Céline Lebrun-Shaath: «Mon époux est dans un néant juridique»

398

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Céline Lebrun-Shaath est l’épouse du militant égypto-palestinien Ramy Shaath, emprisonné depuis juillet 2019 en Égypte. Un cas emblématique, puisque son cas a été cité par Emmanuel Macron en décembre 2020 à l’Élysée, alors que le président français recevait son homologue Abdel Fattah al-Sissi. Un an plus tard, Ramy Shaath est toujours détenu sans avoir été jugé. « La libération de Ramy Shaath est-elle toujours une priorité pour la France ? » s’interrogent plusieurs ONG, alors que Le Caire et Paris entretiennent d’excellentes relations stratégiques et commerciales.

 

RFI : Le 7 décembre 2020 le nom de Ramy Shaath était cité lors de la conférence de presse d’Emmanuel Macron et d’Abdel Fattah al-Sissi à l’Élysée. Avez-vous eu l’espoir d’une libération rapide de votre mari ?

Céline Lebrun-Shaath : Cette intervention a fait naître beaucoup d’espoir. Malheureusement, ces espoirs se sont peu à peu dissipés, alors que les visites du président égyptien et d’autres hauts responsables se succédaient à Paris et que des contrats étaient signés. Mais mon mari reste en prison.

Quelle est aujourd’hui sa situation judiciaire ?

Mon époux est aujourd’hui dans un néant juridique. En Égypte, la période maximale autorisée de détention préventive est de deux ans. Or, cela fait deux ans et cinq mois que Ramy est en prison. Et malgré cela, les renouvellements de détention préventive se succèdent comme si de rien n’était. Nous n’avons reçu aucune réponse à la demande de remise en liberté déposée par son avocat au terme des deux ans.

Disposez-vous d’éléments sur ce qui est concrètement reproché à votre mari, Ramy Shaath ?

Aucun élément puisque ni mon mari, ni sa famille, ni les avocats n’ont eu accès au dossier d’investigation sur la base duquel Ramy est censé être détenu. Donc, nous n’avons aucun moyen de nous défendre. Et ces accusations sont vagues, aucune preuve n’a jamais été présentée pour les justifier. « Assistance à un groupe terroriste » ? Ce groupe n’a jamais été nommé. « Diffusion de fausses informations » ? À aucun moment nous n’avons eu connaissance de ces « fausses informations » que mon époux est censé avoir diffusées. « Tentative de porter atteinte à la stabilité de l’État » ? C’est une accusation des plus vagues qui permet de réprimer quiconque ose penser différemment du gouvernement égyptien.

Quelles sont ses conditions de détention ?

Il est détenu dans une cellule de 25 m², avec une quinzaine de codétenus. Ils dorment à même le sol, ils n’ont pas d’eau chaude. Il y a six petites ouvertures sans fenêtres et l’hiver arrive. La cellule est infestée de punaises de lits et les autorités ne font rien pour y remédier, alors que les démangeaisons empêchent tout le monde de dormir. Je vous laisse imaginer l’état psychologique dans lequel on peut être après 900 jours de captivité tout à fait arbitraire, sans aucun moyen de se défendre.

 

rfi.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite