Maladies hémorragiques en Afrique subsaharienne: Moins de 10 % des patients dépistés et suivis, selon Prof Kindé Gazard

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Dans un entretien accordé au quotidien du service public, l’ancienne ministre de la santé, Prof Dorothée Kindé Gazard a évoqué la question des maladies hémorragiques en Afrique subsaharienne. Chef de Service de la Clinique Universitaire des Maladies du Sang du Cnhu-Hkm, elle a souligné la nécessité d’organiser des campagnes de dépistage au regard du nombre limité de patients dépistés et suivis…

 

“… moins de 10 % des patients souffrant de maladies hémorragiques sont dépistés et suivis en Afrique subsaharienne“ a confié Prof Dorothée Kindé Gazard dans cet entretien relayé par le quotidien du service public. Une situation qui démontre la nécessité d’organiser des campagnes de dépistage, “car les maladies hémorragiques ne sont pas connues de nos populations qui pensent qu’il s’agit de causes occultes“.  A l’en croire, le traitement est pourtant gratuit avec l’appui de la Fédération mondiale de l’Hémophilie qui met à disposition les facteurs dont le déficit est à l’origine de cette maladie. « Il est donc important de travailler à ce que les patients soient diagnostiqués et pris en charge correctement », précise-t-elle. De ses explications, il ressort que des maladies hémorragiques constitutionnelles sont dues à des anomalies génétiques héréditaires qui sont transmises des parents à leurs descendants. Les sujets qui portent ces anomalies ont des difficultés de coagulation et vont donc saigner plus longtemps et fréquemment surtout au décours de traumatismes très minimes, clarifie l’ancienne ministre de la santé. « La maladie hémorragique la plus fréquente au Bénin est l’hémophilie qui est due à des déficits de facteurs nécessaires à la coagulation avec en tête de liste l’hémophilie A suivie de l’hémophilie B. L’hémophilie A correspond au déficit en facteur VIII, tandis que l’hémophilie B correspond au déficit en facteur IX », fait savoir Prof Dorothée Kindé Gazard. Et de poursuivre «l’hémophilie va affecter le plus souvent les sujets de sexe masculin. Nous avons également des cas de la maladie de Willebrand qui est due à des anomalies du facteur de Willebrand. Soulignons que très peu de cas sont dépistés. Ainsi, en ce qui concerne l’hémophilie par exemple, au regard de la taille de la population béninoise, le nombre de malades attendu est d’environ 2000. Toutefois, seulement une centaine sont connus et suivis dans notre Service ». Selon ses explications, en matière d’hémophilie, le symptôme majeur est le saignement. “Il s’agit de saignement répétitif spontané ou au décours de traumatismes minimes. Il peut s’agir de saignement buccal (gingivorragie), de saignement dans les articulations (hémarthrose) qui se gonflent et deviennent douloureuses, de saignement dans les muscles (hématomes). Parfois, l’hémorragie est interne notamment dans le cerveau (Avc hémorragique), dans les urines (hématurie), dans le tube digestif (hémorragie digestive). Il peut s’agir également d’hémorragie cataclysmique au décours de la circoncision“ a-t-elle déclaré. Evoquant la différence entre maladies hémorragiques et les fièvres hémorragiques, elle estime qu’avec les fièvres hémorragiques, l’hémorragie n’est pas due à des anomalies génétiques, mais plutôt aux désordres créés par un agent pathogène (virus, microbes, parasites) sur le bon déroulement de la coagulation. « Les maladies hémorragiques notamment l’hémophilie ne constituent pas une fatalité. Ce sont des maladies qui, diagnostiquées, sont bien prises en charge. En cas de saignement répétitif, il vaut mieux se rapprocher rapidement d’un agent de santé pour faciliter le diagnostic. C’est aussi le lieu de rappeler qu’avant toute circoncision, il faut faire des analyses pour s’assurer qu’il n’y a pas de risque de saignement » a-t-elle rassuré.

 

A.B

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