Conviction politique au Bénin: Mitokpè-Okoumassoun : tout n’est pas perdu !

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Depuis quelques jours, les mouvements d’adhésion se font, pour la plupart, en direction des deux partis siamois se réclamant de Patrice Talon, l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) et le Bloc républicain (Br). Jusque-là, le principal parti d’opposition au régime de la Rupture, Les Démocrates, n’a pas reçu d’adhésion de formation politique, dans le cadre des Législatives de janvier 2023. Cette semaine, le parti Les Démocrates, dont l’ancien président Boni Yayi est le président d’honneur, peut compter sur l’arrivée de deux jeunes, l’une activiste de l’opposition Nadine Okoumassoun, et l’autre ancien député, Guy Mitokpè. Ils avaient pourtant d’autres options.

 

Activiste de l’opposition au régime de Cotonou, Nadine Okoumassoun a été arrêtée dans le cadre des violences commises lors de la présidentielle de 2021. Après avoir passé un an 4 mois en prison, elle a été libérée le 27 juillet 2022. Comme elle, beaucoup de militants de l’opposition ont connu la même fortune. Mais une fois libérés, la plupart d’entre eux se sont réfugiés dans le silence. Plus d’apparition publique pour critiquer la gestion du pouvoir. Pire, d’autres, qui n’ont même pas connu la prison, n’ont pas hésité à rejoindre la mouvance. C’est le cas, par exemple, du parti la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) dont le président, Valentin Houdé, a porté la candidature du professeur Joël Aïvo à la présidentielle de 2021. Nadine Okoumassoun pouvait faire pareil. Qui lui en voudrait, après tout ce qu’elle a vécu ? Mais l’activiste, présidente du mouvement « Le Creuset des jeunes leaders » n’est pas de ceux qui vendent leurs convictions politiques pour se payer une tranquillité à l’ombre d’un baobab ou d’un cheval cabré. Elle est restée fidèle aux valeurs qui lui ont coûté sa liberté, pendant plus d’un an : la restauration de la démocratie et de l’état de droit. La conviction chevillée au corps, Nadine Okoumassoun compte désormais mener ce combat au sein du parti d’opposition Les Démocrates.  Chose rare, par les temps qui courent.

D’une opposition qui refuse de participer aux élections à une opposition qui s’engage. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier l’adhésion de Guy Mitokpè au Parti Les Démocrates. Après sa démission de Restaurer l’espoir, l’ancien député de la 16e circonscription électorale a finalement opté pour le parti de Eric Houndété. Pourtant, à la suite de quelques apparitions publiques après sa démission, la rumeur l’avait annoncé du côté du pouvoir. Mais pour le plus jeune député de la 7e législature, les raisons pour lesquelles il s’est battu contre la révision de la Constitution et les lois sur la réforme du système partisan n’ont pas changé. Du coup, pourquoi aller gonfler les rangs des partis soutenant Patrice Talon et commencer à louanger les actions du régime en place ? Guy Mitokpè n’est pas prêt à faire un tel revirement. Fidèle à ses idéaux, il a choisi de rester dans la logique d’une autre alternative à la gouvernance actuelle. Le Parti Les Démocrates apparaît alors comme le choix de raison du jeune opposant.

Dans un pays où on dénie presque à l’opposition le droit d’exister, voir des jeunes ramer à contre-courant, ayant comme seul guide leur conviction politique  est chose rare. C’est pourtant ce qu’ont fait Nadine Okoumassoun et Guy Mitokpè.

 

M.M

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