Promesse de ne pas faire un 3e mandat: Quel crédit accorder aux propos de Talon ?

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Vendredi dernier sur Rfi et France 24, le chef de l’Etat s’est livré à un entretien. Outre les questions liées à la traque aux opposants, et les violences préélectorales, la probabilité d’un 3e mandat a focalisé les attentions. Nouvellement réélu au 1er tour avec un score de 86%, à la suite d’une élection où aucun candidat de l’opposition radicale n’était en liste, beaucoup de Béninois se demandent ce qui peut encore empêcher Patrice Talon de faire un troisième mandat, s’il le voulait. A cette question Patrice Talon a laissé entendre que l’article 42 nouveau « Le président de la République est élu ou suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats de président de la République » de la Constitution a déjà réglé le problème, qu’il n’entend pas réviser cet article même si la Constitution était révisée à nouveau. « « Personne ne changera cela, en tous cas, ça sera pas moi, ni à mon initiative et je ne pense que les Béninois le changeraient », a déclaré Patrice Talon. En un mot, le chef de l’Etat rassure que le mandat 2021-2026 est son dernier à la tête du Bénin et qu’il ne fera pas un 3e mandat.

Certes, mais dans la sous-région plus personne ne prend pour parole d’évangile les discours de renonciation à un troisième mandat, tellement, des chefs d’Etat ont habitué les populations au fait qu’ils disent une chose aujourd’hui et son contraire quelques mois après. Patrice Talon n’en est pas exempt. Déjà sur Rfi, alors tombé en disgrâce sous le régime Yayi et en exil, il avait dit sur les antennes de Rfi que ce qui constituait la pomme de discorde entre lui et Yayi, c’est le fait qu’il a refusé de donner sa caution pour une révision de la Constitution, arguant que le peuple béninois n’accepterait pas puisqu’il était attaché à sa Constitution. Une fois au pouvoir, on est témoin de tout ce qui a été fait pour obtenir la révision de cette même Constitution. Et ce n’est pas tout. Elu en 2016, Patrice Talon avait promis faire un seul mandat, ceci quelle que soit l’issue de la réforme constitutionnelle. Aujourd’hui, on essaie de faire croire à l’opinion que c’est parce que la réforme de mandat unique n’est pas passée qu’il a décidé de faire un deuxième mandat.

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Dans ces conditions, comment ne pas imaginer que dans quelques mois, le chef de l’Etat peut aussi décider de renoncer à cette promesse ? Résistera-t-il vraiment à la tentation quand on sait que déjà, des soutiens du régime, comme un ballon d’essai, lancent l’idée d’un 3e mandat dans l’opinion ? Au moment venu, chacun fera son idée.

 

M.M

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