Sciences et Littérature: Point des prix Nobel

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La 120e édition des prix Nobel s’est ouverte, lundi 4 octobre. Le prix Nobel de la médecine, a été remis lundi 4 octobre aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian pour leurs travaux sur le toucher et la température. Syukuro Manabe, Klaus Hasselmann et Giorgio Parisi sont attributaires du prix Nobel de physique décerné mardi 5 octobre, pour leurs travaux sur la compréhension des systèmes complexes. Quant au prix Nobel de chimie 2021, il a récompensé l’Américain David MacMillan et l’Allemand Benjamin List pour le développement de l’organocatalyse asymétrique. Une découverte qui a contribué à rendre la chimie un peu plus verte.

 

Le premier prix Nobel de 2021, la médecine, a été remis ce lundi 4 octobre aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian pour leurs travaux sur le toucher et la température. Deux Américains honorés pour leurs découvertes sur les sens, et plus spécifiquement les récepteurs de température et de toucher au niveau de notre système nerveux. « Tous deux ont identifié des chaînons manquants dans notre compréhension des liens complexes entre nos sens et l’environnement », estime le comité Nobel. Dans une étude qui a ouvert une nouvelle voie en biologie, David Julius a découvert les mécanismes derrière la sensation de chaud et de piquant des piments. En observant les liens entre la capsaïcine, un composé des piments, et notre organisme, le physiologiste a mis en évidence les mécanismes génétiques et donc les protéines du vivant, responsables de la réaction de « chaud piquant ». Cette découverte, à la fin des années 1990, a permis de mieux comprendre comment notre cerveau a l’impression que la température augmente.

Ardem Patapoutian a, pour sa part, travaillé sur le toucher. Avec son équipe, ils ont identifié les gènes responsables de la réaction à la force mécanique, c’est-à-dire ceux qui permettent de véhiculer l’information d’un toucher. Des travaux supplémentaires ont montré que l’un de ces gènes est aussi impliqué dans notre perception de la position du corps, par exemple pour savoir si l’on est assis.

Ces découvertes montrent à quel point les sensations entre notre corps et son environnement restent mystérieuses. Mais surtout, elles précèdent une multitude de recherches en cours sur les mécanismes de la douleur et, à terme, sur les prises en charge des douleurs chroniques.

Physique

Le prix Nobel de physique a distingué, mardi 5 octobre, Syukuro Manabe, Klaus Hasselmann et Giorgio Parisi pour leurs travaux sur la compréhension des systèmes complexes.

La première moitié du prix Nobel va à l’Américano-japonais Syukuro Manabe et à l’Allemand Klaus Hasselmann pour leurs travaux sur la modélisation du climat terrestre, qui ont offert une prédiction fiable du réchauffement climatique. L’autre moitié va à l’Italien Giorgio Parisi pour la découverte d’interactions derrière le désordre apparent, de la structure de l’atome aux planètes.

Dès les années 1960 en effet, Syukuro Manabe, météorologue japonais réfugié aux États-Unis après la guerre, a démontré comment la concentration de CO2 dans l’atmosphère aboutit à des hausses de température à la surface de la Terre. Pionnier de l’informatique dans son domaine, ses travaux ouvrent la voie à une modélisation du climat.

Voie qui sera suivie par l’océanographe allemand Klaus Hasselmann, qui met au point un modèle liant météo et climat, et explique pourquoi il est impossible de savoir le temps qu’il fera à Paris le 15 décembre prochain mais il est possible d’estimer la moyenne des précipitations en décembre à Paris pour les années à venir.

L’autre moitié du prix Nobel de physique va au physicien italien Giorgio Parisi. Ses travaux éclairent la complexité d’un système qui semble en apparence chaotique. Depuis les années 1980, ses découvertes portent sur les règles cachées de phénomènes que l’on pense aléatoires, des ballets aériens des étourneaux au très technique verre de spin.

Chimie

Le prix Nobel de chimie 2021 a récompensé l’Américain David MacMillan et l’Allemand Benjamin List pour le développement de l’organocatalyse asymétrique. Une découverte qui a contribué à rendre la chimie un peu plus verte.

Le comité Nobel a préféré distinguer un domaine de la chimie bien moins connu du grand public et néanmoins important au quotidien. Le Nobel de chimie 2021 revient donc à l’Américain David MacMillan et l’Allemand Benjamin List pour le développement de l’organocatalyse asymétrique. Un nom bien compliqué qui cache une technique plus performante et plus respectueuse de l’environnement pour une chimie plus verte.

La catalyse

En chimie, la catalyse désigne une réaction accélérée par la présence de tierces parties, des catalyseurs. Ces derniers ne sont pas détruits, ils se contentent de « coacher » les réactifs pour qu’ils agissent plus vite. Jusque-là, les catalyseurs se répartissaient en deux groupes : les enzymes, qui entraînent des catalyses dans les organismes vivants, et les catalyseurs métalliques, issus souvent de métaux lourds.

Les équipes de Benjamin List et David MacMillan, sans avoir connaissance des travaux de l’autre, ont inventé une « troisième voie » dans les années 2000. Leurs découvertes ajoutent des catalyseurs basés sur de petites molécules organiques. Ces derniers sont à la fois moins coûteux et plus écologiques. Une révolution, quand on sait que plus des deux tiers des procédés industriels ont recours à des catalyses et que 35 % du PIB mondial en dépend. Avec moins d’étapes nécessaires et sans métaux lourds, l’organocatalyse asymétrique trouve progressivement sa place dans toute une série d’applications. Dans l’industrie pharmaceutique, par exemple, cette technique permet de synthétiser des substances que l’on devrait autrement extraire de plantes rares.

Littérature

Le prix Nobel de littérature 2021 est attribué jeudi 7 octobre, au romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah. L’auteur, connu notamment pour son roman Paradise (1994), a été récompensé pour sa narration « empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents », selon le jury. Son œuvre s’éloigne des « descriptions stéréotypiques et ouvre notre regard à une Afrique de l’Est diverse culturellement qui est mal connue dans de nombreuses parties du monde », a expliqué le jury.

Né en 1948 sur l’île de Zanzibar, Abdulrazak Gurnah est arrivé au Royaume-Uni en tant que réfugié à la fin des années 1960. Il est l’auteur de dix romans, dont Près de la mer (2001), et de nouvelles. Il vit à Brighton et enseigne à l’université du Kent.

 

Le  prix Nobel de la paix 2021 sera attribué ce jour

 

Thomas AZANMASSO

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