Célébration de l’an 1 du projet ‘’Clav’Délire’’: La folie des notes dans une création musicale de laboratoire

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 (Du bémol pour les esprits conservateurs)

La soirée spectacle consacrée à la célébration du premier anniversaire du projet musical dénommé ‘’Clav’Délire’’ s’est déroulée dans les murs de l’espace culturel Arttistik Africa, dimanche 20 décembre 2020. Cette initiative de Claver Fandohan interpelle sur l’universalité de la culture des peuples.  

 

‘’Clav’Délire’’ est une initiative portée par le jeune musicien batteur et percussionniste Claver Fandohan. Son objectif  est de donner la preuve au monde entier que le principe de l’inter-culturalité  peut se loger dans toutes les dimensions de la pratique des arts et de la culture des peuples. Et c’est à juste titre ce que le jeune batteur pétri de talent  et toute l’équipe de musiciens de renom qui l’a assisté sur ce projet ont vite compris. ‘’Clav’Délire’’ n’est rien d’autre qu’un concept qui a voulu mettre en relief les musiques d’inspiration traditionnelle du Bénin sur des notes et harmonies des instruments typiquement modernes. A cet effet, Claver Fandohan a eu par exemple, l’ingéniosité de faire une transposition du Zinli royal d’Abomey sur les sonorités de la batterie. C’est-à-dire qu’il a réussi à jouer en live et entièrement ce rythme, uniquement, sur la batterie et a pu obtenir dans une approximation étanche, les mêmes sonorités et fréquences des percussions que l’on retrouve habituellement sur ce rythme auquel le public béninois est habitué lorsque les grandes voix de la musique traditionnelle tel que Alèkpéhanhou l’exécutent. Ce qui a donné droit aux tympans venus vivre les manifestations, de savourer l’immensité de l’artiste et le fruit de sa créativité expérimentale. Le génie de Claver avec le concours de son acolyte Gérard Ahémandji, le directeur général de la production, l’a conduit à faire pareil pour les rythmes Tèkè, Sakpata pour ne citer que ceux-là. A travers la batterie, Claver Fandohan, à lui seul, a joué le rôle de plus de dix personnes sur le rythme Zinli. Et c’est là tout le pesant d’or du travail de recherche musical. Réduire le nombre impressionnant des joueurs d’instrument basique des rythmes traditionnels à une seule personne. Ce que présente déjà une première clé d’exportation des rythmes traditionnels qui d’habitude regroupaient déjà trop d’acteurs sur la scène. Un véritable cocktail de musiques de laboratoire qui a servi à communiquer une chaleureuse joie lors de cette soirée au cours de laquelle se célébrait l’an 1 du projet.  Ce travail laborieux est assorti d’un album intitulé ‘’Clav’Délire’’ sur lequel l’on peut visualiser treize(13) belles captations des étapes phares de la réalisation du projet et une dizaine d’audio aussi croustillants les uns que les autres.

Décryptage… 

 Il y a que cette belle production, cette approche musicale présentée au public, pour l’heure, laisse encore les oreilles averties sinon conservatrices sur leur soif. Le travail de laboratoire qui est fait a le mérite de faire sortir la corrélation entre les rythmes et les pas de danse. C’est-à-dire l’accent a été beaucoup plus mis sur le dialogue entre la rythmique et la danse. Mais en ce qui concerne la résonnance des caisses alignées sur la scène, le rendu exact du timbre et de la fréquence sonore ne s’est pas encore fait remarquer de manière identique par rapport aux percussions originelles des rythmes tel que le Kpézin par exemple (Tambour principal à résonnance basique du Zinli). Et si le travail de recherche peut être affuté sur cet aspect de la chose, Claver et les siens feront définitivement jaillir une lumière inédite sur les rythmes traditionnels du Bénin qui peuvent se jouer désormais partout avec une résonnance identique, suscitant les mêmes émotions et frissons,  mais seulement avec deux personnes comme trente sur la scène.

 

Teddy GANDIGBE    

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