Journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle: Où en sont les débuts de la New Nature Economy ?

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L’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), célèbre la Journée Africaine de la Technologie et de la Propriété Intellectuelle le 13 septembre de chaque année, date anniversaire de sa création. Intégrer la technologie et la propriété intellectuelle comme un paramètre central contribue à améliorer la locomotive de l’Afrique 2063, tant pour les rendements des industries d’avenir que pour dégager des excédents pour les générations à venir. En continuant d’améliorer le maillage de voies de communication et de technologies endogènes, ce changement de paradigme pourra accélérer un rapprochement avec le chemin entrepris par les BRICS (Brésil, Russie, Chine, Corée du sud, Afrique du sud). Ces pays importateurs de technologies sont devenus des producteurs de services et de biens manufacturiers de niveau mondial. L’Afrique peut-elle entrer en rythme avec un autre rêve, une expérience sans précédent pour nous tous et la partager aux autres ? Oui car la nature nous parle : écoutons ses bruits, admirons sa splendeur, un trésor y est caché : celui des produits forestiers nonligneux. La place que jouent les échanges transfrontaliers entre le Nigéria et ses voisins, en matière de valorisation de produits forestiers non-ligneux est révélatrice. Les aspects cosmétiques, alimentaires et médicinales de ces produits sont aujourd’hui valorisés par de nombreux acteurs Nigérians, à travers le champ de la « New Nature Economy ». Les données sont largement inexistantes sur les flux transfrontaliers qui existent entre le Nigéria et les autres pays qui composent l’espace des forêts du bassin du Congo. La communauté portuaire, des coopératives, des clusters portuaires peuvent jouer un rôle important d’une meilleure évaluation quantitative, qualitative voire statistique de ce potentiel. Au même titre que l’huile de Djansang, le beurre de Moabi, ou l’Iboga, le « bois sacré » du Gabon, les produits forestiers non-ligneux pourront demain stimuler l’industrialisation et la diversification économique. Parmi eux, plusieurs instruments et leviers d’initiatives afro-futuristes peuvent intéresser des universitaires, inventeurs et industriels africains en quête de portefeuilles de produits innovants. L’élevage, la transformation et la commercialisation d’escargots Depuis l’Egypte antique, l’héliciculture désigne l’élevage des escargots comestibles. Le terme dérive de Helix, nom scientifique d’un genre de gastéropodes. Le mot escargotière désigne l’endroit où sont élevés les escargots, élevage effectué par un héliciculteur ou une hélicicultrice. A l’époque antique, les égyptiens avaient très vite identifié l’intérêt d’élever des escargots pour développer des huiles et savons, voire même des produits cosmétiques. L’escargot, de sa bave, aux propriétés hydratantes de sa coquille, parfaite arme anti caries en passant par sa chair, véritable vivier d’éléments nutritives, cultive de nombreux bienfaits. Dans toute l’Afrique, il est régulièrement consommé comme repas de fêtes. Frédéric Cailliaud a été un grand égyptologue nantais, ayant entrepris un grand voyage d’étude pour retrouver les anciennes mines d’émeraudes des pharaons à Zabarah près de la mer Rouge. ll copia une foule d’inscriptions, rapporta des monuments de toute sorte, entre autres une momie couverte d’inscriptions hiéroglyphiques avec traduction grecque, qui servit beaucoup aux études de Champollion. Au retour d’un autre périple pour pénétrer en Haute-Nubie, Cailliaud eut la conviction que la religion des Egyptiens dont les dieux sont identifiés à des animaux, a été fortement influencée par l’Ethiopie qui possède une faune et une flore très riches. Cette faune et cette flore si riches en Afrique et plus largement dans les forêts du Bassin du Congo peuvent inspirer demain notre bioéconomie mondiale et une nouvelle génération d’entrepreneurs et de porteurs de projets sensibles au biomimétisme. Diamants alternatifs sans extraction forestière Sous le thème « Smart Ukraine : Connecting Dots », le pavillon de l’Ukraine à l’Exposition universelle de Dubaï formait un espace unique divisé en trois groupes thématiques : la vie intelligente, la pensée intelligente, les sentiments intelligents. En outre, il cherchait à « résoudre les problèmes de l’humanité » avec créativité et bon sens. Parmi les expositions du pavillon de l’Ukraine figuraient un vélo électrique pouvant parcourir 380 km après une seule charge, ainsi qu’une imprimante 3D pour la céramique et des stores solaires capables de générer de l’énergie, reflétant ainsi le caractère unique et l’originalité du peuple ukrainien et de sa culture à travers le prisme des technologies modernes. Le pavillon de l’Ukraine a aussi présenté un « champ » créé à partir de vrais épis de blé, de « nanoblé» et de blé numérique. Cette solution entendait démontrer symboliquement le mouvement de l’Ukraine vers l’avenir en harmonie avec la nature et le progrès technologique. Aussi, le pavillon a organisé un programme de divertissement comprenant des défilés de mode, des séminaires thématiques et des performances créatives. Au titre de la sauvegarde des forêts du bassin du Congo, l’Afrique pourrait-elle encourager des diamants alternatifs, des nano-diamants et des diamants numériques ? L’amidon de manioc La filière manioc et ses dérivés mobilisent de nombreux acteurs. Si la COP 26 à Glasgow a été très engagée dans la valorisation de matériaux biosourcés, les dates du Salon du manioc et ses dérivés prévu du 22 au 24 Septembre 2022 à Sa’a et Yaoundé sont définitivement un rendez-vous à mettre à l’agenda. Tous ces enjeux de diversification pour développer des compléments alimentaires naturels peuvent être largement nourris grâce aux archives et articles de recherche de Théophile Lognoné lorsqu’il a fondé les industries Probiomer. Ce dernier importait régulièrement de la farine de manioc de Madagascar. De chercheurs et d’inventeurs développent de nouvelles sphères de réflexion autour du manioc et sa transformation comme alternative aux sacs plastiques. Ce défi est largement universel pour la sauvegarde de nos océans. Une technologie indonésienne permet d’ores-et-déjà de transformer le manioc en sachets biologiques. L’Oréal ou encore la chaîne kényane de supermarchés, Uchumi, comptent parmi les clients directs ou indirects de la société indonésienne engagée dans cette filière innovante. Tous ces défis industriels peuvent motiver celles et ceux prêt(e)s à rompre avec un passé d’Etats rentiers calqués sur les besoins de l’immédiat. Avec une dose de courage et des investissements à long terme, ces mêmes acteurs, s’ils ne baissent pas les bras, pourront faciliter et produire économiquement des investissements où la technologie reste le paramètre central.

 

 Kevin LOGNONÉ

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