Zou/Accès sécurisé des femmes aux terres agricoles: Les Garants de la tradition de Covè et les femmes sensibilisés par la KAS et le CAO

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Démarrée lundi à Zagnanado autour du thème <<Contribution des cours royales au renforcement du rôle économique de la femme à travers son accès sécurisé aux terres agricoles>>, la tournée de sensibilisation initiée par la Fondation Konrad Adenauer (Konrad Adenauer Stiftung_KAS-Bénin) et le Centre Africa Obota ( CAO-Bénin) se poursuit dans le département du Zou. Mardi 6 décembre 2022, c’est le palais royal de Dada Zéhè à Covè, toujours dans la région Agonlin, qui a accueilli la délégation pour le même exercice.

Tôt dans la matinée, les sujets de sa Majesté Zéhè, qu’ils soient femmes ou dépositaires de la tradition, ont répondu présent à l’appel du roi pour suivre cette séance de sensibilisation, qui n’est pas une première. <<Aujourd’hui, nous revenons encore au Palais pour continuer les discussions parce que cette problématique ne peut pas être traitée du jour au lendemain. Il faut établir toujours un dialogue permanent avec les acteurs. Et les acteurs les plus importants sont les chefs traditionnels, les dignitaires religieux, les chefs de famille qui connaissent mieux les problèmes et qui sont aussi en rapport permanent avec ces femmes… Il nous souvient que vous jugez ces affaires au quotidien>>, a souligné d’entrée le coordonnateur de la KAS-Bénin, Mounirou Tchacondoh. Dans son mot d’ouverture intervenu après celui de Célestin Ballé, président du conseil d’administration de la CAO Bénin qui a planté le décor, M. Tchacondoh a précisé : <<le dialogue vient dans un contexte de crises avec la guerre qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous ici mais qui a des répercussions ici. Et nous savons la contribution de nos mamans dans la sécurité alimentaire. Elles sont d’abord les piliers de l’économie des familles, piliers de l’économie locale, piliers de l’économie nationale, et c’est aussi elles le pilier de la sécurité alimentaire. Elles sont nos épouses, elles sont nos mamans, elles ont aussi de temps en temps besoin de notre soutien. Et nous voyons que dans leurs activités, quotidiennes, c’est la terre qui est le premier outil de travail. Et pour accéder à cette terre, le plus souvent, ces femmes sont confrontées à des difficultés. Et nous savons que les vénérés dignitaires sont les garants, les dépositaires de la tradition et qui ont le pouvoir sur ces terres.Voilà pourquoi très tôt la Fondation Konrad Adenauer et son partenaire le Centre Africa Obota ont voulu associer ces dignitaires pour qu’ensemble nous puissions réfléchir pour que nos femmes puissent davantage être les piliers de la sécurité alimentaire dans nos communautés et dans le pays>>. Le coordonnateur de la Fondation Konrad Adenauer (KAS) au Bénin va tout de même reconnaître que les lignes bougent à Covè, en témoignent les résultats d’une récente enquête de terrain réalisée par la KAS.<<Je voudrais ici féliciter sa Majesté pour ce travail de fourmi qui a été fait depuis un certain temps et qui a permis aujourd’hui d’améliorer la situation>>, a déclaré à cet effet, Mounirou Tchacondoh. Comme à Zagnanado la veille, après la cérémonie d’ouverture, c’est par la projection d’un téléfilm support sur le partage d’héritage calqué sur les réalités socioculturelles que la séance proprement dite a démarré. Dans une approche participative, les experts du CAO-Bénin vont ensuite expliciter le message que véhicule la vidéo pour un accès des filles et des femmes aux terres sécurisées en milieu rural. Des dispositions spécifiques de trois textes de lois, à savoir la Constitution béninoise, le Code des personnes et de la famille puis le Code foncier et domanial ont servi de support. La séance s’est déroulée dans une ambiance conviviale, et à l’analyse des interventions de certains participants, il y a bon espoir que la donne change considérablement pour une autonomisation économique réelle des femmes de Covè à partir de leur accès au foncier agricole sécurisé.

JB

Le message de sa Majesté, Dada Zéhè qui a clôturé la sensibilisation :

<< J’ose croire que les différentes explications et les enseignements reçus ici ont été bien compris de tous et que vous allez les mettre en pratique. Dans le téléfilm, nous avons bien noté que la législation fait obligation à ce que la fille et la femme soient prises en compte dans le partage de l’héritage aussi bien de son père que de son époux. Je sais donc compter sur les dignitaires religieux, les chefs de famille et autres garants de la tradition pour un règlement efficace de ces problèmes qui pourraient subvenir dans des familles et dont des veuves et orphelins en seraient victimes.

À vrai dire, et ça vous conviendrez avec moi que nos enfants filles nous portent plus assistance que les garçons. C’est la femme qui conçoit, et garde la grossesse pendant 9 mois. Dès la naissance du bébé elle en prend également soins. Pendant ce temps, l’homme va se créer des charges supplémentaires dehors. Qui pourra dire le contraire ici?

Fort de tout ça, il urge qu’une attention particulière soit accordée à la femme.

Pour ce qui est de la sécurité alimentaire, de vous à moi, est-ce qu’en temps normal on peut parler de famine au Bénin ? La réponse c’est non puisque quand vous quittez Agonlin pour Cotonou, de part et d’autre de la voie inter-Etats vous voyez de la brousse à perte de vue. La terre est donc disponible mais c’est qu’il faut trouver les mécanismes pour sa mise en valeur.

Quand nous allons à l’extérieur, nous voyons quand même comment les autres s’organisent. À titre d’exemple, j’étais entre temps au Maroc, et on devrait se déplacer de Casablanca vers Tanger. C’est un voyage sur 600 km qui devrait se faire par vol. Mais on a préféré faire ce trajet par voie terrestre pour bien contempler le paysage. Je puis vous dire que le long du trajet, quand vous jetez un coup d’œil à gauche comme à droite, vous ne verrez rien comme verdure. Tout l’espace a été mis en valeur avec des plantations de bananiers, orangers, etc. Quand je vois tout ça, j’insiste pour dire qu’il ne devrait pas avoir la faim au Bénin.

Toutes les fois que je dois organiser des cérémonies ici et je me vois obligé de sortir de l’argent de ma poche pour achat de bœufs, de poulets, de maïs, etc… j’ai envie de couler les larmes. Comment quelqu’un comme moi doit sortir encore de l’argent pour ces choses ? Normalement chaque famille doit disposer d’une ferme pour l’élevage, les plantations, l’agriculture en général. Quand on aura fait ça, on ne manquera pas d’aliments et on ne sera plus contraint d’importer certaines denrées à coup de milliards de Francs Cfa. Des pays comme le Japon n’ont presque pas de terre cultivables mais les japonais cultivent le riz et nous en font don. Il nous faut vraiment un changement de mentalité au Bénin. C’est le lieu de saluer ce travail de sensibilisation que fait la KAS en collaboration avec son partenaire, le CAO >>.

 

Transcription : JB

 

 

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