Élections professionnelles: La Csa décrypte le processus et parle des défis

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La 3ème édition des élections professionnelles qui se sont déroulées ce dimanche, 24 janvier 2021, relève désormais du passé. Et la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) se projette déjà vers l’avenir. A la faveur d’un point de presse tenu ce mardi, 26 janvier 2021, à la Bourse du travail, le secrétaire général de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou, a fait un décryptage du processus électoral avant d’évoquer les défis que la confédération se doit désormais de relever pour mieux défendre les intérêts des travailleurs…

 

Dans son analyse qui s’intéresse à l’organisation du scrutin notamment du processus aux résultats, le Sg/Csa-Bénin reconnaît que la composition du comité électoral ainsi que son mode de fonctionnement constituent des éléments de fiabilisation du processus électoral. « Le choix du vote électronique est un élément nouveau dans notre pays. Ce choix a permis d’organiser un scrutin avec beaucoup moins de tracasseries et une célérité exceptionnelle dans la disponibilité des résultats qui jusque-là ne semblent pas avoir été contestés » a-t-il déclaré avant d’estimer toutefois que ledit mode de vote n’a pas favorisé la participation au scrutin, en baisse importante par rapport aux précédentes élections. Et de poursuivre « le niveau de développement technologique avec la qualité insuffisante de la connexion internet, la communication tardive et insuffisante de l’administration du travail expliquent également le peu d’engouement des électeurs pour l’évènement. Le manque de fermeté vis-à-vis de certains employeurs qui ont refusé de communiquer la liste du personnel ou qui l’ont délibérément fait de manière fantaisiste et inexploitable. Les dysfonctionnements dans la publication des listes et dans la prise en compte des demandes de correction. L’absence totale sur la liste électorale des travailleurs de nombreux services comme la police républicaine, les eaux et forêts, la métrologie, la sécurité privée, des collectivités territoriales etc. tous ces services et secteurs d’activités sont des réservoirs de militants pour la CSA-Bénin. La distance que prennent les travailleurs vis-à-vis de l’action syndicale peut également être citée. » Le secrétaire général de la Csa-Bénin évoque également la raison de la désaffection des travailleurs, “la polémique inutile et nuisible entretenue par une certaine organisation qui a tout le temps présenté le vote électronique comme le symbole de la volonté de fraude au profit des autres organisations syndicales mais qui n’a pas la décence aujourd’hui de présenter des excuses publiques aussi bien à l’autorité ministérielle qu’aux membres du comité électoral et à la CSA-Bénin“.

La Csa-Bénin : entre satisfaction et exploit!

Bien que l’exploit inédit de se positionner comme la première organisation syndicale représentative n’ait pas pu être réalisé, la Csa-Bénin a réalisé une performance très satisfaisante. « Les résultats sont très satisfaisants pour la CSA-Bénin qui réalise un score de 48,07% dans le secteur privé et parapublic et devient la seule organisation représentative dans ce secteur. Elle a ainsi amélioré de sept points ses performances de 2006 qui étaient de 41, 16%. Dans le secteur public la CSA-Bénin est passée à un taux de 16,55% en 2021 contre 11% en 2006. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement fiers d’avoir réalisé ainsi un taux de représentativité de 23,08% contre 18% en 2006…Nous sommes sur une pente ascendante et nous devons poursuivre les efforts », a lancé Anselme Amoussou. A l’en croire, la Csa-Bénin est la seule organisation en position de réclamer une représentativité appréciable aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé et parapublic. “C’est une organisation qui a la confiance des travailleurs des deux secteurs. Notre démarche rassure dans les deux secteurs. C’est un signe de maturité et de croissance“ se réjouit le leader syndical. Une victoire qui résulte, selon lui, des efforts de toutes les équipes de terrain et surtout de l’alliance avec la Centrale des syndicats engagés du Bénin (Cseb). Pour le secrétaire général de la Cseb, Martin Bakary, il s’agit d’une victoire méritée. Il a, par ailleurs, témoigné toute sa gratitude aux partenaires sociaux pour avoir témoigné leur confiance à la Csa-Bénin.

 Des défis à relever…

Entre autres défis qu’entend relever la Csa-Bénin, celui de la formation et de l’éducation ouvrière, le défi de l’autofinancement de l’action syndicale, le défi de la bonne gouvernance globale des organisations syndicales, le défi de la communication responsable et de la responsabilité. « Le syndicalisme doit rassurer le salarié et son employeur. Nous devons poursuivre notre action de promotion de dialogue social et de la négociation ; nous devons explorer toutes les voies d’innovation dans les stratégies de lutte… Nous prenons un engagement solennel de maintenir le cap et de ne pas renoncer à notre conviction…Nous nous battrons pour conserver et accroître un leadership authentique et sain » rassure Anselme Amoussou.

 

Aziz BADAROU 

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