Le verdict du Tofâ 2025 livré à l’occasion des VodunDays et interprété par David Koffi Aza a, à nouveau, déclenché l’ire du troisième mandat de Patrice Talon. Au-delà du blafard communiqué dont s’est argué le comité d’organisation pour se désolidariser de cette interprétation polémique, congédier Koffi Aza de ce creuset viendrait crédibiliser un peu plus cet événement annuel, de plus en plus critiqué.
La consultation du Tofa 2025 a eu lieu le 10 janvier 2025, lors de la grande cérémonie Vodun, dans le cadre des VodunDays à Ouidah. Le signe annoncé pour gouverner l’année 2025 est « Fu Yeku ». Selon Mahougnon Kakpo, président du comité des rites Vodun, ce signe est l’un des meilleurs parmi les 256 du Fâ. Il symbolise, dit-il, la protection, l’invincibilité et la prospérité pour le Bénin. Il évoque, martèle le président du comité, l’idée que l’intrépide est en sécurité au seuil de la demeure paternelle, insensible aux menaces extérieures. Alors que cette interprétation singulière aux initiés interprètes du Fâ ou Bokônon est contestée par d’autres qui y voient clairement une déification du Chef de l’État, David Koffi Aza, membre du comité Tofâ en a rajouté. À l’en croire, ce signe indique clairement que Patrice Talon peut briguer un troisième mandat. En dehors de la circonstance des VodunDays, ce Bokônon, membre du parti Moelle Bénin soutenant les actions du Président de la république est également passé de médias en médias, pour propager cette interprétation. Enflammant la polémique déjà patente et nourrie par des cadres et militants d’autres formations politiques de la mouvance, cette idée est jugée saugrenue et désobligeante vis-à-vis de la Constitution d’une part. D’autre part, elle met en doute les engagements de Patrice Talon, ce qui a dû faire réagir le comité d’organisation. Dans un communiqué timide et expéditif, il s’est désolidarisé de ces propos du Bôkonon politique. Le mal étant déjà fait, c’est le Tofâ et sa crédibilité déjà écornée qui en pâtissent à nouveau. Amenant ainsi le gouvernement et son porte-parole à réagir en réaffirmant les désirs de Patrice Talon à quitter le pouvoir au terme de ce second et dernier mandat, les organisateurs du Tofâ désormais réformé avaient le devoir d’aller au-delà d’un simple communiqué. Continuer d’accepter dans leurs rangs des interprètes à polémiques sur des sujets aussi sensibles comme la violation de la Constitution ou l’enterrement des acquis démocratiques au profit d’un mandat présidentiel de plus, c’est faire le lit au doute et à un avenir très sombre pour cette initiative. Autrement, David Koffi Aza devrait à tout point de vue jeter le tablier, suite à ce désaveu, quoiqu’insignifiant. Histoire de rétablir un tant soit peu l’image déjà dégradée de cette initiative de Tofâ désormais inclue aux VodunDays par le gouvernement. Initiative de plus en plus empreinte de critiques et remise en cause profonde par d’autres interprètes du Fa.
M.M








