Perspectives des Législatives 2023: Comment le Prd danse du « tipenti »

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Un pas en avant, un pas en arrière. C’est à ce rythme que danse actuellement le Parti du renouveau démocratique (Prd) dans la perspective des Législatives de janvier 2023.

 

Adrien Houngbédji avait annoncé une « remontada », c’est-à-dire le retour en force du Prd à l’Assemblée nationale à compter de 2023. D’aucuns avaient jugé d’irréaliste le rêve de celui qui a été trois fois président de l’Assemblée nationale. Ceci du fait de la règle des 10% contenue dans le nouveau Code électoral. Mais à chaque sortie, devant les militants, les responsables du Prd croient, dur comme fer, la chose faisable. Il aura fallu la rencontre avec le Médiateur de la République pour que l’opinion publique se rende compte qu’en réalité, face à l’équation des 10%, la sérénité, qu’affiche le Prd sur le terrain, se transforme en cauchemar, une fois à l’interne. Et pour cause.

A la rencontre Prd-Médiateur de la République, le Prd propose des aménagements à la règle des 10%. Le parti Arc-en-ciel veut que les 10% soient appliqués lorsque 4 listes au moins ont atteint ce pourcentage. Le Prd propose ensuite que la liste classée aussitôt, après celles qui ont atteint les 10%, soit éligible quel que soit son pourcentage. Selon, les explications, un tel aménagement devrait éviter que l’Assemblée nationale ne soit constituée que par des députés des blocs acquis au gouvernement. « La présence d’un courant minoritaire à l’Assemblée nationale est facteur d’apaisement de la vie politique », lit-on dans le communiqué.

Le revirement…

Certes, cela reste une proposition. Mais à l’analyse, on a l’impression que, comme les autres formations politiques, à part l’Union progressiste et le Bloc républicain, la règle des 10% demeure un handicap majeur. Tout calcul fait, Adrien Houngbédji n’est plus peut-être sûr de la promesse de « remontada », d’où cette proposition d’atténuation de la règle des 10% adressée au Médiateur. Le Prd est même allé loin en proposant que la 5e liste qui n’aurait pas les 10% soit rachetée. S’imagine-t-il tout au moins à la 5e place, après l’Up, le Br, les Démocrates, la Fcbe ?

Pour se défendre, les responsables du parti affirment cette proposition s’inscrit en droite ligne de la proposition faite par le Prd avant la révision du Code électoral intervenue au lendemain du dialogue politique. « Loi-2018-31 Portant code électoral : Page 68, Article 242, dernier alinéa : Seules les listes, ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés ou plan national se voient attribuer des sièges sans que le nombre de listes éligibles ne soit inférieur à quatre (04). Toutefois, si le nombre de listes en compétition est inférieur à quatre (04), toutes les listes sont éligibles à l’attribution de sièges ». Disposition modifiée au lendemain du dialogue politique. « Loi-2019-43 Portant code électoral : Page 35, Article 146, premier alinéa : Seules les listes, ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à I’attribution des sièges ».

Les dirigeants du Prd ont-ils alors oublié qu’ils ont participé au dialogue politique voulu par le pouvoir de la Rupture après les événements malheureux de 2019 ? Lequel dialogue politique a débouché sur des propositions dont la relecture du Code électoral. Mieux, quand au dernier congrès du parti, le président Adrien Houngbédji annonçait le retour en force du Prd au Parlement en 2023, il n’avait pas émis la condition que la règle des 10% soit aménagée. C’est en toute connaissance de cause que Me Adrien Houngbédji envoyait ses lieutenants sur le terrain prêcher l’évangile de la « remontada ». Le Prd ne tenait nullement compte du scepticisme que nourrit son idée chez l’observateur politique mieux.  D’un autre côté, le besoin de courant minoritaire, annoncé comme raison, ne tient aucunement la route, puisque, tout comme l’Up et le Br, le Prd soutient l’action du gouvernement. Qu’il soit 4e ou 5e aux Législatives de 2023, le Prd serait, comme le Br, un autre bloc minoritaire qui soutient le pouvoir de la Rupture. Or, le défi de ces élections à venir reste la présence d’une vraie opposition à l’Assemblée nationale.

 

M.M

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