Création de la Brigade de surveillance des plans d’eau: De nouveaux gendarmes derrière les pêcheurs ?

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La création de l’Unité spéciale de surveillance des pêches, annoncée lors du Conseil des ministres du 15 avril 2020, semble désormais chose effective. Avec la fin de formation de 55 agents de ladite brigade, cette unité spéciale chargée de préserver les plans d’eau, devrait être déjà opérationnelle ou dans les tout prochains jours. De quoi donner de l’insomnie aux pauvres pêcheurs ?

 

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Les communautés de pêcheurs exerçant leurs activités sur les plans d’eau du Bénin devront-elles s’inquiéter de l’opérationnalisation de l’Unité spéciale de surveillance des pêches ? La question reste toute posée quand bien même les raisons motivant la création de ladite brigade sont liées à la préservation des plans d’eau et surtout la protection des espèces halieutiques. En effet, après l’opération d’enlèvement des engins de pêche prohibés des plans d’eau en 2019, le gouvernement béninois a, en sa séance du Conseil des ministres du 15 avril 2020, pris d’importantes mesures d’assainissement et de réhabilitation des lacs Ahémé, Nokoué, la lagune de Porto-Novo et leurs chenaux. Ceci, dans le but de préserver les plans d’eau et de favoriser le développement des espèces halieutiques. Entre autres mesures prises pour assurer la surveillance permanente des plans d’eau et sanctionner les éventuels contrevenants, la libération des habitats anarchiquement installés et le dégagement des tas d’immondices ; la réalisation d’une étude de faisabilité sur le dragage du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo et surtout la création, l’équipement et la formation de l’Unité spéciale de surveillance des pêches. Et depuis, les choses ont évolué. En l’espace d’un an, tout semble désormais prêt pour que les éléments de l’Unité spéciale soient renvoyés à leur mission. Durant plus de quatre mois, 55 agents dont 02 inspecteurs du développement rural, 11 contrôleurs de développement rural et 42 ouvriers spécialisés des services généraux de l’administration ont suivi avec succès leur formation à l’Ecole nationale des sous-officiers de Ouidah. C’est le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui qui a présidé vendredi 14 mai 2021, la cérémonie de sortie de ces brigadiers. Si pour les autorités béninoises, les plans d’eaux continentaux peuvent contribuer à relever des défis écologiques, socio-culturels et économiques, une nouvelle approche de gestion s’impose. Et l’unité spéciale de surveillance des pêches a un rôle prépondérant à y jouer. Pour le commandant de l’école nationale des sous-officiers, le chef d’escadron Aboudou Raoufou Assouma, cette première promotion des recrues de la brigade a été outillée sur des connaissances militaires de base. Ces derniers ont suivi, selon lui, une formation militaire générale, une formation académique et une formation caractérielle.  « Nous pouvons évoquer dès lors, et ce, sans désemparer, que les fruits ont tenu la promesse des fleurs. Ils sont donc prêts, illustre autorité, à recevoir votre bénédiction et à être envoyés à leurs différentes prérogatives pour servir valablement leur communauté et les intérêts de la Nation en lui rendant de nombreux et loyaux services » a lancé le Commandant de l’École à l’autorité ministérielle. Pour le ministre Gaston Dossouhoui, la surveillance permanente des plans d’eau est une des meilleures stratégies de dissuasion du comportement illégal des hommes pour réussir des réformes et aboutir aux changements souhaités dans certaines situations. Les équipements de l’Unité spéciale sont constitués de 09 barques en fibres de verre et 12 moteurs hors-bords. La brigade sera appuyée dans sa tâche par la Marine nationale et les unités spéciales de la police fluviale et maritime, rassure le ministre. C’est donc clair que la guerre sera sous peu déclarée aux pêcheurs qui persistent dans l’usage des engins de pêche prohibés sur les plans d’eau. Si l’initiative est salutaire, il est évident que des grincements de dents s’observeront dans le rang des pêcheurs. Notons que le gouvernement s’engage également à œuvrer pour la réhabilitation des bases obligatoires de contrôle et des plateformes de transfert sur le lac Ahémé, dans le cadre de la relance de la filière crevette ; la réorganisation des pêcheries sédentaires sur le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo avec la détermination des réserves biologiques ; le reboisement des berges, bassins versants et autres espaces libérés.

A.B

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