C’est en présence de nombreux acteurs dont les mairies de Parakou et de Abomey-Calavi et du ministère du cadre de vie et du développement durable, que le projet « Favoriser les Rénovations pour l’Efficacité Energétique dans l’Habitat en climats chauds » (FRESH) a été lancé, le 18 février à l’hôtel Sossa de Cotonou. Une occasion pour toutes les parties prenantes, de réaffirmer leur engagement à jouer leur partition pour garantir la réussite du projet.
Au Bénin, 63% des émissions de gaz à effet de serre sont dues à l’utilisation de l’énergie. En milieu urbain, l’habitat est responsable de 60% des émissions de gaz à émission de serre. Avec cette situation, les populations urbaines sont exposées à un fort inconfort thermique dans les habitations. L’urbanisation importante est difficile à maîtriser, l’utilisation de tôle et de ciment pour la construction se fait au détriment des matériaux locaux et les populations connaissent très peu, les solutions naturelles de rafraîchissement qui peuvent leur éviter une surexposition à des chaleurs excessives dans des habitats non-efficaces énergétiquement.
C’est en réponse à cette situation, que l’ONG Geres et son partenaire Eco-Bénin avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), entendent apporter des solutions de rénovation afin de sortir les populations des communes d’Abomey-Calavi et de Parakou de l’inconfort thermique.
En ouvrant officiellement les travaux de lancement du projet, le Directeur Général de la Construction et de l’Habitat (DGCH) du Ministère du Cadre de Vie et des Transports, Victor ANANOUH, a indiqué que « le projet FRESH s’inscrit dans une démarche ambitieuse et nécessaire pour améliorer les conditions de vie des populations urbaines dans les zones chaudes notamment Abomey-Calavi et Parakou ». Pour lui, « il devient primordial de promouvoir les solutions d’efficacité énergétique adaptées aux réalités locales, abordables et respectueuses de l’environnement » afin de faire face efficacement aux défis liés au réchauffement climatique et à la pression croissante sur nos ressources. Le lancement du projet constitue « le début d’une aventure collective ».
Selon le Représentant Pays de l’ONG GERES, Noé Courvallet, il devrait permettre de proposer des solutions de rénovation de l’habitat accessibles, réplicables, à bas coûts et bien adaptées aux réalités locales. Car, soutient-il, 67,9% des populations en milieu urbain au Bénin vivent encore dans des habitats précaires en 2020 selon UN-Habitat. Également, avec la croissance urbaine reposant principalement sur l’auto-construction, l’extension des villes se fait en utilisant massivement des matériaux importés faiblement isolants et peu adaptés aux conditions climatiques. Pendant ce temps, soutient-il, l’utilisation des matériaux locaux reste encore marginale et seulement un petit nombre d’artisans sont formés à cet effet. Avec le changement climatique qui provoque des périodes de forte chaleur, les conditions de vie seront de plus en plus pénibles pour les populations et surtout, cela provoquera des conséquences graves sur la santé et la productivité. D’après-lui, « Chaque acteur aura un rôle à jouer et ensemble, nous comptons transformer le quotidien des béninois urbains en leur offrant un cadre de vie sain, plus agréable et respectueux de l’environnement ». Enfin, pour Coordonnateur National de Eco-Bénin, Gautier Amoussou, à travers le projet FRESH, les deux ONG partenaires souhaitent apporter leur grain de sel au défi que constitue l’efficacité énergétique dans l’habitat.
Un projet innovant pour un confort amélioré dans l’habitat
Le projet FRESH a pour objectif de contribuer à l’adaptation aux changements climatiques des populations urbaines des zones climatiques chaudes, par la diffusion de pratiques et de solutions d’efficacité énergétique accessibles et réplicables dans l’habitat. L’équipe projet a indiqué que l’approche développée comporte trois volets. En dehors de l’amélioration de l’offre technique (tests de techniques constructives, formation des artisans) et la maîtrise de la consommation énergétique dans l’habitat (bonnes pratiques, maîtrise d’usage), par les habitants, le projet entend mettre en relation l’offre (artisans des filières du bâtiment formés) et la demande (propriétaires et locataires). En termes de bénéficiaires, le projet ambitionne de toucher environ 620 ménages dans les deux villes d’intervention Abomey-Calavi et Parakou, 100 artisans des filières bâtiment et 1 000 agents des mairies, agences spécialisées et ministères compétents et des acteurs des filières du bâtiment. Le budget global est de 980 000 euros pour une durée de 2 ans et demi. A terme, le projet améliore le confort thermique des ménages cible et par conséquent une réduction des consommations d’électricité.
La présentation du projet a donné lieu à un riche débat suivi des travaux de groupes qui ont permis aux participants de réfléchir sur les défis de mise en œuvre du projet et faire des recommandations pour la réussite des diverses actions qui seront menées. Ce fut également l’occasion d’échanger sur les atouts du projet et l’importance d’une synergie d’action des parties prenantes.
Des participants satisfaits et engagés
Dans leur ensemble, les participants parties prenantes du projet ont marqué leur détermination à œuvrer pour l’atteinte des objectifs. Pour le 1er adjoint au maire de Parakou, Mohamed Abdel Taya Yari, déjà très engagé dans les activités préparatoires du projet, l’engagement des autorités de la ville métropole du nord est effectif. « Nous allons accompagner de bout en bout la mise en œuvre du projet pour garantir son succès ». Face au défi lié à l’acceptation du projet par les ménages, il a rassuré l’équipe du projet de la détermination des autorités locales à descendre sur le terrain pour sensibiliser les ménages dans les quartiers ciblés afin de favoriser leur adhésion. Du côté des artisans, l’engagement est aussi effectif. L’élu consulaire de la Chambre des métiers de l’artisanat et chef de la délégation départementale de l’Atlantique a soutenu que « les artisans sont prêts à accompagner dignement le projet ». « Le projet est non seulement bénéfique pour la population mais aussi pour les artisans », a-t-il martelé. En clôturant les travaux, le Coordonnateur National de Eco-Bénin s’est réjoui de la participation et de l’intérêt de tous pour le projet. « Nous sommes sûrs qu’avec les débats enrichissants, vous êtes désormais tous engagés pour faire la promotion de bonnes pratiques de rénovation pour des habitats sains dans vos ménages, vos différentes organisations et entreprises, afin de garantir la santé et le bien-être des populations », a-t-il souligné.
Alain TOSSOUNON (Coll.)