Procès de Derek Chauvin: 4 témoins racontent la mort de George Floyd

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Beaucoup d’émotion au tribunal de Minneapolis au deuxième jour du procès de Derek Chauvin. Quatre passants, témoins de la mort de George Floyd, ont exprimé leur colère et leur frustration de ne pas être parvenus à empêcher la mort de l’Afro-Américain. Parmi ces témoins, le récit très émouvant de l’adolescente auteure de la vidéo virale de la mort de George Floyd.

 

Sans elle, le nom de George Floyd serait encore inconnu. Témoin de son agonie le 25 mai dernier, Darnella, 17 ans, sort son téléphone portable et filme la scène, horrifiée. En quelques heures, sa vidéo, qui a été vue des millions de fois à travers le monde, se retrouve dix mois plus tard devant le tribunal.

« Quand je vois George Floyd, raconte l’adolescente encore traumatisée, je vois mon père, je vois mes frères, mes cousins, mes oncles… parce qu’ils sont tous Noirs et que ça aurait pu leur arriver à eux aussi. Certains soirs, je reste éveillée et je demande pardon à George Floyd pour ne pas avoir fait plus pour lui. »

« Les policiers m’en ont empêché »

Autre témoignage poignant au tribunal, celui de Genevieve Hansen, une femme pompier qui passait par là en civil. « J’aurais vérifié son pouls. Je lui aurais fait un massage cardiaque, mais les policiers m’en ont empêché », témoigne-t-elle, en tenue officielle, submergée par l’émotion.

Aujourd’hui « complètement bouleversée », devant le tribunal, elle décrit son immense frustration de ne pas avoir pu agir, après avoir supplié, en vain, les policiers de la laisser secourir George Floyd.

Impuissante, Genevieve Hansen a fini par appeler la police pour empêcher le policier Derek Chauvin de tuer George Floyd. Mais il était déjà trop tard.

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Les jurés confrontés d’emblée à la vidéo de son agonie au procès Chauvin

Le procès sous haute tension de l’ex-policier blanc Derek Chauvin a commencé, lundi 29 mars, à Minneapolis. Au cœur de ce procès, la vidéo de la mort de George Floyd. Cette vidéo, qui avait déclenché des mois de protestations dans tous les États-Unis cet été, a été projetée devant le tribunal dès le premier jour d’audience.

Sans cette vidéo, il n’y aurait pas d’affaire George Floyd. Les images de son agonie ont donc été diffusées dès l’ouverture du procès de Derek Chauvin. Neuf minutes et vingt-neuf secondes éprouvantes pour les 14 jurés, 8 Blancs, 4 Noirs et 2 Métisses.

À 27 reprises, l’Afro-Américain répète qu’il ne peut plus respirer, écrasé sous le genou de l’ex-policier blanc qui, lui, reste impassible. Et « pendant tout ce temps, M. Chauvin, ne bouge pas », commente le procureur en ouverture.

Ce jour-là, Derek Chauvin et trois autres officiers essayaient d’arrêter George Floyd, soupçonné d’avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour acheter des cigarettes. Un délit qui, selon les procureurs, aurait pu être traité par une citation à comparaître au tribunal au lieu d’une arrestation.

« Derek Chauvin a trahi son insigne »

Pour le procureur Jerry Blackwell, ces images sont la preuve que Derek Chauvin est coupable de meurtre.

« M. Derek Chauvin a trahi son insigne en faisant un usage excessif et déraisonné de la force sur le corps de M. George Floyd », déclare-t-il.

L’affaire n’est pas si simple, répond la défense. Selon Eric Nelson, l’avocat de Derek Chauvin, la cause de la mort de George Floyd serait en fait un usage de drogue et une insuffisance cardiaque. « Derek Chauvin a fait exactement ce pour quoi il a été formé pendant ses 19 années de carrière », argumente-t-il.

L’ex-policier, âgé de 45 ans, a plaidé non coupable pour meurtre au second degré, meurtre au troisième degré et homicide involontaire au second degré. Il risque jusqu’à 40 ans de prison s’il est reconnu coupable de l’accusation la plus grave.

Il suffit de convaincre un seul juré de cette version pour annuler le procès, car une condamnation pour meurtre de Chauvin doit être décidée à l’unanimité du jury. Or, aux États-Unis, dans l’extrême majorité des cas, les rares policiers blancs poursuivis pour meurtre sont en général acquittés.

Depuis la Maison Blanche, le président Joe Biden dit suivre avec beaucoup d’attention ce procès, dont l’issue dans un mois environ pourrait bien secouer à nouveau les États-Unis. Car en cas d’acquittement, les manifestants à Minneapolis préviennent : les protestations recommenceront avec la même intensité que l’été dernier.

 

rfi.fr

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