Libye: A trois jours de la présidentielle, personne ne veut assumer son report

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À trois jours de l’élection présidentielle en Libye, les signaux montrant que le scrutin ne pourra pas avoir lieu s’accumulent. Mais aucune déclaration n’est venue reporter officiellement l’élection du 24 décembre.

 

Le Parlement et la Commission électorale se renvoient la balle et la responsabilité d’annoncer un report. L’absence d’une liste électorale officielle de candidats et les désaccords persistants entre camps rivaux sur la base juridique du scrutin persistent. Une situation qui pourrait conduire le pays vers de nouvelles tensions.

Ces tensions se sont manifestées ce mardi 21 décembre à Tripoli, la capitale libyenne, où des groupes armés fidèles au ministre de la Défense se sont fortement déployées aux entrées de la capitale, en barrant des routes. Des tanks ont aussi été déployés. Cette situation a conduit à la fermeture de plusieurs écoles et universités. Ces groupes armés ont prétexté la possibilité d’une attaque de la capitale par d’autres groupes de la tripolitaine.

Des acteurs politiques veulent garder le statu quo

Plusieurs candidats indépendants à l’élection présidentielle affirment que ces groupes armés sont en fait poussés par des acteurs politiques qui veulent garder le statu quo et rester au pouvoir.

Autre développement important ce mardi : la visite à Benghazi de plusieurs candidats à la présidentielle et leur rencontre avec le maréchal Haftar. Parmi eux figurait l’ancien ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, l’un des hommes forts de l’Ouest, et Ahmad Maitigue, l’ancien chef du conseil présidentiel. Officiellement, il s’agit d’une initiative nationale pour « réunifier les Libyens et unir les efforts face aux défis » que traverse le pays. En réalité ces candidats réunis essaient de barrer la route à leur ennemi commun, le Premier ministre libyen. De nouvelles alliances semblent être en train de se discuter en attendant la nouvelle date d’élection.

Analyse Jalel Harchaoui, chercheur au Global Initiative et spécialiste de la Libye

« Il y a des groupes armés qui sont vraiment fidèles à ce statu quo qui permettrait à Dbeibah de rester, il y a les Turcs qui sont derrière aussi, il y a les mercenaires syriens qui n’ont certainement pas disparus, il y a certains acteurs de coloration plus ou moins islamiste qui se mobilisent de plus en plus. De l’autre côté, il y a aussi des groupes armés qui n’aiment pas les Turcs, qui n’aiment pas Dbeibah, qui n’aiment pas les islamistes. Il y a vraiment cette dichotomie entre le statu quo qui permettrait à Dbeibah de rester et certains autres acteurs qui trouvent ce scénario là absolument inacceptable », développe encore le chercheur.

Un nouveau signe de l’évanouissement de la date du 24 décembre a eu lieu ce même jour : la commission électorale a annoncé la dissolution des comités chargé de veiller au bon déroulement du processus.

rfi.fr

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