Projection du film « La nuit des rois »: Une tradition de Roman au cœur de l’enfer carcéral

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Dans cet univers carcéral, redoutables criminels et simples condamnés se côtoient. Prisonniers malades et détenus bien portant sont logés à la même enseigne. Ici, règnent le crime, la drogue, et tous les vices du ghetto. Quand les nerfs des gardiens sont tendus et pour dissuader les prisonniers depuis leur cachot, la main passe rapidement sur la gâchette et malheur au détenu qui se retrouve dans le champ de tir. La balle ne rate souvent pas sa cible et peut être fatale. C’est dans cet enfer carcéral, régi par des codes et lois, qu’un jeune délinquant du quartier s’est retrouvé pour purger sa peine. Barbe Noire est le chef des détenus, c’est le ‘‘saigneur’’ de la prison, qui a droit de vie et de mort sur ses co-détenus. Il est géant et redoutable, mais ses jours sont comptés parce que affecté par une maladie incurable. Avant que la maladie ne l’emporte dans l’au-delà, il tient à perpétuer une tradition, une coutume chère dans la prison : la nuit du Roman. Le sort a décidé que le dernier prisonnier, le jeune délinquant, qui passe ses premières heures dans la prison, conduise et pérennise les coutumes et traditions de cet univers carcéral. L’action se déroule à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), l’une des prisons les plus surpeuplées de l’Afrique de l’Ouest où les prisonniers sont rois et les gardiens impuissants. Deuxième production cinématographique à son actif, Philippe Lacôte, réalisateur franco-ivoirien, à travers son film « La nuit des rois », plonge les cinéphiles dans les méandres de l’univers carcéral. Ce long métrage tourné dans la ville de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, est un drame fantastique qui valorise la tradition orale africaine mais aussi le patrimoine culturel immatériel du géant producteur de cacao en Afrique. La preuve, ce sont les langues : français, dioula et nouchi qui sont véhiculées dans le film. Mieux, durant le déroulé de l’histoire de Roman, depuis l’apparition de la lune orangée jusqu’à la levée du soleil, une mise en scène s’invite de temps à autre. Danses traditionnelles et chansons rituelles, louanges, panégyriques et performances des prisonniers ont meublé l’histoire du Roman, l’instant d’une nuit entière.

A ‘‘Le Centre’’, priorité aux productions cinématographiques du continent africain

Daouda (prénom attribué), est un ivoirien résidant au Bénin. Il n’a pas voulu se faire compter la projection de « La nuit des rois », au centre culturel ‘‘Le centre’’ de Lobozounkpa, ce vendredi 6 mai 2022. Assis aux côtés de quelques-uns de ses compatriotes, la main droite posée sur le menton, il se remémore un passé sombre du pan de l’histoire de son pays. Sur l’écran géant posé dans la cour obscure, défile l’histoire de Zama King et des atrocités orchestrées par les microbes sur de paisibles populations, sans oublier l’arrestation de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Ce sont des faits réels qui ont marqué, à une période donnée, l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le temps d’une nuit d’histoire de Roman, émotion, tristesse, joie et peine sont au rendez-vous durant les 93 minutes de projection du film. C’est la huitième soirée de projection au Centre Culturel ‘‘Le Centre’’, dans le cadre de son programme « Wa Cinéma », accompagné par l’Institut Français du Bénin. L’idée, renseigne Salinas Hinkati, coordonnateur du programme, c’est non seulement de raviver la culture du cinéma à Lobozounkpa, mais aussi de contribuer à la promotion des productions cinématographiques du continent africain. Rendez-vous en juin pour une randonnée au cœur de l’enfer vert du Rwanda, la jungle du Kivu pour vivre les mésaventures de deux soldats qui se retrouvent serrés dans un étau des rebelles.

 

Edouard K. (Coll.)

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