Exigences posées dans la perspectives de la présidentielle de 2021: Talon répond à l’Opposition et la Cadhp

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Conformément à l’article 72 de la Constitution béninoise, le président de la République, Patrice Talon, s’est rendu, mardi 29 décembre 2020, devant les députés à Porto-Novo pour son discours annuel sur l’état de la Nation. Le dernier du genre pour le mandat présidentiel, ce discours intervient à quelques cinq mois de l’élection présidentielle de 2021 qui suscite déjà assez de remous. D’aucuns parlent même de l’élection de toutes les incertitudes au regard des dispositions légales contestées qui régissent le processus. La question du parrainage institué dans le contexte d’une Assemblée nationale et des Conseils communaux dont la légitimité est remise en cause et quasiment acquis à la cause du Pouvoir en place, constitue une revendication ou exigence majeure. Sans occulter la question des libertés individuelles et collectives. Saisie de requêtes par des citoyens béninois, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp) a demandé  à l’Etat béninois de « prendre toutes les mesures afin d’abroger la loi n°2019-40 du 1er novembre 2019 portant modification de la loi n°90-032 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin et de se conformer au principe du consensus national édicté par l’article 10 (2) de la Charte Africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance pour toutes autres révisions constitutionnelles ». Ceci, « avant toute élection ». Dans le même d’idée, le collectif des partis de l’opposition béninoise et des acteurs de la société civile exigent que le verrou du parrainage des députés et/ou maires soit sauté, que la liste électorale soit auditée, la démocratie soit restaurée avant la présidentielle. La rallonge de 45 jours du mandat du président Talon pour des raisons d’organisation d’élections générales en 2026 constitue également l’autre exigence de l’opposition. Patrice Talon va-t-il saisir l’occasion de son message sur l’état de la Nation pour se prononcer officiellement sur ces exigences ? La question a fait l’objet d’un article par Matin Libre.

A y voir de près, en sacrifiant à cette tradition constitutionnelle et républicaine, le chef de l’Etat s’est subtilement prononcé sur ces exigences. « C’est grâce à ce nouvel état d’esprit que nous avons également entrepris de réformer notre système politique et que, malgré les heurts et les difficultés, nous sommes en passe de réussir ce challenge. C’est en effet avec ces nouvelles règles d’organisation des partis politiques et des compétitions électorales que les élections communales de mai 2020 ont eu lieu, favorisant une grande cohésion au sein des conseils communaux et augurant de fait, d’une plus grande qualité de l’action publique. Le prochain grand rendez-vous pour éprouver ces nouvelles règles, c’est la présidentielle d’avril 2021, à l’occasion de laquelle je ne doute pas que nos compatriotes auront le choix entre plusieurs projets de société. Ce sera alors la fête de la démocratie, plus que jamais au service du développement durable de notre cher pays. Il apparaît donc clairement que la Nation béninoise s’affirme, ose et réalise des prouesses au mérite commun de l’ensemble de notre peuple », a-t-il déclaré. En lisant entre les lignes, on peut constater que Patrice Talon, dans la logique des déclarations antérieures de son ministre porte-parole, Alain Orounla et d’autres thuriféraires, n’est pas prêt à satisfaire à de tels préalables avant l’organisation de la présidentielle d’Avril 2021. Il fonce droit et laisse comprendre que ce n’est qu’à l’aune de l’élection présidentielle, c’est-à-dire quand on aura éprouvé les textes en la matière, qu’on pourra apprécier s’il y a problèmes ou pas. Pour l’heure, pas question. Patrice Talon, scrutant l’horizon, voit même que la prochaine messe électorale sera « la fête de la démocratie ». Il soutient aussi que « nos compatriotes auront le choix entre plusieurs projets de société ». Donc l’exclusion que dénonce le camp d’en face n’en est pas une, à bien le suivre. L’opposition, la Cour africaine et les acteurs de la société civile qui attendaient depuis peu le président de la République sur ces préoccupations savent sans doute, depuis mardi, à quoi s’en tenir désormais.

 

Worou BORO

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