Maladie mystère élucidée en Tanzanie, progrès vaccinaux: Le point de santé hebdomadaire de l’Afrique

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 Deux nouveaux cas de Marburg au Ghana, des progrès sur la vaccination systématique au Bénin, Mali et Cote d’Ivoire, la “maladie mystérieuse” élucidée en Tanzanie… Retour sur quelques points de l’actualité santé en Afrique cette semaine.

 

Maladie mystère en Tanzanie : le coupable serait la leptospirose

En Tanzanie, l’épidémie mystérieuse qui a déjà tué trois personnes dans la région de Lindi, serait la leptospirose, ou fièvre de Mgunda, transmise par les rats. C’est ce qu’a indiqué la ministre de la Santé de Tanzanie, Ummy Mwalimu, dans une déclaration le lundi 25 juillet, suite à des tests effectués sur des échantillons de patients souffrant de la pathologie inconnue, et qui ont confirmé qu’il s’agissait sur cette maladie bactérienne, principalement transmise par les rongeurs (en particulier les rats), qui excrètent la bactérie (causée par la bactérie Leptospira interrogans) dans leur urine.

« La fièvre de Mgunda se transmet de l’animal à l’homme par la pollution de l’environnement, notamment les sources d’eau provenant de l’urine des animaux infectés », a-t-elle déclaré. Dans la foulée, la ministre a demandé aux citoyens de prendre toutes les mesures appropriées pour se protéger de la maladie, notamment en évitant de toucher l’eau ou les objets contaminés par l’urine d’animaux et en buvant de l’eau propre et saine qui a été bouillie ou traitée.

Vaccination systématique : 3 pays d’Afrique de l’Ouest enregistrent des progrès “remarquables”

Trois pays d’Afrique de l’Ouest, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Mali, ont enregistré des progrès “remarquables” dans la vaccination systématique (concernant diphtérie, le tétanos et la coqueluche ) des enfants en 2021, et ce, malgré la Covid-19. C’est ce qu’a indiqué la Gavi, Alliance globale pour les vaccins, dans une série de communiqués cette semaine.

« Le pourcentage d’enfants béninois ayant reçu trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3) – un indicateur clé pour mesurer la couverture vaccinale et la portée des systèmes de santé, dans et entre les pays – est passé de 72 % en 2020 à 76 % en 2021. », indique-t-on notamment. Ce taux est passé de 75 % en 2020 à 76 % en 2021 pour la Côte d’Ivoire, et de 70 % en 2020 à 77 % pour le Mali, sur la même période.

La Gavi, qui soutient la vaccination dans plusieurs pays sur le continent (notamment le programme COVAX), applaudit notamment les activités de communication continue et le suivi hebdomadaire du nombre d’enfants vaccinés, mis en place par ces pays pour pousser la vaccination, et dans une période où les attentions étaient “détournées” par la Covid-19. Ces progrès pourraient du reste servir de modèle, pour montrer « comment les pays peuvent rebondir après une baisse induite par une pandémie et étendre la vaccination de routine tout en restant engagés dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 », félicite également la Gavi.

Rougeole en RDC : plus de 2500 cas dont 20 décès enregistrés au Kasaï-Oriental

En République Démocratique du Congo (RDC) plus de 2500 cas de rougeole ont été identifiés cette semaine dans la province au Kasaï-Oriental, dont 20 décès. « Aujourd’hui, nous sommes à 2538 cas dont 20 décès. Il y a encore beaucoup d’autres enfants de 6 à 59 mois qui sont touchés. Mais ce qui est vrai, c’est que les 19 zones de santé sont touchées par l’épidémie », a indiqué mardi dernier, le médecin-chef de la division provinciale de la santé du Kasaï-Oriental, Nestor Tshiteku, comme le rapporte le média spécialisé Outbreak News Today.

Le chef de la division provinciale de la santé ajoute également que ses équipes n’ont pas les moyens d’organiser la riposte à cette maladie, ce qui constitue un nouveau défi. Les autorités sanitaires tentent tout de même de contenir la maladie virale, alors que l’épidémie de rougeole continue à se propager dans la province. Au niveau national, la RDC a déclaré plus de 71 000 cas suspects et 1000 décès en lien avec la rougeole, jusqu’au 19 juin de cette année.

Madagascar : plus d’un demi-million de cas de paludisme sur les 5 premiers mois de 2022

Depuis le début de l’année jusqu’au 5 juin 2022, Madagascar a déclaré 543 994 cas et 68 décès (létalité de 0,01 %), selon l’OMS dans un rapport hebdomadaire. Sur la Grande Île, à la fin du mois de mai, 19 districts sanitaires ont franchi en effet leur seuil épidémique.

91 millions d’Africains infectés par l’hépatite B ou C

Le tableau de bord 2021 sur l’hépatite virale examine les données de la Région africaine en mettant l’accent sur les hépatites B et C, qui sont à l’origine de cas de cirrhose et de cancer du foie. En Afrique, plus de 91 millions de personnes vivent avec l’hépatite B ou l’hépatite C (les souches les plus mortelles du virus), selon le tableau de bord de l’OMS. Ces chiffres sont mis en lumière, à la faveur de la Journée mondiale contre l’hépatite (28 juillet). En 2020, la Région africaine représentait 26 % de la charge mondiale de morbidité due aux hépatites B et C, avec 125 000 décès associés et environ 70 % des cas d’hépatite B dans le monde sont concentrés en Afrique.

« L’hépatite a été qualifiée d’épidémie silencieuse, mais ce tableau de bord vient tirer la sonnette d’alarme pour la Région et le reste du monde », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Nous devons faire mieux et empêcher que cette maladie ne vienne nuire à l’avenir de nos enfants. Il existe un vaccin sûr et efficace qui offre une protection estimée à près de 100 % contre l’hépatite B, l’une des souches les plus mortelles du virus. Nous devons nous assurer que tous les enfants africains sont vaccinés dans les 24 heures suivant leur naissance et que par la suite, ils reçoivent au moins deux doses supplémentaires du vaccin. », a-t-elle ajouté. À ce jour, la vaccination systématique des enfants contre l’hépatite B, est estimée à 72 % dans la Région, en deçà de la cible mondiale de 90 %, niveau auquel le virus « ne constitue plus une menace pour la santé publique », selon l’agence onusienne. L’hépatite B peut se transmettre notamment par des produits sanguins contaminés.

Marburg au Ghana: désormais 4 cas signalés

Au Ghana, le nombre de cas suspects de maladie du virus de Marbourg (MVD) passe à 4. Deux autres personnes atteintes de la maladie de Marburg ont été identifiées, dans la famille du premier cas, comme l’a indiqué dans un tweet, cette semaine, le DG de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pour rappel, la maladie de Marburg est un type rare et grave de fièvre hémorragique qui touche à la fois les humains et les primates non humains. Le virus responsable est de la famille des filovirus, la même que celle du virus Ebola. Avec un taux de létalité des épidémies entre 23 et 88 %, le mode de transmission de l’animal hôte à l’humain n’est pas encore élucidé. Depuis son identification dans les années soixante, des cas ont été sporadiquement signalés en Ouganda, au Zimbabwe, en République démocratique du Congo, au Kenya et en Angola. Très peu ont été identifiés hors d’Afrique.

SIDA : l’OMS fait une nouvelle recommandation

Ce jeudi 28 juillet 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publié de nouvelles directives pour l’utilisation du cabotegravir injectable à longue durée d’action (CAB-LA) en tant que prophylaxie pré-exposition (PPE) du VIH et a appelé les pays à envisager cette option de prévention sûre et très efficace pour les personnes exposées à un risque important d’infection par le VIH. Ces directives, publiées avant la 24e Conférence internationale sur le sida (SIDA 2022), « aideront les pays à planifier l’introduction du CAB-LA dans le cadre d’une approche globale de la prévention du VIH et faciliteront la recherche opérationnelle nécessaire et urgente ».

« Le cabotegravir à action prolongée est un outil de prévention du VIH sûr et très efficace, mais il n’est pas encore disponible en dehors des contextes d’étude », a déclaré le Dr Meg Doherty, directrice des programmes mondiaux de l’OMS sur le VIH, les hépatites et les infections sexuellement transmissibles. « Nous espérons que ces nouvelles directives permettront d’accélérer les efforts des pays pour commencer à planifier et à fournir le CAB-LA parallèlement à d’autres options de prévention du VIH, notamment la PrEP orale et l’anneau vaginal à la dapivirine. », a-t-elle ajouté.

Cette nouvelle recommandation intervient dans un contexte où la riposte et présentation contre le VIH SIDA était « au point mort » depuis l’an dernier, avec 1,5 million de nouvelles infections enregistrées cette année (soit autant qu’en 2020). Le CAB-LA est une forme de PrEP (Prophylaxie pré-exposition) injectable par voie intramusculaire et à action prolongée. La molécule agit en perturbant un enzyme qui permet normalement au virus de s’injecter dans les cellules hôtes (l’intégrase), entraînant une réduction relative de 79 % du risque de VIH, par rapport à une prophylaxie orale selon des études citées par l’agence onusienne.

Libéria : Monkeypox signalé, une première depuis 4 ans

Le Liberia a confirmé en fin de semaine dernière (le 23 juillet), un cas de monkeypox, via son laboratoire national de référence en santé publique. Pour le pays d’Afrique de l’Ouest, c’est le premier cas de monkeypox recensé depuis 2018. La ministre de la Santé, Dre Wilhelmina Jallah, a exhorté le public à « signaler tous les cas d’individus présentant de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des cloques, des éruptions cutanées et des lymphes enflées ».

Cette semaine, l’OMS a activé son niveau d’alerte maximale pour la zoonose originaire d’Afrique centrale et occidentale (chez l’homme, la maladie est similaire à la variole, bien que plus bénigne). L’agence sanitaire l’a déclarée ainsi une « urgence de santé publique de portée internationale ».

Rougeole au Zimbabwe (421 cas pour 38 décès, soit une létalité de 9 %)

En Afrique australe, l’épidémie de rougeole qui sévit au Zimbabwe depuis le 10 avril 2022, se poursuit, selon les dernières informations sanitaires. Cependant, on note une diminution du rythme des nouveaux cas au cours des deux dernières semaines. Le premier cas a été détecté après qu’un agent de santé du village ait informé l’équipe sanitaire du district de Mutasa d’un décès communautaire suspecté de rougeole dans le village de Maka Vepi. Au 19 juillet 2022, un total de 421 cas a été identifié dans le district de Mutasa (au centre est du pays). Des doses de vaccins ont été mobilisées à partir des entrepôts de vaccins provinciaux et des doses supplémentaires ont été distribuées à partir des entrepôts centraux de vaccins.

Nigeria : un trouble épileptique non élucidé frappe dans une école

Au Nigeria, un mystérieux trouble du mouvement touche une école dans l’Etat du Delta. Une augmentation des signalements de crises d’épilepsie a été constatée chez des élèves du secondaire du Marymount College Boji-Boji Owa, dans la zone de gouvernement local d’Ika Northeast (Delta), rapporte l’OMS. Le premier cas de ce trouble convulsif a été remarqué chez un élève de l’école en décembre 2021 et le second le 2 et juin 2022. Plus tard (entre le 2 juin et le 12 juillet 2022), 8 autres cas ont été signalés parmi les élèves de l’école.

À cause de la proximité de l’école avec une station-service (située à environ 20 mètres, séparée seulement par une clôture et une petite route), une équipe d’intervention rapide des agents du ministère du Pétrole et du Gaz ont ouvert une enquête et une évaluation de la station de remplissage de gaz. Des plans sont en cours pour commencer la collecte d’échantillons d’eau de la source d’eau potable et d’échantillons de nourriture de la cuisine pour l’enquête, indique-t-on. Au 15 juillet 2022, un seul décès a été signalé parmi les cas (décédé lors d’un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) le 15 juin 2022).

 

Ayi Renaud Dossavi

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