Réformes dans les universités publiques: L’Intersyndicale a des appréhensions

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Les réformes annoncées dans l’enseignement supérieur au Bénin suscitent toujours des grincements de dents au sein de la communauté universitaire. Intervenant sur la télévision Sikka Tv, le Professeur Gabin Chaou de l’Intersyndicale des enseignants du supérieur a évoqué les limites des solutions proposées par le gouvernement. Des appréhensions que ne partagent pas Prof Désiré Baloubi de l’Université Norfolk State aux Etats-Unis d’Amérique…

L’Intersyndicale n’approuve pas certaines réformes annoncées dans l’enseigneur supérieur, a fait savoir Gabin Chaou lors de son intervention dans l’émission 100% Bénin autour du thème «réformes dans l’enseignement supérieur : des enseignants réfractaires à raison ? ». Selon l’universitaire, aucun syndicaliste ou encore enseignant du supérieur ne peut s’opposer à l’idée de réformes car aspirant à plus de perfectionnement. Cependant, l’Intersyndicale déplore le fait qu’elle ne soit pas associée aux travaux de diagnostic et de formulation des réformes. Chose curieuse, l’Intersyndicale, malgré les démarches menées, n’a pu avoir accès aux documents des projets de réformes annoncés au séminaire du 10 juillet 2021, dénonce prof Gabin Chaou. De même, l’Intersyndicale aurait, au cours du séminaire, plaidé afin de pouvoir faire des observations. «…nous remercions le Chef de l’Etat qui a pris la parole et a dit de faire les observations et déposer…Mais déjà le mercredi le Conseil des ministres a validé les projets de décrets sur lesquels l’Intersyndicale continuait de travailler », fait-il savoir. Selon ce dernier, si les enseignants sont en partie d’accord avec le diagnostic fait, les solutions proposées fâchent et ne semblent pas refléter la thérapie adéquate. S’intéressant au nouveau mode de désignation des recteurs, l’universitaire estime que la suppression des élections peut être perçue comme un recul. Car, selon lui, si le diagnostic révèle que les élections laissent place à des querelles et inimités entre collègues avec pour corollaire la menace sur le vivre-ensemble, l’amélioration des dispositions encadrant les élections serait plus bénéfique. L’idéal serait simplement de Trouver des voies et moyens pour faire taire des querelles, fait-il remarquer. Le Bénin est envié dans la sous-région parce qu’au niveau des universités, des élections s’organisent, a souligné le syndicaliste. De même, le Conseil d’administration des universités est institué depuis 2016 par un décret qui n’a jamais été appliqué. Toute chose qui aurait pu pourtant améliorer la gouvernance et la performance des universités, selon Gabin Chaou. Il a déploré le fait que la jeune expérience démocratique qui a démarré en 2006 dans les universités soit vite interrompue notamment avec le maintien au poste des recteurs en fin de mandat. Et désormais, les recteurs seront nommés après appel à candidatures.

Politisation de l’enseignement : Prof Désiré Baloubi y voit la fin, l’Intersyndicale non !

Intervenant également dans l’émission, Prof Désiré Baloubi de l’Université Norfolk State aux Etats-Unis d’Amérique a, fort de ses expériences dans les structures universitaires au Bénin, estimé qu’il était temps de changer de paradigme dans l’intérêt de la communauté estudiantine. Pour lui, l’alternative est en train de germer à l’université et cela est à encourager. Il faut écarter toute idée de syndicaliste et de politique, il faut dépolitiser l’éducation, a-t-il martelé. Selon Prof Désiré Baloubi, lorsqu’on mène des élections dans une institution académique, cela devient de la politisation tout en estimant qu’aux Etats-Unis, l’élection ne va jamais au-delà des chefs de département et qu’on n’y trouve même pas de syndicat. Et au Prof Gabin Chaou d’affirmer que partout où il y a nomination, la politique s’en mêle. Ceci, pour démontrer que la suppression des élections dans les universités ne résout pas la question de politisation dans l’enseignement supérieur. Encore que c’est un Conseil d’administration qui étudie les dossiers de candidature et propose des noms à l’autorité qui procède à la nomination. Si les partenaires sociaux sont écartés, nul doute qu’il y ait des appréhensions, poursuit-il. Alors que le Prof Désiré Baloubi juge indispensable, le dialogue avec les enseignants, il réaffirme la nécessité d’en finir avec le syndicalisme politisé et pluralisé observé au Bénin. Il faut, selon ce dernier, se départir de l’idée de démocratisation par le biais de l’élection qui conduit à la politisation. Ce n’est pas l’élection qui garantit la bonne gouvernance, la performance et on n’élit pas à tous les niveaux, renchérit Prof Baloubi. “La nomination ne garantit pas également la bonne gouvernance, la performance“ réplique Gabin Chaou qui estime que les actions des syndicats visent à contribuer à ce que les choses soient faites dans les règles de l’art. Ce dernier s’est aussi interrogé sur la suppression du corps des enseignants assistants et la création d’une catégorie d’enseignants assistant en situation probatoire. Une catégorie d’enseignants qui n’appartiendrait à aucun corps. Toutefois, il salue la professionnalisation de toutes les offres de formation. Les réformes seraient à repenser, selon l’Intersyndicale.

A.B

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