Nouveaux marchés urbains à Cotonou: Un risque d’exclusion préoccupe les commerçants

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Tels des champignons, de nouveaux marchés dits « urbains » et répondant aux standards modernes sortent des sols dans la capitale économique et environs. Alors que tout semble presque achevé pour acter la mise en service de ces infrastructures marchandes, une inquiétude s’empare des commerçants…

 

Dans plusieurs localités de Cotonou, de nouveaux marchés sont construits par le gouvernement béninois. De Mènontin à Aïdjèdo sans oublier Wologuèdè ou encore Akpakpa, ces infrastructures marchandes restent admirables. Ceci, témoigne bien d’importants investissements consentis par le gouvernement. De sources concordantes, neuf marchés urbains seront bientôt ouverts à Cotonou. Tout semble quasiment prêt pour que les commerçants, autrefois contraints de déguerpir les lieux, y retournent. Seulement à quel prix cette fois-ci ? Bâtis en charpente métallique à l’allure pyramidale, lesdits marchés seraient adaptés aux standards modernes en matière de centre commercial dans l’optique d’offrir des espaces modernes pour un commerce dans des conditions sanitaires appropriées. D’architecture de type R+1 et disposant d’un vaste hall d’entrée et des hangars tout autour du bâtiment, ces marchés disposent de places confortables avec des capacités d’accueil doublées. Le coût de réalisation de ces marchés qui s’étendent sur environ 92000m2 serait estimé à 32 milliards de FCFA. Un important investissement qu’il faudra rentabiliser. Toute chose qui impliquerait une formation de mise en location des boutiques. Et cette fois-ci, il paraît évident que les coûts ne seraient plus les mêmes. Le loyer pourrait bien connaître une augmentation. Dans un contexte actuel de morosité économique et de cherté de la vie, plusieurs commerçants, faute de moyens et de capital conséquent, pourraient bien renoncer à s’y installer. Outre le loyer, il faudra également faire face à la réalité des taxes municipales et autres taxes. Lorsqu’on sait qu’avec les anciens marchés ordinaires, il était déjà difficile pour ces commerçantes de s’acquitter des frais de loyer qui, seraient quasi insignifiants. Combien sont-ils, ces commerçants qui pourront se réinstaller dans ces nouveaux marchés urbains ? Le gouvernement sera-t-il contraint de maintenir les mêmes frais de loyer pour permettre aux cibles de bénéficier de ces infrastructures ? Revoir à la baisse serait également perçue comme une mesure d’accompagnement des populations en ces moments de morosité économique. Au regard de l’investissement consenti, cette option paraît peu probable. Dans l’hypothèse d’une augmentation des frais de loyer, il faudra également reconnaître que le risque qu’une frange de la population se retrouve exclure n’est pas à écarter. Qu’en sera-t-il du sort des pauvres commerçants qui menaient leurs activités dans ces marchés ordinaires ? La question reste toute posée.

A.B

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