Projection du Film ‘’Il va pleuvoir sur Conakry’’: Le bras de fer entre tradition et modernité

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(Un dénouement amer ouvre la perspective)

Le film africain, long métrage d’environ deux heures, intitulé ‘’Il va pleuvoir sur Conakry’’ est projeté à l’Institut français du Bénin (Ifb), mardi 22 novembre 2022. Réalisé par Cheick Fantamady Camara, ce film est une comédie dramatique à travers lequel le cinéphile peut gouter aux délices d’une retranscription du malaise de nombreux jeunes Africains perdus au carrefour de la tradition et de la modernité.

La trame du film retrace l’histoire de Bibi, un  caricaturiste du quotidien L’Horizon à Conakry, la capitale guinéenne. Et pour peu que son père, l’imam de la localité où ils vivent, lui a voulu l’avenir d’un leader religieux, le jeune journaliste caricaturiste, Bibi prend soin de cacher son métier et son amour pour Kesso, une jeune informaticienne. Deux jeunes amoureux qui prenaient du goût à tout ce qui est mondain contre les qu’en dira-t-on des conservateurs tapis au sein de leurs familles respectives. Le film met en contraste deux mondes, celui des jeunes moulés dans la consommation de boisson, la fréquentation des boîtes de nuit, l’exibition et autre forme d’attitudes citadines, puis celui de la famille ancrée dans la tradition de la religion musulamne où le respect strict des principes cardinaux liées à la religion sont infranchissables et irréversibles. L’interdiction des sorties nocturnes en tenue incorrecte, la fréquentation obligatoire de l’école coranique pour aller plus tard au pèlerinage à la Mecque puis revenir leader réligieux, suivre les rites et pratiques ancestraux à chaque nouvelle naissance sans négliger le refus des mariages incompatibles et les consultations divinatoires, bref, un bouquet de coutumes auxquelles personne ne doit échapper. Alors, dans le film, le réalisateur a réussi à provoquer le choc entre ces deux univers pour donner du piquant au sénario.  L’héroïne de ce film est la franco-béninoise, Tella Kpomahou.

« Ce film est une critique féroce du poids des traditions dans les sociétés africaines qui oblige les jeunes à se révolter pour se libérer. C’est aussi une charge contre la collusion entre le pouvoir politique et religieux. C’est un film à voir en famille, plein d’espoir sur l’avenir de la jeunesse africaine. « Il va pleuvoir sur Conakry » a reçu de nombreux prix dont le dernier en date le prix du public du 12ème festival Cinémas d’Afrique d’Angers qui s’est tenu du 5 au 10 mai 2009. Mention spéciale concernant la BO du film très réussie avec la chanteuse malienne Fatoumata Diawara (qui a tenu le premier rôle dans L’Opéra du Sahel) accompagnée de quatre rappeuses guinéennes » source (Africavivre).

Qui est Cheick Fantamady Camara ?

Né le 12 mars 1960 à Conakry en Guinée et mort le 6 janvier 2017 (à l’âge de 56 ans) dans le 10e arrondissement de Paris1, Cheick Fantamady Camara est un réalisateur, scénariste, et producteur guinéen.  Formé à l’art du cinéma à Ouagadougou et plus précisément à la réalisation, il crée sa propre structure de production et de distribution «Conakry Ouagadougou Paris Films » en 2006. Il consacre alors son temps à l’écriture de scénarios et à la réalisation de films. Il est également enseignant à l’Institut Supérieur des Arts Guinéens à Conakry. À partir de 2001, il mène sa vie entre Paris et Conakry. En 2006, Cheick Fantamady Camara réalise son premier long métrage, « Il va pleuvoir sur Conakry », primé dans une vingtaine de festivals à travers le monde, dont le prix du public au Fespaco. Ce film illustre les problèmes politiques, sociaux et religieux qui rongent la Guinée, à travers l’histoire d’un jeune caricaturiste qui travaille dans un journal d’opposition et des relations avec son père, imam de la grande mosquée de Conakry3. En 2007, « Il va pleuvoir sur Conakry » est le premier long métrage de Cheick Fantamady. Sa vocation pour le cinéma a démarré très tôt puisqu’à l’âge de 20 ans où il quitte la Guinée pour le Burkina-Faso dans l’intention de faire l’Inafec, la seule école de cinéma d’Afrique noire. N’ayant pu réaliser ces études par manque d’argent, il apprend le métier sur les plateaux de tournage pendant 16 ans. En 1997-1998, il a la chance d’effectuer des stages d’écriture de scénario et d’initiation au 35 mm à l’Institut national des arts puis à Louis-Lumière à Paris. Il réalise ensuite deux court-métrages avant de tourner « Il va pleuvoir sur Conakry » en 2005 qui sera diffusé pour la première fois en 2007 à Paris.

Teddy GANDIGBE

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