Absences aux consultations prénatales à Toffo et Cobly: L’impraticabilité des voies en cause, selon une enquête

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Une enquête réalisée par Falilatou Titi, journaliste à Banouto, révèle que des femmes enceintes renoncent aux consultations prénatales en raison de l’état des voies menant au centre de santé. Ce travail de terrain réalisé dans les villages de Togouin, commune de Toffo (sud du Bénin) et Oroukparé à Cobly au nord-ouest plonge les lecteurs dans une réalité déplorable.

 

“…plusieurs femmes ont eu des fausses couches et d’autres ont trépassé à cause de cet état de choses“, révèle l’enquête réalisée dans le cadre du Projet « Enquêtes sur les droits sociaux au Bénin en 2021: cas de l’eau et la santé », financé par la Fondation Friedrich Ebert (FES) au Bénin, piloté par Banouto. Entre autres témoignages recueillies par la journaliste, celle d’une jeune femme qui, pour son premier geste, a dû perdre ses jumeaux.  « La grossesse avait plus de neuf mois. Lorsque le travail a commencé, j’avais des douleurs et on n’a pas trouvé de moto pour m’amener à l’hôpital…La voie n’est pas bonne et le centre de santé où je me rendais est loin d’ici. En chemin, j’ai trébuché et j’ai accouché sur le champ. C’est un passant qui m’a vu allongée et est venu à mon secours », confie cette dernière, les yeux presque larmoyants. Conduite à l’hôpital avec ses bébés, ces derniers ont succombé le 4e jour, la laissant dans un état critique. “Deux ans après, dans cette même localité, elle dit avoir perdu une amie dans des circonstances presque similaires. « Lorsqu’elle a commencé le travail, on ne trouvait pas un moyen pour l’amener à l’hôpital. On a tellement trainé à la maison qu’elle a succombé à la douleur des contractions, après avoir propulsé le bébé qui est aussi mort par la suite », témoigne-t-elle. Deux décennies après, rien n’a changé selon cette victime des voies de Togouin, rencontrée le vendredi 24 septembre 2021. Pour elle, les mêmes causes continuent de produire les mêmes effets. Même si son mari a décidé qu’elle n’y reste plus pour sa sécurité et ses grossesses, la quarantenaire déplore cette situation que continuent de vivre plusieurs femmes de son village“, lit-on dans l’enquête. Toute chose qui entraine souvent des accouchements à domicile loin de tout suivi médical. « Les femmes d’Oroukparé vivent les mêmes réalités. Dans ce village de l’arrondissement de Kountori, commune de Cobly, au nord-ouest du Bénin, les voies sont impraticables même pendant la saison sèche. En période de pluies, elles sont inaccessibles, apprennent les riverains. Comme à Togouin, les femmes de ce village n’arrivent pas à faire la CPN à cause de l’état de la voie », renseigne Falilatou Titi dans son enquête.

Une situation inquiétante mais…

Persuadés des risques qu’encourent les femmes, les hommes semblent ne pouvoir rien faire pour changer la donne ainsi que les autorités locales. « Toussaint Sinwonko, deuxième adjoint au maire de Cobly déplore également l’état des voies de sa localité…“Nous appelons à un plan spécial de l’Etat pour installer des infrastructures de base et de développement à Cobly“, a lancé l’autorité communale. Que ce soit à Cobly ou à Djanglanmè (Toffo), les autorités sont préoccupées par l’état des voies. Les difficultés des femmes de Togouin sont communes à celles des autres villages de l’arrondissement, apprend Lazare Dandjinou le CA. « Parfois nous regardons impuissants les souffrances de nos populations », confie-t-il » rapporte la journaliste de Banouto.

Selon l’enquête, au Bénin, notamment en milieu rural, faire des bilans médicaux avant un accouchement constitue un problème pour bon nombre de femmes. L’impraticabilité des routes dans certains villages, est l’une des principales raisons de cette situation. Selon « Médecins Sans Frontières », dans un guide médical pour les soins obstétricaux et du nouveau-né, il est « recommandé de faire quatre consultations prénatales au cours d’une grossesse non compliquée ». Plusieurs rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) montrent que de plus en plus, des centaines de femmes meurent chaque année de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Lire l’intégralité de l’enquête du www.banouto.bj

A.B

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