Interdiction des sorties pédagogiques: On se fourvoie dans les décisions

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Les sorties pédagogiques interdites dans les départements de l’Atlantique et du Littoral. C’est l’une des décisions prises lors des travaux de la 2e réunion ordinaire de 2021 de la Conférence administrative départementale (Cad) de l’Atlantique et du Littoral. La raison évoquée, la recrudescence de la Covid-19.  Dans la journée d’hier, une note portant interdiction des sorties pédagogiques et excursions dans les collèges publics et privés a circulé, venant cette fois-ci du ministre de l’enseignement secondaire. Ici, ce n’est pas la recrudescence de la Covid-19, la cause majeure même si la note en parle. Dans la décision du ministère de l’enseignement secondaire, il est déploré que les sorties pédagogiques et les excursions s’organisent sur fond de pratiques amorales, immorales, traumatisantes et parfois à but mercantile. Des pratiques qui, selon le ministère, ont tendance à ruiner les parents d’élèves, à compromettre la sécurité et la santé des enfants surtout en cette période  de pandémie de coronavirus.

 

Outre le fait qu’une confusion s’installe entre l’autorité habilité à prendre une telle décision purement académique entre le préfet et le ministre de l’enseignement secondaire, le fait qu’on mette les sorties pédagogiques au même titre que les excursions pose problème. L’objectif d’une sortie pédagogique est purement académique et tient d’enseignement ad-hoc. Les sorties pédagogiques jouent un rôle majeur dans la formation. De ce fait, interdire les sorties pédagogiques porte un coup à la formation. C’est la formation même qui est interdite en partie, dans un pays où la qualité de l’enseignement fait polémique depuis un certain temps. En plus, ces sorties ont lieu, pour la plupart, aux heures de cours et souvent payées par l’établissement. Ce qui n’est pas la même chose que les excursions. Ensuite, La raison évoquée par le préfet, la recrudescence du coronavirus, bien que c’est une réalité qui appelle au respect des gestes barrières, pose aussi problème dans un contexte où les bus du Cous sont chargés telle la boîte de sardines. Quid des marchés qui s’animent, des séries de spectacles qui s’organisent, combien d’écoles disposent de dispositifs de lavage de mains ? En quoi les sorties pédagogiques, qui font partie des unités d’enseignement, sont plus risquées que les foules que drainent les maisons de loterie, les bus ‘’tokpa-tokpa’’ et autres ?

Alors que les cours ne sont pas suspendus, la recrudescence de la pandémie ne devrait pas amener les autorités à prendre des décisions sans analyser tous les contours. On peut être exigent sur le respect des gestes barrières lors de ces sorties pédagogiques. Mais cela suppose qu’on commence par le transport en commun des bus étudiants et autres.

 

M.M

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