Dissolution du (Fitheb) par le gouvernement du Bénin: Akambi Akanla en mode visionnaire

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(Désormais une triste histoire à raconter à la postérité)

Le gouvernement du Bénin vient de dissoudre le seul plus grand festival de théâtre de l’Afrique francophone, le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb). La décision est prise lors du conseil des ministres du mercredi 12 mai 2021 à Cotonou.

C’est fini, le Fitheb est enseveli ! Pendant que le Burkina Faso a toujours son ‘’Fespaco’’, la Côte d’Ivoire son ‘’Masa’’ et le Sénégal sa biennale ‘’Dak’art’’,  le Bénin fume paisiblement son  » Fitheb ». En lieu et place désormais du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), c’est un Centre National de Théâtre (Cnt) qui va pousser de terre. Celui-ci a pour vocation de rendre plus dynamique l’art théâtral sur l’étendue du territoire en contribuant à sa création, sa diffusion et sa promotion en temps réel. En tout cas, c’est ce qu’on peut comprendre du compte rendu du conseil des ministres du mercredi 12 mai 2021. Et les noms des cadres qui vont tenir son conseil d’administration ainsi que son conseil artistique seront bientôt révélés au grand jour. Un centre national vient remplacer un festival international. A scruter de près les deux terminologies (centre et festival), n’est-on pas en droit d’identifier un amalgame intelligent ? Un emplacement, un espace ou mieux un cadre délimité au plan national se substitue à un événement, une célébration, une fête d’envergure internationale. Et d’ailleurs la seule plus grande randonnée théâtrale  qui fait la fierté de tout un peuple dans la sous-région Ouest africaine. La fantaisie est juste située à quelques doigts de cette réalité-là qui n’a pas manqué de susciter des inquiétudes légitimes dans le rang des acteurs culturels. «Je suppose que nous sommes en train d’aller de l’avant. Je ne peux pas croire que tant de belles intelligences réunies au ministère de la culture auraient mal pensé ce machin qui va prendre la place du Fitheb. On l’a dessiné, on lui a donné d’allure, on lui a donné un nom et j’attends que l’on lui donne les moyens de son existence. Je ne vais pas souhaiter qu’il ressemble à ce que l’Office béninois des arts a été dans les années 80 lorsque sous la révolution, on avait cru trouver ce qu’il fallait à la création artistique, au développement culturel, bref la machine qui permettait d’aller de l’avant, de faire vendre le Bénin, de faire développer les arts, mais à l’arrivée c’est un échec tout simplement parce que le gouvernement n’avait pas donné des moyens pour faire exister l’Office béninois des arts. Je veux croire que ce n’est pas le même destin qui sera réservé au centre. Pour finir je veux donc croire que tout ce qui a été défini comme attribution du centre sera confié à des gens bien nourris, bien compétents, bien imaginatifs, qui osent. Je veux espérer le changement, pour que vive le théâtre » analyse Akambi Akanla, une vitrine du monde du théâtre et de la cinématographie au Bénin, approché sur la question par l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (Ortb), quelques heures après la décision.  Un examen qui, loin d’être dépouillée de toute pertinence et de convenance, sonne comme une sorte d’oracle que l’on ne doit pas perdre de vue dans l’évolution de ce sujet.

Certes…

Le secrétaire général du ministère dans un entretien avec les journalistes,  au lendemain de la décision, a précisé que la création de ce centre ne fera pas disparaitre la biennale, encore moins le nom du Fitheb. Pour lui, l’événement continuera par exister et les acteurs qui l’animent seront toujours mis à contribution.

Teddy GANDIGBE 

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