Bénin/Veille de la présidentielle: La presse internationale fait focus sur le Bénin et Reckya Madougou

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Quelques heures encore, et la campagne électorale pour la présidentielle du 11 avril prochain au Bénin sera bouclée. Quinze (15) jours durant, les trois listes de candidature ont eu à fébrilement rivaliser d’offres politiques dans un contexte controversé et une ambiance litigieuse avec en sus l’incarcération de Reckya Madougou. Pays autrefois connu pour sa réputation démocratique et son exemplarité en gouvernance électorale, le Bénin, par sa situation actuelle, n’a pas manqué de faire le choux gras de la presse internationale dans sa diversité.

 

De l’arrestation et de la détention de la candidate recalée du parti « Les Démocrates », Reckya Madougou, aux violences enregistrées depuis 72 heures dans des localités du pays en passant par la démission et les troublantes révélations du juge Essowé Batamoussi, le Bénin vit un tournant décisif, mais « répressif » pour tous les titres internationaux en cette veille de l’élection présidentielle du dimanche 11 avril 2021. Tous s’accordent à constater que le Bénin hier, « Quartier Latin et berceau de la démocratie en Afrique ‘’-clin d’œil à la vivacité des débats animant la classe politique et la société civile comme à une tolérance aux oppositions pas si fréquentes dans la région- est dans une descente aux enfers. Et pour donner écho à ce constat, le magazine d’actualité hebdomadaire français, Marianne a ouvert ses colonnes à Me Mario Stasi, un des avocats de Reckya Madougou dans les geôles depuis plus d’un mois et poursuivie pour « association de malfaiteurs et terrorisme ».

La situation politique préoccupe la presse internationale

Dans une tribune qui s’est préoccupée des conditions de détention de l’opposante au pouvoir de Patrice Talon, Me Mario Stasi se dit « engagé par son serment à faire respecter les droits de l’homme » en demandant  solennellement la libération immédiate de sa cliente. A cette procédure pénale jugée inéquitable s’ajoute une mise sous boisseau de l’Etat de droit et du rétrécissement de l’offre politique par une gouvernance électorale exclusionniste. Un constat fait par l’hebdomadaire Le Point dans un long reportage fait par Viviane Forson, son envoyée spéciale à Cotonou. Sur place, elle rapporte qu’en réalité au-delà du débat constitutionnel sur la prorogation du mandat, c’est le contexte politique qui est explosif et, à l’approche de l’élection, les clivages ne font que s’accentuer par manque d’inclusivité. « Le Bénin est au milieu du gué à cinq jours de la présidentielle où le chef de l’État brigue un second mandat face à deux candidats peu connus des électeurs et sans poids politique », écrit-elle. Et parce que selon Le Figaro dans sa parution du mercredi, « les rivaux plus sérieux n’ont pu se présenter, empêchés par une récente loi sur les parrainages qui ressemble à un obstacle infranchissable pour un opposant, au moins pour ceux qui ne sont pas en exil, en prison ou poursuivis ». Ces barrages législatifs, poursuit le journal, sont devenus une sorte de marque de fabrique du «système Talon», dénoncé par plusieurs ONG telles que Amnesty International. En 2019, rappelle CNBC Africa, Freedom House avait déjà rétrogradé le Bénin de «libre» à «partiellement libre» lorsque l’ancien président Thomas Boni Yayi avait été assigné à résidence pendant une cinquantaine de jours à la suite de législatives exclusives, et ceux qui protestaient contre ont été maîtrisés par les tirs des forces de sécurité.

Une accusation étrange au relent politique contre Reckya Madougou

Pour le réseau africain de télévision payante sous licence de CNBC International, l’arrestation le 05 mars dernier de Reckya Madougou découle « d’une accusation très étrange ‘’ à porter contre un militant de renommée qui a servi dans l’appareil gouvernemental, à deux reprises en tant que ministre de la micro finance puis Garde des Sceaux, Ministre de la Justice au Bénin. Elle est très engagée sur le sujet de l’inclusion financière pour lutter contre la pauvreté et la malnutrition en Afrique de l’Ouest. Le média rappelle qu’elle a écrit des livres dont «Mon combat pour la parole» et «Soigner les certitudes» qui sont devenus des guides définitifs sur la manière de mobiliser les citoyens pour lutter contre la pauvreté et renforcer la démocratie. De même, elle est devenue la coordinatrice de l’Initiative africaine pour l’éducation à la paix qui appelle au dialogue interreligieux et interculturel, et a créé sa propre marque de cosmétiques pour collecter des fonds au profit des personnes démunies des centres d’accueil et orphelinats au Bénin. Ses campagnes l’ont portée à l’attention de Forbes et du magazine Jeune Afrique, les deux médias l’ont nommée parmi les femmes africaines les plus influentes. A l’aune de ce parcours, l’auteur de l’article s’interroge sur comment une telle « activiste pro-démocratie », personnalité engagée auprès des plus défavorisées pourrait-elle avoir commis les actes qui lui sont reprochés?

 

Worou BORO

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