Réforme de la décentralisation au Bénin: Le parlement comme échappatoire

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Demian, vendredi 28 octobre 2022, s’ouvre le dépôt des dossiers dans le cadre des Législatives du 08 janvier 2023. Dans les états-majors des partis politiques, l’heure est à l’étude puis à la validation des candidatures. De sources concordantes, il revient que 67 maires, sur les 77 que compte le Bénin, ont déposé leurs dossiers. La plupart des maires Up-R et Br préfèrent donc aller au Parlement. C’est la première fois qu’on enregistre autant de candidatures dans le rang des maires en poste. Conséquence logique de la réforme de la décentralisation, laquelle retire aux maires la fonction d’ordonnateur de budget. Désormais, ce sont les Secrétaires exécutifs, choisis par le gouvernement par tirage au sort, qui exécutent les budgets des communes. Evidemment, cela ne plait pas aux maires. Lors d’une séance d’explication organisée par le chef de l’Etat, en prélude à la mise en œuvre de la réforme, le maire de Kpomassè Mensah Kenam s’était opposé contre la réforme. « Il faut nous remettre notre budget. Si vous nous enlevez le budget, vous avez vidé le maire, qui est un organe aussi, de son contenu puisqu’on va dire au village « mais, lui, il n’a plus rien ! », a déclaré le maire de Kpomassè. L’ovation nourrie des autres maires, à la suite de l’intervention de leur collègue, a fait comprendre au chef de l’Etat que la plupart des maires sont contre l’arrivée des Secrétaires exécutifs. Mais il a persisté dans sa réforme puisque, selon lui, c’est la bonne voie à suivre. Pour convaincre les maires, Patrice Talon a même donné son exemple, le fait que ce soit le ministre des finances qui est ordonnateur du budget, alors que c’est le chef de l’Etat qui est élu pour conduire sa vision politique.

Mais, malgré le fait que la plupart des maires apprécient publiquement la réforme, dans le fond, ils ne se sentent plus à leur aise depuis qu’on leur a retiré les avantages qui faisaient d’eux « les petits chefs d’Etat des communes ». Même l’augmentation de leurs primes et l’allocation de véhicules n’ont pas suffi à les convaincre qu’ils servent encore à quelque chose dans les communes. Le Parlement vient alors comme une échappatoire. La preuve, 67 maires sur 77 veulent devenir députés.  Reste à savoir comment les partis Up-R et Br vont trancher. Une sélection sera-t-elle faite ou la décision sera prise de disqualifier d’office tous les maires candidats à la députation ?

B.H

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