Carnet noir dans le monde de la musique traditionnelle: Ezin Gangnon désormais de l’autre côté de la vitrine musicale

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(Que compte faire le gouvernement avec ce gros silence ?)

 Comme une trainée de poudre la nouvelle s’est rependue la semaine écoulée. L’artiste,  compositeur, chanteur du Toba Hanyé n’est plus de ce monde. Pour l’heure les circonstances de son décès ne sont pas encore clairement élucidées mais tout compte fait, le roi du Toba Hanyé a tiré sa révérence. Du moins, c’est ce que l’on tient comme information au sein de l’opinion publique depuis jeudi 24 décembre 2020 et qui a été confirmée par le Ministre Jean Michel Abimbola à l’occasion du spectacle entrant dans le cadre de l’exécution du projet ‘’2Apac’’ à Africa Sound City. La première autorité de la culture, pendant l’entretient qu’il a accordé à la presse vers la fin du concert, en a profité pour adresser ses condoléances à la famille éplorée ainsi qu’au monde artistique en général. « Il faut reconnaître qu’un grand homme est tombé. C’est un monument de la musique anthologique béninoise qui vient de tomber. Dès que nous avions appris qu’il était souffrant, nous avions enclenché  des procédures internes ainsi qu’au niveau du Bureau béninois des droits d’auteurs, BuBedra, au Fonds des arts et de la culture afin d’assister sa famille.  Mais hélas c’était le rendez-vous avec la faucheuse. L’artiste ne meurt jamais »,   s’en attriste l’autorité ministérielle avant de dire ses hommages à l’endroit de l’illustre disparu ». Natif de Codji dans l’arrondissement de Kpataba à Savalou, Ezin Gangnon était menuisier de formation. Il est marié et père de plusieurs enfants dont il a passé la main à l’un d’entre eux sous le nom d’artiste de Adissô (l’enfant assure la relève du père). « Depuis bientôt sept ans, Ezin Gangnon ne montait plus sur scène à cause d’un défaut d’articulation dû à la maladie. Après Alokpon, Alèdo, Ezin Gangnon est la troisième figure de proue de la musique traditionnelle Mahi à tirer sa révérence ».

Ce monument mérite également des hommages de taille….

Avec le vaste silence qui plane autour de l’annonce de son décès, les mélomanes et fans craignent de voir une icône de cette envergure inhumée sans tambour ni trompette alors qu’il aura tout donné pour cette nation béninoise en matière de création artistique. L’inhumation d’Ezin Gangnon ne doit pas se passer comme ce fut le cas d’un certain nombre d’artistes récemment fauchés et dont nous préférons taire les noms au risque de remuer du couteau dans des plaies toutes béantes. Tout comme son alter-ego feu Alexandre Houndéfo alias ‘’Alokpon’’, le roi du Tchingounmin, le rossignole Ezin Gangnon a aussi le droit de jouir d’un hommage pompeux pour ce qu’il a été pour la musique traditionnelle béninoise. Et déjà, comme à l’accoutumée le ministère en charge de la culture, à grand renfort médiatique,  doit dépêcher une délégation pour aller rendre visite à la famille éplorée. Ce serait un début rassurant qui pourrait lever toute équivoque sur l’inhumation qui se passe souvent sous un silence coupable.

Teddy G.      

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