Parrainage pour la présidentielle: Menace sur les députés et maires

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Selon les dispositions de l’article 44 nouveau de la Constitution, pour être acceptée, une candidature aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République doit recevoir l’accord d’un nombre minimal d’élus dans les conditions fixées par la loi. Le Code électoral a fixé ce nombre à 10% de l’ensemble des députés et maires. Ce qui fait 16 parrains pour un duo présidentiel. Dans un contexte où l’Assemblée nationale compte 82 députés tous issus des deux blocs de la Mouvance présidentielle, Union progressiste (Up) et Bloc républicain (Br), 70 communes sur 77 aux mains des mêmes blocs de la Mouvance, par quelle alchimie un duo candidat de l’opposition peut avoir 16 parrains ? A cette préoccupation majeure de l’Opposition au régime de la Rupture, de la Société civile comme du Béninois lambda, les thuriféraires du régime ne cessent de clamer que la présidentielle sera ouverte. Mais qu’en sera-t-il dans la réalité ?

 

Avec 82 députés, 70 maires sur 77, les deux blocs de la mouvance ont les cartes en mains. De sources bien introduites, ils comptent exploiter à fond cette carte, quitte à contrôler à leur profit le parrainage. La promesse d’élection ouverte ne serait alors que vaine. La preuve, le week-end dernier, les députés de la Mouvance ont été approchés par une autorité. Au cœur de la discussion, la gestion du parrainage. Les députés Up et Br ont reçu comme consigne qu’il ne leur revient pas de gérer le parrainage à leur guise. Quand ils vont choisir le duo candidat et remplir les fiches mises à leur disposition par la Céna, ils devront retourner ces fiches à leurs chefs de partis respectifs. Les députés Up devront retourner les fiches à Bruno Amoussou et ceux Br à Abdoulaye Bio Tchané. La requête est même suivie de menace. En effet, on leur a fait clairement comprendre que ceux d’entre-eux qui auraient refusé d’obtempérer, en ne remettant pas leurs fiches, doivent savoir qu’ils viennent de signer ainsi leur arrêt de mort politique. Voilà en réalité comment, les thuriféraires du régime comptent gérer le parrainage. Rien à voir avec la promesse d’une présidentielle ouverte qu’on ne cesse de servir à l’opinion publique nationale et internationale.

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Pourtant, le mercredi 21 octobre 2020, lors d’une séance au Parlement, la Commission électorale nationale autonome (Céna) a fait comprendre aux députés que nul besoin de se référer à son parti politique ou à une délibération d’un Conseil municipal ou communal pour le parrainage. Les formulaires de parrainage sont nominatifs, individuels et ne peuvent être cédés à autrui.

 

M.M

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