62ème anniversaire de l’indépendance nationale: Une fraternité au goût d’inachevé !

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S’il y a un mot que la Rupture aurait préféré utiliser pour qualifier l’ambiance qui a prévalu aux manifestations entrant en ligne de compte de la commémoration du 62ème anniversaire de l’indépendance du Bénin, il est évident que ce serait ‘’Fraternité’’.  En effet, du jardin de Mathieu au monument Bio Guera en passant par la place des Amazones, aussi bien la partie sud que la partie Nord du pays s’y retrouve. Et, samedi 30 juillet 2022 à l’occasion de l’inauguration de chacun de ces monuments, le chef de l’Etat Patrice Talon a fait en sorte que les fils et filles du Bénin se réclamant de l’une ou l’autre des régions se retrouvent autour de lui. Même chose quand il s’est agi de la fête nationale, le 1er août 2022. Sur le boulevard de la Marina (4 fois 2 voies) soigneusement réalisé sous le pouvoir de Patrice Talon, les forces de sécurité et de défense ainsi que des civils ont défilé sous les regards de toutes les composantes de la nation. Qu’ils soient membres des institutions de la République, de société civile, figures de l’opposition, de la mouvance présidentielle, ils ont communié tout en se délectant, tant le spectacle était merveilleux. « Une première depuis 1960 », ont même confié certains acteurs. Que les anciens présidents de la République Nicéphore Soglo et Yayi Boni s’affichent aux côtés de leur successeur Patrice Talon et qu’ils serrent la main à Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, n’est-ce pas une bonne image d’une fraternité ou d’une unité nationale retrouvée ? Sans oublier la présence de leaders de l’opposition à l’instar de Eric Houndété, Nouréini Atchadé du parti Les Démocrates ; Alassane Soumanou Djemba de la Fcbe, Valentin Aditi Houdé…

 

Une fraternité au goût d’inachevé

1er août, fête nationale, suppose cette liesse ou cette communion d’esprit qui a prévalu il y a 62 ans entre les fils et filles du Bénin. C’est comme la première célébration, en 2016 sous Patrice Talon. Tout le gotha politique ou non était présent à la place de l’Etoile rouge. Mais d’Août 2017 à ce 1er août 2022 où les lignes semblent un peu bouger, Patrice Talon a tout le temps célébré cette fête avec les siens de la Rupture. Si Yayi Boni et Nicéphore Soglo ont accepté prendre part à ce 62è anniversaire de la fête de l’indépendance, c’est parce que depuis quelques mois, il y a une certaine flexibilité observée chez Patrice Talon notamment par rapport à la tension politique post-électorale. En effet, le chantre de la Rupture/Nouveau départ a renoué le contact avec ses prédécesseurs dans le fauteuil et les Béninois assistent depuis peu à la libération de la horde de personnes emprisonnées à la suite des élections successives contestées sous Patrice Talon. Mais la fraternité visiblement de retrouvée l’aurait été davantage si certaines figures, politiques ou non, n’étaient pas toujours maintenues dans les prisons du pays et d’autres en exil à l’extérieur qui ont dû vivre cette fête de loin. C’est le cas de l’ancienne ministre Reckya Madougou, celle que nombre de Béninois qualifient de la « vraie Amazone » et de l’universitaire Joel Aïvo, tous deux candidats recalés à la présidentielle de 2021 et condamnés respectivement à 20 ans et 10 ans de prison ferme. Sur la liste, comment oublier l’ancien syndicaliste Laurent Mètongnon qui est en train de boucler ses 5 ans de peines à la prison de Missérété dans le département de l’Ouémé, et des personnalités politiques comme Sébastien Ajavon, Komi Koutché, Valentin Djènontin, Léhady Soglo, Nadine Dako, Fatouma Djibril, Amissétou Affo Djobo, etc. qui ont dû prendre leur jambe au cou en quittant le pays depuis 2016 ou 2017. Certes, comme le chef de l’Etat l’a dit récemment quand il recevait son homologue français à Cotonou, il n’y a pas de décret pris pour les contraindre à l’exil. Mais il reste qu’ils sont les fils et filles du pays. Mieux, à en croire les anciens présidents Yayi et Soglo qui ont accepté la main tendue de Patrice Talon, leur posture est conditionnée par la promesse à eux faite par l’actuel numéro 1 du pays. Jusque-là, les exilés n’ont rien obtenu en terme de flexibilité de la part du « président réformateur ». Va-t-il céder dans les prochaines semaines ? Pour les détenus Aïvo et Madougou, envisagera-t-il d’aller à la grâce ou l’armistice pour rester dans son esprit d’ouverture quand il répondait à la presse à l’occasion de la venue du président Macron au Bénin ? Difficile d’y répondre. Toujours est-il que le trou reste béat à combler de ce côté-là pour renforcer l’éclat de la fraternité ou de l’unité nationale qui est en train d’être retrouvée comme un pilier important de la devise du Bénin (Fraternité, Justice, Travail).

L’autre aspect soulevé par une figure de l’opposition

Parlant de Fraternité, l’ancien député Nouréini Atchadé, acteur important de l’opposition (parti Les Démocrates), a salué ce mixage folklorique nord-sud qui a caractérisé le défilé mais a déploré un grain de sable qui se serait glissé dans la machine de l’organisation, déteignant, à ses yeux, sur cette fraternité ou cette unité nationale. Le député Nouréini Atchadé le relève certainement pour qu’on en tienne compte à l’avenir. « J’ai vu Kalamoulaye qui a presté en Bariba mais ça n’a pas été à la hauteur de l’événement. Il a bien fait, il a fait ce qu’il devait faire mais on aurait pu afficher un tableau plus complet comme le premier tableau qui aurait pu réunir tout le pays », a-t-il laissé entendre au micro d’une chaîne de télévision privée.

La fraternité et l’unité nationale passent aussi par le ventre

Comme bien d’autres acteurs qui ont assisté à ce défilé dans les tribunes soigneusement dressées sur le boulevard de la Marina, l’ancien ministre et ancien candidat à la présidentielle, Alassane Soumanou ‘’Djimba ‘’ a salué la beauté, la finesse qui a caractérisé le spectacle et a bien apprécié la présence des anciens chefs de l’Etat. Toutefois, cet ancien challenger de Patrice Talon à la présidentielle de 2021 a souhaité que quelque chose soit également fait pour bien garnir le panier de la ménagère. « Moi, je suis conscient qu’à l’heure actuelle, le président que le Bénin mérite là, c’est Patrice Talon. C’est un boss, c’est un manager. Si vous lui laissez le temps, et si vous lui donnez les moyens, il va construire tout le Bénin. C’est un patron d’entreprise. Mais, il faut lui dire et il faut qu’il comprenne que les yeux voient de belles choses. Mais il y a le ventre qui dit mais qu’est-ce que vous m’envoyez ? », a-t-il plaidé.

 

Worou BORO

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