Pratique des « VIDOMINGON » au Bénin: Un phénomène à abroger sur toutes ses formes

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L’une des valeurs les plus reconnues à l’africain étant la solidarité, c’est cette valeur qui a amené nos grands-parents à initier le phénomène d’enfant placé appelé communément VIDOMINGON qui consiste à laisser un ou plusieurs enfants chez un tiers ou un parent de la famille un peu plus « aisé » que les géniteurs dans le but de venir en aide à leurs frères submergés par les charges du ménage causées par la polygamie (plusieurs femmes et enfants et sans une source de revenu adéquate), d’où la naissance de ce phénomène.

 

De nombreux enfants se retrouvent délaissés par leurs parents et n’ont donc pas un avenir, certains, compte tenu de ce que les parents n’ont pas les moyens pour les envoyer à l’école ou en apprentissage. Ainsi, par le biais de cette pratique, les enfants sont envoyés dans des familles d’accueil qui sont tenues de leur assurer une éducation et un avenir meilleur que ce qu’ils auraient s’ils étaient restés chez leurs parents biologiques ; l’enfant en retour, se doit d’apporter son aide dans les tâches quotidiennes de la maison.

 

Les manifestations de ce phénomène

Manifestement, le durcissement de la législation sur les déplacements des enfants et les nombreuses campagnes de sensibilisation sur les droits des enfants semblent porter petit à petit leurs fruits. Et l’on enregistre de moins en moins de cas de trafics d’enfants.

Selon l’Unicef, il y aurait un demi-million de VIDOMINGONS au Bénin, dont quelque cent mille dans la seule agglomération de Cotonou. Certains parents dans le besoin acceptent même, pour 10 000 F CFA ou 20 000 F CFA, de confier leurs enfants à des rabatteurs qui les conduisent clandestinement sous des cieux plus cléments, à savoir les « émirats » pétroliers que sont le Gabon, le Congo-Brazzaville et le Nigeria. Sur place, les gamines sont placées dans des ménages pour des prix qui varient entre 50 000 F CFA et 100 000 F CFA. Elles se lèvent aux aurores, alors qu’elles se sont endormies à peine deux ou trois heures plus tôt, transportent sur la tête des ballots de tissus au marché de Mont-Bouët (Libreville), de Poto-Poto (Brazza) ou de Yaba (Lagos).

Les effets pervers de la pratique des << Vidomingon >>

La pratique de ce phénomène n’est pas sans inconvénients sur la vie des enfants car dans certaines familles, ces enfants sont maltraités (mal nourris, mal habillés et mal soignés), déscolarisés. Pour d’autres, ce sont les violences physiques et sexuelles. Néanmoins, il faut reconnaître que certaines familles en prennent soin comme si c’était leurs propres enfants.

Les maltraitances, dont les enfants placés font l’objet, ont amené quelques ONG à sensibiliser les parents des enfants placés afin qu’ils n’acceptent plus de les placer sous peine de représailles ou encore les aider de temps en temps par des moyens financiers et matériels à en prendre soin. Peu à peu, la sensibilisation porte et on trouve de moins en moins des enfants placés mais plutôt des domestiques rémunérées qui aident les ménages dans les tâches quotidiennes.

Ce que disent les institutions juridiques

Les dispositions de la loi en matière pénale et civile sur les conditions de déplacement des mineurs , tant à l’intérieur que vers l’extérieur du territoire de la République du Bénin, et l’entrée d’enfants de nationalité étrangère en République du Bénin dispose par exemple, aux termes de l’article 7, qu’«aucun enfant ne peut être déplacé à l’intérieur du pays séparé de ses parents biologiques ou de la personne ayant autorité sur lui sans une autorisation spéciale délivrée par l’autorité administrative compétente du lieu de sa résidence sauf décision judiciaire ou les cas spécialement recommandés par les services sociaux et les services sanitaires».

En définitive, on peut dire que par cette pratique, certains ont pu s’en sortir et devenir quelqu’un d’important parce qu’ils ont eu la possibilité d’être placés dans une famille d’accueil ; d’autres par contre ont été traumatisés à vie.

Arthur HOUINDO

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