Arrestation et emprisonnement de la candidate recalée des Démocrates: Les premières réactions à l’appel de Reckya Madougou

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Arrêtée le mercredi 03 mars, la candidate recalée du parti d’opposition Les Démocrates séjourne, depuis le vendredi 05 mars, à la prison civile d’Apro-Missérété. Sentant venir son arrestation, Reckya Madougou était convaincue que même sans elle, le combat pour la restauration de la démocratie allait continuer.

 

« …Rassurez-vous, je peux sortir d’ici, qu’ils m’attendent, qu’ils me prennent mais je sais que vous allez continuer le combat. C’est déjà parti !… », avait laissé entendre Reckya Madougou, ce mercredi 03 mars 2021 à Porto-Novo, quelques heures avant son arrestation, au meeting d’information du Front pour la restauration de la démocratie (Frd). Comme une prémonition, la candidate recalée du parti d’opposition Les Démocrates à la présidentielle d’avril 2021 savait que même sans elle, le mouvement pour la restauration de la démocratie, ce qui passe par des élections ouvertes, était désormais lancé. Aux militants et sympathisants des Démocrates et aux responsables des partis de l’Opposition radicale, Reckya Madougou avait un appel, celui de poursuivre la lutte quel que soit le sort à elle réservé. Un appel qui n’est pas tombé dans des oreilles de sourds, si on s’en tient aux réactions qui ont suivi son arrestation. Personnalités politiques de l’Opposition, associations de défense des droits de l’homme n’ont pas cessé de lui témoigner leur soutien et d’appeler à la libération de l’opposante. Même l’ancienne Première Dame Rosine Soglo a témoigné son soutien et son affection à celle qu’elle considère comme sa fille. Mais ça ne s’est pas arrêté là. Les réactions de soutien continuent après que Reckya Madougou soit déposée à la prison de Missérété. « Reckya, je ne te lâcherai pas et tu le sais », a publié le 05 mars sur Facebook, le professeur Joël Aïvo, revenant, images à l’appui, sur les circonstances de l’arrestation de Reckya Madougou. Réunies à Vidolé, dans la même journée de vendredi, les forces de l’Opposition ont aussi fait une déclaration commune dans laquelle elles attirent l’attention de la communauté internationale sur la liquidation des acquis démocratiques au Bénin, les atteintes manifestes à l’état de droit, les violations des droits de l’homme. Dans la même veine, le secrétariat général des affaires féminines et sociales du parti Les Démocrates a fait une déclaration de soutien à la candidate recalée. Les femmes Démocrates ont invité leurs militantes à ne pas perdre le courage et à continuer le combat tout en restant bien déterminées.

Une affaire aux tentacules sous-régionaux

Avec la sortie du ministre Modeste Kérékou, l’affaire Reckya Madougou a pris une autre tournure. Dans son adresse, Modeste Kérékou a cité nommément des chefs d’Etat de la sous-région avec qui la candidate recalée des Démocrates serait en conspiration contre le Bénin depuis 2018. Pour étayer ses propos, Modeste Kérékou a brandi des messages WhatsApp que Reckya Madougou lui aurait envoyés par erreur. Quand on sait qu’il n’y a pas longtemps, la fermeture des frontières nigérianes a été perçue par certains proches du pouvoir comme un acte politique, on peut se demander si la sortie du ministre ne va pas davantage mettre en péril les relations de bon voisinage. Quelles peuvent être les réactions des présidents dont les noms sont cités, par une autorité béninoise, ceci dans une affaire aussi grave ?

 

M.M

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