une démocratie électorale, le rapport évoque les législatives de 2023 qui ont connu la participation du parti d’opposition Les Démocrates. Ainsi, après le Parlement monocolore 2019-2023, l’opposition au régime Talon a remporté 24 % des sièges à l’Assemblée nationale. « Bien qu’il soit toujours dans un processus de revirement, le Bénin reste une autocratie électorale et son score LDI (Indice de Démocratie Libérale) 2023 est sensiblement inférieur à celui d’avant le début de l’autocratisation » lit-on dans le rapport.

Quand c’est dit à l’interne, les gouvernants n’y accordent aucun crédit. Pour certains, ce sont les éternelles jérémiades d’une opposition aux abois. D’autres vont jusqu’à dire que le développement et la démocratie sont incompatibles et se réjouissent que les dirigeants actuels aient choisi le développement. Cette fois, cela vient de gens externes, observateurs de l’état de la démocratie au Bénin depuis 2016. Pourvu que cela serve à quelque chose.

M.M

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