Second mandat/Faire deux fois, trois plus: Quel crédit accorder aux propos de Talon ?

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Hier, mercredi 29 décembre 2021, le chef de l’Etat a délivré, devant la Représentation nationale son discours sur l’état de la Nation. En moins de 20 minutes, Patrice Talon a dit comment se porte le Bénin et les perspectives pour qu’il aille de mieux en mieux les années à venir. Il a accentué son message sur les défis sécuritaires et sanitaires. Les incursions des troupes armées au Nord du pays constituent un défi sécuritaire que le Bénin doit relever. Les forces de défense et de sécurité seront équipées pour la cause. L’autre défi est sanitaire. Il s’agit de la Covid-19. Pour Patrice Talon, seule la vaccination reste la solution objective pour venir à bout de la pandémie.

 

Outre ces principaux sujets, le chef de l’Etat a évoqué les chantiers  en cours qui, selon ses dires, feront du Bénin, à l’horizon 2026, un pays où il fera de plus en plus mieux vivre pour chacun. «(…) ce qui a été fait au cours des cinq dernières années, n’est que le début d’une épopée (…) nos réalisations pendant le quinquennat qui commence seront observées peut-être deux fois, trois plus que ce qui a été fait précédemment », a dit le chef l’Etat. Outre les chiffres, 12000 milliards FCFA pour le Pag 2 et 9900 milliards pour le Pag1, qui font polémique du fait qu’on ne peut faire deux ou trois plus avec juste un écart de 3000 milliards FCFA, c’est cette assurance de faire du Bénin un pays de mieux vivre pour chacun à la fin du second mandat qui pose problème. La même assurance avait été donnée au début du 1er quinquennat. Patrice Talon avait dit qu’il allait démontrer qu’on peut faire le job en un seul mandat. Presque toutes les rues du Bénin pouvaient être asphaltées en 5 ans. Il devrait faire du mandat unique une exigence morale, ceci quelle qu’en soit l’issue de la révision de la Constitution. Non seulement, il n’a pu tout faire mais il a ensuite prétexté du fait que la révision n’a pas prospéré pour solliciter un second mandat. Dans ces conditions, comment croire que cette fois-ci sera la bonne ? Que son second mandat sera le dernier et que la promesse de faire du Bénin un pays où il fera bon vivre pour chacun et pour tous sera tenue ? Bien que la chose soit possible, les Béninois sont sceptiques. Ils sont devenus des St Thomas, ils attendent de voir avant d’y croire.

Cherté, la Covid comme seul responsable

En cette fin d’année, les Béninois sont confrontés à la cherté des produits. Le prix à la hausse du kilogramme de cassoulet, mets préféré des ménages en cette occasion, a alimenté les Réseaux sociaux à Noël. Le chef de l’Etat n’a pas occulté cela dans son discours. Sauf qu’il a trouvé un coupable tout désigné. « Comment ne pas, par exemple, observer que la cherté actuelle de la vie est principalement due aux effets induits de la pandémie de COVID-19 ? Les prix des produits manufacturés flambent autant que ceux des produits d’exportation ou des matières premières, sans oublier ceux des moyens de transport », a-t-il laissé entendre. Pour Patrice Talon, la Covid-19 est la cause de cette cherté des prix des produits de premières nécessités qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Seulement, quand on interroge les femmes des marchés, elles n’ont pas la même lecture. Elles crient leur ras-le-bol et pointent plutôt un doigt accusateur vers le Pvi. Les frais de dédouanement des conteneurs seraient passés de double au triple, selon leurs affirmations. Or, selon les propos du chef de l’Etat, les droits de douanes, les taxes et les impôts n’ont connu aucune augmentation et la production vivrière locale connait une performance. Comment expliquer alors que le prix des produits locaux soit à la hausse ? Généraliser la hausse des prix et l’imputer à la Covid-19 dans ces conditions ne pose-t-il pas un problème ?

 

M.M

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