Nathanël Koty sur le parrainage, et suite de la présidentielle: «…les regards (…) tournés vers le président de la République »

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Reçu en milieu de semaine écoulée sur Africa Radio, le président du Parti pour l’engagement et la relève (PER) s’est indigné des  propos du ministre de la communication, Alain Orounla sur la façon dont le PER a négocié ses parrainages auprès des deux partis politiques de la Mouvance détenteurs de la quasi-totalité des parrains. Tout en restituant les faits suivant la démarche faite par le PER, Nathanaël Koty pense qu’il est encore possible d’avoir une élection présidentielle plus ouverte. Seul le chef de l’Etat a la clé de l’apaisement des contestations qui se notent ici et là, selon le président du PER. Lire son intervention.  

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La Journaliste : Vous êtes président du parti pour l’engagement et la relève au Bénin. Vous contestez les propos tenus au Bénin le week-end dernier par le ministre porte-parole du gouvernement béninois, Alain Orounla dans l’émission Le débat BBC Afrique-Africa radio, diffusée par  Africa radio et la BBC. Il a déclaré, M.Koty à propos de votre parti que le PER n’avait pas suivi la bonne démarche pour obtenir les parrainages nécessaires à la validation de votre candidature à la présidentielle du 11 avril prochain au Bénin. Pourquoi dites-vous que ses déclarations sont inexactes ?

Nathanaêl Koty : Alors, merci Madame. J’ai suivi avec, une attention particulière, les propos du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Alain Orounla sur sa restitution des démarches effectuées par notre parti politique, le parti pour l’engagement et la relève pour l’obtention des parrainages dans le cadre de l’élection présidentielle. J’avoue qu’il y a eu des contrevérités dans les propos du ministre de la communication ; et c’est peut-être par décence, sinon, je parlerai de mensonge. C’est de la provocation pure et simple.

Quelles sont ces contrevérités ?

C’est choquant lorsque de tels propos proviennent du ministre porte-parole d’un gouvernement de 23 ministres. Je voudrais en soulignant que le parti pour l’engagement et la relève a mené la bonne démarche, et vous le comprendrez. En effet, vous savez bien que l’Assemblée nationale regorge de 83 députés tous de la Mouvance et 71 maires sur les 77, tous également de la Mouvance. Et donc, conformément à l’esprit de la réforme du système partisan, nous avions approché près d’une cinquantaine de députés et de maires. Et tous nous ont donné leur principe d’accord pour pouvoir nous accompagner dans le cadre du parrainage. Et ce sont eux-mêmes qui nous ont conseillé de bien vouloir saisir les instances de leurs partis politiques pour les mettre au parfum des démarches que nous étions en train de mener. Et donc, nous dire aujourd’hui que nous n’avons pas pu faire la bonne démarche, c’est un mensonge. Vous imaginez Madame, le parti pour l’engagement et la relève n’a jamais envoyé un courrier par voie d’huissier à l’Up ni au Bloc républicain comme l’a dit Monsieur le ministre. Nous avons saisi par courriers administratifs les deux blocs, et nous avons eu l’honneur d’être reçu par les présidents Amoussou Bruno qui patronne l’Union progressiste et Mathurin Nago, le président Idji Kolawolé, le ministre Dassigli… et ils ont félicité le parti pour l’engagement et la relève pour avoir respecté de bout en bout la réforme du système partisan, et qu’ils ne trouveraient pas d’inconvénients à nous parrainer. Voilà exactement ce qui s’est passé.

Donc, vous dites que si vous avez envoyé le courrier, c’est à la demande des députés de la majorité que vous aviez rencontrés préalablement ?

Bien sûr que oui, madame. On a rencontré des députés qui ont souhaité qu’on envoie des courriers.

Dans ce cas, quel est donc l’intérêt qu’aurait le ministre de travestir la réalité. Celle que vous décrivez ?

 Alors madame, je ne sais pas. Je suis sûr qu’il méconnaît tout ce que le parti pour l’engagement et la relève a fait dans le cadre de la demande de parrainages ou tout simplement il aurait été surpris par cette question. C’est tout. Sinon, je ne sais pas l’intérêt qu’il a dire autre chose que ce que nous avons fait. Ce que je vous dis, c’est la pure vérité, les courriers existent, les contacts sont là…

Parce qu’il a expliqué que ces fautes d’avoir sollicité les parrainages, que le président Patrice Talon s’est retrouvé avec 118 parrainages sur les 159.

Madame, je vous dis tout simplement que le ministre Orounla n’a pas dit ce qui s’est passé. Nous avions fait toutes les démarches. On a rencontré les élus. Et je le répète, c’est les élus eux-mêmes qui nous ont dit : ‘’ c’est vrai, votre démarche est louable, elle est très bien. Mais nous voudrions que vous saisissiez nos instances suprêmes pour prouver que nous sommes en pourparlers’’. Ce que nous avons fait.

Et qu’est-ce qui s’est passé ensuite alors ?

Alors, ensuite on ne sait plus ce qui s’est passé. Les députés qu’on a rencontrés nous ont dit, ‘’ils vont vous appeler de nos instances pour que vous ayez les parrainages’’. On a attendu les parrainages en vain. Ils nous ont rappelés pour nous demander si éventuellement on ne nous avait pas appelés. On a dit non, qu’on n’avait pas encore reçu de coup de fil.

Et vous avez déposé votre dossier de candidature sans parrainage.

Bien sûr, tout était à jour. On a payé les 50 millions de caution.

Sans parrainage vous convenez avec moi que votre dossier était incomplet. De toute façon, il y a eu sur la vingtaine de dossiers déclarés, trois qui ont été retenus, trois duos. Et ce duo-là a été confirmé par la Cour constitutionnelle qui a publié ce lundi la liste définitive des candidats à la présidentielle du 11 avril prochain dans votre pays le Bénin. Que reste-t-il à l’opposition pour se faire entendre.

Madame, je voudrais rappeler que la pièce qui nous manquait dans nos dossiers, c’était le parrainage détenu par la Mouvance présidentielle. Donc ce n’était pas de notre fait. Le président de la République a promis au peuple béninois que les élections seront festives, inclusives, pour la présidentielle. Nous l’avons cru sur parole.

Ce n’est pas le cas, et le dossier semble vidé puisque je vous le disais, la Cour constitutionnelle a publié la liste définitive. En deux mots, M. Koty, qu’est-ce que vous comptez faire aujourd’hui ? Que peut faire l’opposition béninoise aujourd’hui ?

Alors, Madame, il n’est jamais trop tard de bien faire. Je pense que tous les regards sont tournés vers le président de la République parce je dis, la Cour constitutionnelle a manqué une très belle occasion de se racheter. Elle aurait pu dire le droit et aujourd’hui, nous tous nous serons en train de louer notre démocratie. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Tous les regards sont tournés vers le président de la République qui est le premier magistrat et le père de la Nation. Nous lui demandons tout simplement de ramener la balle à terre, de nous appeler, de discuter avec nous, de faire en sorte que l’élection, pour une fois, depuis 2016, que l’élection présidentielle de 2021 soit une élection inclusive, festive comme il l’a promis pour que nous puissions ne jamais oublier cette période dure qu’on est en train de traverser mais en bien.

 

Transcription JB

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