Au Parlement européen: Emmanuel Macron malmené par les eurodéputés français

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Emmanuel Macron était, ce mercredi 19 janvier, devant le Parlement de Strasbourg pour annoncer les priorités de la présidence française du Conseil de l’UE et donner sa vision de l’Europe, avant de se livrer à un débat avec les eurodéputés.

 

Comme attendu, la campagne présidentielle française a rattrapé Emmanuel Macron ce mercredi au Parlement européen. Le débat qui a suivi le discours du chef de l’État dans l’hémicycle pour marquer le début de la présidence française du Conseil de l’Union européenne s’est rapidement transformé en joute avec les eurodéputés français présents, qui ont attaqué frontalement le président français.

L’eurodéputé Yannick Jadot a placé la première banderille, rapporte notre envoyé spécial à Strasbourg, Anthony Lattier. « Vous resterez dans l’histoire, Monsieur le président de la République, comme le président de l’inaction climatique. Parce qu’au fond, vous êtes un climato-arrangeant. Vous préférez signer des armistices avec les lobbies plutôt que de mener la guerre contre le dérèglement climatique », a dénoncé le candidat des Verts à la présidentielle française d’avril prochain.

Chahuté, accusé de faire un meeting, Yannick Jadot a écopé d’un rappel à l’ordre de plusieurs eurodéputés, dont Stéphane Séjourné, soutien d’Emmanuel Macron : « Quelle honte de transformer cet hémicycle en Assemblée nationale. »

L’importance du compromis

Mais peu importe, les oppositions françaises assument cette « prise » temporaire de l’hémicycle européen, estimant qu’Emmanuel Macron, en ne demandant pas le report de la présidence française de l’UE, s’exposait à la politiser en pleine campagne. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a alors attaqué à son tour le chef de l’État sur son bilan européen, mais surtout national. « Alors que la France a besoin de rayonner de nouveau pour exprimer sa puissance, vous avez éteint sa lumière. Pour la France, mais aussi pour l’Europe, il est vital que votre mandat reste unique », a-t-il lancé.

Le président français a ensuite répondu point par point et rappelé la nécessité de faire des compromis pour faire avancer l’Europe. « Je suis surpris qu’on reproche à qui que ce soit de signer des textes sur des sujets sociaux, environnementaux, énergétiques avec des pays comme la Pologne et la Hongrie. C’est le fonctionnement même de notre Europe. Sinon, vous bloquez l’Europe à chaque instant. »

Un débat parasité

Peu avant, Emmanuel Macron avait mis en garde, dans son discours, contre les attaques visant l’État de droit et souligné la nécessité de « partout reconvaincre les peuples qui s’en sont éloignés ». Intégration du droit à l’avortement et de la protection de l’environnement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, mais aussi « nouvel ordre de sécurité » avec l’Otan face à la Russie, réforme de l’espace Schengen, « révolution numérique » : le président français a déroulé ses priorités pour une Europe ayant « les moyens de décider pour elle-même de son avenir ».

Cette invasion de la campagne présidentielle française dans l’hémicycle européen a fait grogner une grande partie des eurodéputés, a constaté notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Plusieurs en Europe regrettent que le débat n’ait pas permis d’aller plus loin sur les dossiers de fond, puisqu’en réalité les priorités de la France pour ces six mois étaient déjà connues.

C’est par exemple le cas de l’inscription du nucléaire parmi les énergies éligibles aux financements verts, une question qui méritait plutôt d’être vue sous l’angle du débat entre les différents pays de l’Union. De même qu’en Europe centrale, on aurait aimé pouvoir approfondir le débat sur l’État de droit.

rfi.fr

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