Adhésion à la mouvance: Golou, la reddition

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Emmanuel Golou et ce qui lui reste du Parti social-démocrate (Psd) ont jeté depuis mercredi 24 février 2021, leur dévolu sur le parti Bloc républicain (Br). Un acte assimilable à une abjection notoire, quand on se remémore tous les affrontements et démêlés judiciaires entre ce même Emmanuel Golou et Clément Ebo appuyé par Bruno Amoussou, dans le seul intérêt de ne pas faire rallier le Psd originel à la mouvance actuelle.

    

C’est officiel ! Emmanuel Golou a désormais opté pour le Cheval cabré.  Et il n’est pas le seul à faire ce choix, à cette orée de l’élection présidentielle. A l’instar de sa personne, il engage également la coquille qui lui reste du Psd, au sein du Br. Coquille puisque, ténors et militants du parti ont, dans la plupart des cas, rejoint la mouvance, depuis bientôt cinq ans. Certes, Emmanuel Golou est libre de faire son choix. Mais, quand on jette un coup d’œil dans le rétroviseur, beaucoup d’actes et d’initiatives font de cette allégeance actuelle à la mouvance, une petitesse de décision qui contraste à nulle pareille, avec sa lutte récente. Car, durant près de cinq ans, l’homme a usé de toutes ses forces et de tous les moyens qui étaient à sa portée, dans le seul but de ne point franchir avec le Psd de départ, l’étape qu’il vient de franchir.

On s’en souvient…

En effet, en 2012, Emmanuel Golou, Président par intérim du Psd d’alors a été élu président du parti en 2015, au cours d’un congrès. Ceci, en succédant bien évidemment à Bruno Amoussou. En se retrouvant au Parlement, Bruno Amoussou avait laissé place donc à Emmanuel Golou élu aussi député mais non siégeant pour que ce dernier ait les coudées franches, pour préparer la présidentielle de 2016, au sein de l’alliance Union fait la nation (Un). Seulement, c’était sans compter sur les candidatures de Patrice Talon et de Sébastien Ajavon. Lesquelles candidatures ont, en son temps, noyé le rêve d’Emmanuel Golou qui se voyait déjà candidat unique de ce grand regroupement de l’Opposition, bien qu’étant lâché par les Tchoco-Tchoco d’Adrien Houngbédji. Dans la foulée, Bruno Amoussou avait appelé de façon astucieuse, les militants de l’Un donc du Psd, à choisir entre Patrice Talon et Sébastien Ajavon. Une décision qui s’est révélée comme un acte de trahison pour Emmanuel Golou, de la part de son ancien cicérone. En prenant donc ses distances d’avec Bruno Amoussou créant une crise entre les deux personnalités, l’ancien Ministre de l’énergie s’était finalement agrippé avec le parti, à Sébastien Ajavon. Malheureusement pour lui car, c’est Patrice Talon qui fût élu. Alors que ce dernier avait visiblement besoin de partis soutiens pour faire passer ses reformes bloquées au Parlement, l’idée de fondre les partis en de grands rassemblements politiques est donc née et d’ailleurs justifiée par la nouvelle Charte des partis politiques. Etant devenu un cacique et très proche de Patrice Talon, Bruno Amoussou revient à la charge, pour réclamer à Emmanuel Golou la paternité du parti Psd. Alors que les fidèles de ce dernier projetaient l’organisation d’un congrès extraordinaire, d’autres militants du même Psd assidus par contre au ‘’Renard de Djoakotomey’’ crient à la mauvaise gestion d’Emmanuel Golou comme ce fût aussi le cas à la Renaissance du Bénin (Rb) et demandent de ce fait, le report du congrès. Ils devancent dès lors le groupe d’Emmanuel Golou, en organisant un Conseil national à l’issu duquel, l’ancien député a simplement été destitué et remplacé par Clément Ebo, président par intérim. Pour totalement affaiblir Emmanuel Golou, les congressistes saisissent un juge et obtiennent par ricochet, l’interdiction du congrès extraordinaire annoncé par Emmanuel Golou et Cie. En faisant fi de cette décision, Emmanuel Golou contre-attaque et organise à son tour son congrès, au grand dam du Conseil national et de ses vis-à-vis. Au cours de ce congrès, l’homme est reconduit Président du parti. Mais, c’était sans voir venir la témérité du camp Amoussou qui organise aussi un congrès extraordinaire pour entériner la destitution d’Emmanuel Golou et confirmer Clément Ebo. Mieux ou pire, en saisissant le Ministre de l’intérieur, les Hommes de Bruno Amoussou ressortent confortés par une correspondance de Sacca Lafia qui ne reconnait plus la légitimité d’Emmanuel Golou, à la tête du parti. Autrement, Clément Ebo devient aux yeux des autorités, le seul responsable reconnu du Psd.

La justice avait aussi dégonflé Golou…

Portant ainsi le dossier devant le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou après sa défaite du côté administratif, Emmanuel Golou a vu son illusion se poursuivre. Car, par le truchement d’une décision rendue en  septembre 2018 par cette juridiction, Clément Ebo est confirmé unique et vrai président du parti. En ne décolérant pas, Emmanuel Golou va à nouveau tenter un autre coup. Celui de faire appel de ce verdict rendu en première instance. A ce niveau également, un nouvel échec. En d’autres termes et ce en juillet 2019, Emmanuel Golou a été débouté par le juge de la Cour d’appel de Cotonou, toujours au profit de Clément Ebo, épaulé par Bruno Amoussou. Le parti étant déjà confondu à l’Union progressiste (Up), la cour par cet acte confirmait ainsi toutes les dispositions du jugement de septembre 2018, rendu en première instance.

Tout ça pour ça…

Nonobstant ces désillusions d’Emmanuel Golou dans tous les sens du terme, l’homme est semblé rester tenace. Ravivant son opposition à Bruno Amoussou et de ce fait à la mouvance, il a continué par garder ce qui lui restait de ce Psd déjà dépiauté, même s’il ne s’était pas ouvertement opposé à Patrice Talon. Ce qui était d’ailleurs compréhensible puisqu’il était toujours membre du parti de Sébastien Ajavon. En définitive, après avoir investi moyens financiers, énergie et temps, Emmanuel Golou en rejoignant le Br donc la mouvance, a décidé en quelque sorte de se dédire. D’autant plus que c’est pour ne pas en arriver à cette décision qu’il s’est battu pendant toutes ces années durant. Mais ça n’a duré que 4 ans. Se retrouvant désormais du côté de la mouvance présidentielle, l’homme a fini par capituler. En ravalant donc indirectement ses vomissures, il est à constater que l’ancien compagnon de Bruno Amoussou s’était vaillamment débattu pour un rien du tout. Encore que rien ne lui assure une place convenable, dans sa nouvelle maison politique.

 

J.G

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