Filep 2021: Les grandes recommandations

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Plus de 200 participants venant d’une vingtaine de pays ont pris part à la 9ème édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (Filep 2021) à Ouagadougou. Quatre jours durant, journalistes, acteurs de la société civile ont mené des réflexions sur la résilience des médias notamment avec la crise sanitaire du Covid-19. Au terme des travaux, d’importantes recommandations ont été prises et rendues publiques.

 

L’une des principales recommandations concerne la protection physique et juridique des journalistes. La sécurité des journalistes étant essentielle pour garantir l’accès du public à une information libre, indépendante, pluraliste et fiable, les participants recommandent aux Etats africains la prise de mesures nécessaires pour  la sécurité physique et juridique des professionnels de l’information ; la protection des journalistes en exil ou en quête de refuge sur leurs territoires. Ceci importe aussi bien en temps de paix comme en temps de guerre voire de pandémie. Pour les journalistes africains mobilisés à Ouagadougou, malgré l’attention portée à la lutte contre les crimes visant les journalistes et pour la dépénalisation des délits de presse dans certains pays africains, l’impunité et les exactions contre les hommes et femmes de médias ne cessent de s’accroître. “En témoignent les nombreux harcèlements judiciaires, menaces ou tentatives d’assassinats observés ces derniers temps contre les confrères au Bénin, au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Mali, etc. Plus de 107 journalistes burundais se trouvent aussi actuellement en exil dans plusieurs pays africains“, lit-on dans la déclaration.

Conditions de vie des journalistes…

Les journalistes africains se préoccupent également de leurs conditions de vie et appellent au soutien des Etats aux entreprises de presse privées. « Soulignant les conditions de vie précaires des journalistes travaillant dans les entreprises de presse privées, difficultés reconnues et exprimées par tous les festivaliers ; Constatant la fermeture de nombreuses entreprises de presse privées, faute de ressources financières, une situation découlant entre autres de la concurrence des médias internationaux beaucoup plus nantis et des pressions politiques ;  Rappelant le droit du citoyen à l’information juste et indépendante ;

La 9e édition du Festival international de la Liberté d’Expression et de Presse (FILEP), tenue du 10 au 12 novembre 2021, recommande aux Etats africains de mettre en place des fonds de soutien (technique, matériel et financier) conséquents en faveur des entreprises de presse privées pour améliorer les conditions de vie des journalistes », recommande le Filep 2021.

Accès à l’information et modèle économique des médias…

Face aux difficultés d’accès à l’information malgré les dispositions internationales et nationales garantissant aux citoyens le droit à l’information ainsi que le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, les journalistes africains recommandent aux Etats africains d’opérationnaliser ou de mettre en place des dispositifs juridiques et institutionnels pour garantir le droit d’accès à l’information des journalistes et du citoyen. Par ailleurs, ces derniers ont également adopté une résolution sur la nécessité de repenser le modèle économique de la presse. « La digitalisation rapide que connaît le continent africain a des répercussions sur le mode de consommation de l’information par les citoyens. Au surplus, les médias traditionnels sont confrontés à des défis économiques qui se caractérisent notamment par un marché publicitaire très concurrentiel, une difficile conversion des utilisateurs au paiement des contenus et par la nécessité d’une diversification progressive des sources de revenus. Cette situation a contribué à fragiliser davantage les entreprises de presse africaines qui connaissant déjà des difficultés financières. Ce qui a pour conséquence d’accentuer la précarité des professionnels de l’information.  Pour mieux garantir la viabilité économique des médias africains et assurer leur pérennité, afin qu’ils puissent jouer efficacement leur rôle de sentinelle de la démocratie, les participants à la 9e édition du Festival international de la Liberté d’Expression et de Presse (FILEP) tenue à Ouagadougou les 10, 11 et 12 novembre 2021 demandent aux organisateurs de consacrer la prochaine édition du FILEP à la réflexion sur les nouveaux modèles économiques des entreprises de presse et les profils professionnels dans le contexte de la digitalisation » recommande le Filep. Des recommandations importantes pour garantir une liberté d’expression et de presse en Afrique.

A.B

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