Les leçons de vie à tirer de l’investiture de Joe BIDEN: « Savoir attendre en travaillant » et savoir accepter l’autre

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L’avènement de Joe BIDEN en tant 46ème Président des Etats Unis ce 20 janvier 2021, au-delà du fait qu’il s’agit d’un évènement politique majeur dans la vie d’un pays à la dimension des USA, il constitue également, deux grandes leçons de vie.

 

La première leçon est de « Savoir attendre en travaillant », et ne jamais perdre espoir. Malgré ses deux premiers échecs en 1987 et 2007 aux primaires démocrates, il n’a pas abdiqué, et cela a payé, la troisième fois en 2020. Malgré les drames familiaux qui l’ont durement secoué, avec leurs corollaires de chocs psychologiques et émotionnels, il a continué à avancer comme le recommandait le très respecté Martin Luther King « Si vous ne pouvez pas voler, alors courez ; si vous ne pouvez pas courir, alors marchez ; si vous ne pouvez pas marcher, alors rampez ; mais quoi que vous fassiez, vous devez continuer à avancer ». A un moment donné, il a hésité, il a voulu raccrocher, mais il a fini par rassembler toutes ses forces et faire comme Martin Luther King l’a dit, continuer à avancer malgré tout.

Et ce qui est important de savoir, c’est son sens du don de soi aux autres et à sa nation. Tout en avançant, il se donne entièrement et même en défendant ses opinions, il sait écouter les autres. Il sait leur donner de la place.

D’ailleurs, pour choisir son futur Vice-Président, OBAMA avait défini un critère fort important pour tout leader qui veut vraiment produire de la qualité. OBAMA disait « Je veux quelqu’un qui soit capable de mettre mes idées à l’épreuve et qui ne soit pas un simple béni oui-oui ».

Alors, en trouvant cette qualité chez Joe BIDEN, c’est dire que ce dernier a également le sens de la fermeté, au-delà de son loyalisme et de son sens d’ouverture.

C’est ainsi, entre autres, ce qui lui a valu une admiration du Président OBAMA qui a fait de lui son colistier en 2008 lors des campagnes électorales afin qu’il devienne effectivement son Vice-Président en 2009. Lui qui, pourtant totalisait déjà plus de 30 années d’expériences et qui avait à l’époque une avance de 19 ans d’âge sur OBAMA.

Il pouvait se dire que c’est son tour, il pouvait penser qu’à cet âge, il n’aura plus d’occasion pour émerger en restant à l’ombre de OBAMA. Mais non, il a accepté sa position et s’est donné à fond à son poste de Vice-Président, au point de développer une grande complicité avec le Président avait toute confiance en lui.

Il a mis tout son poids dans les négociations les plus difficiles aussi bien à l’intérieur, lors des votes de lois à controverses pour rallier, autant que faire se peut, les deux camps (démocrates et républicains), qu’à l’international dans les divers dossiers épineux où les USA avaient à ménager leurs intérêts et leur position de leader mondial. Ce qui a cimenté les relations entre les deux hommes. Joe BIDEN fut donc loyaliste jusqu’au bout. On se souviendra de la forte et vive émotion de OBAMA lors du décès de son fils BIDEN en 2015. De même, on se souviendra de comment OBAMA a fait vibrer BIDEN d’émotions, lorsqu’il lui remettait par surprise, la Médaille de la Liberté « Medal of Freedom », la plus haute décoration civile des Etats-Unis. Ce jour-là, Joe BIDEN, croyait assister simplement à un toast en l’honneur du personnel au moment où il devrait passer le témoin au nouveau Président Donald TRUMP, mais ce fut un pour un évènement inédit dans sa vie.

A l’occasion, OBAMA n’avait pas tari d’éloges à l’égard de son complice, Vice-Président. Il déclara, entre autres, « si vous n’arrivez pas à admirer Joe BIDEN en tant qu’être humain, vous avez un problème ».

Pourtant quand on fait un retour en arrière, on découvre qu’au départ les deux hommes avaient beaucoup de choses en opposition, notamment sur les idées et les politiques. Mais, comme Joe BIDEN l’a si bien dit ce 20 janvier 2021, « on peut être en désaccord, sans être en guerre ».

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Et c’est là, la seconde et grande leçons à tirer du parcours de Joe BIDEN. En fait, c’est, entre autres, une de ses motivations. Il était en désaccord avec OBAMA sur le plan politique, mais dès que le parti a choisi OBAMA, il s’est rangé. « On peut être en désaccord, sans être en guerre ». Cette citation a tout son sens aussi bien en politique que dans la vie en société. C’est pourquoi, je disais que Joe BIDEN est une leçon de vie. Il parlait ainsi, aussi bien aux partisans de TRUMP, notamment les extrémistes de son camp, mais c’était également un message à l’endroit de sa famille politique et à tout le peuple américain qui est traversé par des fractures de plus en plus prononcées. Fractures sociale (entre riches et pauvres), raciale (noirs et blancs), idéologique (républicains et démocrates), etc. C’est donc un appel à la réconciliation des Américains qu’il a de fait lancé.

C’est aussi une leçon pour toutes les démocraties, notamment africaines qui se cherchent des repères et qui dandinent par ces temps-ci.

Et au-delà d’un appel politique, c’est aussi un appel à la restauration de l’idéal du vivre ensemble. Un appel au respect de l’autre dans sa différence par rapport à nous.

C’est très important, car en matière de fractures, c’est aussi sous nos cieux, sous nos yeux. J’ai entendu récemment, et ce n’est pas la première fois des hommes publics stigmatiser des groupes ethniques dans notre propre pays. Ce qui est inadmissible.

Nous devons réapprendre à vivre ensemble sinon nous allons périr ensemble comme le disait Martin Luther-King « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

En somme, Joe BIDEN, invite le peuple américain à adopter une posture politique et sociétale de tolérance, d’antiracisme et d’anti-discrimination, car il est conscient, comme le soulignait, au 19ème siècle déjà, le Philosophe Henri Frédéric Amiel[1], que « Pour qu’une société ne croule pas, il faut un principe de cohésion, par conséquent une croyance commune, des principes admis et indiscutés que ne bouleverse pas chaque caprice de l’opinion du jour ».

Je pense vraiment que nous devons aller à l’école de Joe BIDEN.

[1] Henri-Frédéric Amiel (né le 27 septembre 1821 à Genève – mort le 11 mai 1881 dans la même ville) est un écrivain et philosophe suisse, auteur d’un journal intime exceptionnel tant par son volume (17 000 pages) que par la valeur et l’universalité de son message.

 

Darius VEGBA, 

Sociologue du développement, 

Administrateur de projets

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