Gérard Ahémadji à propos de ‘’Clav’délire’’: « On attend 20 Décembre pour célébrer 1an de productions Live »

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Artisttik Africa va accueillir le plus grand événement de l’année le dimanche prochain. C’est la soirée de célébration du 1er anniversaire de production de Clav’délire par 2M Production que dirige Gérard Ahémadji. Projection des différents numéros de Clav’délire, concert live et partage de coffrets sont prévus pour marquer d’une pierre blanche le premier anniversaire d’une aventure musicale qui a démarré depuis 2019. Dans cette interview, Gérard Ahémadji qui l’a initié avec son alter-ego Claver, revient sur les motivations dudit projet, les défis, les succès et les perspectives. Lisez.

Matin libre : Qui êtes-vous dans l’univers artistique au Bénin ?

Gérard Ahémadji : On m’appelle Gérard Ahémadji. Je suis Artiste musicien, Chanteur, Batteur, Percussionniste C.O du groupe de Musique de Jazz Afro-Scientifique SENOU FREE SOUND, arrangeur, Ingénieur de son et PDG du label 2MProd. Je ne suis pas venu à la musique car je suis né dans une famille de musiciens. Je suis peut-être le premier qui en a fait véritablement un métier en faisant une formation diplômante avec un Cap, un Dt en musique puis le conservatoire de musique en Europe. Bref une carrière. Vous pouvez retenir aussi que je suis actuellement le secrétaire à la communication de l’actuel bureau de la Faaben ainsi que le secrétaire général de l’Afa (Association Fréquence Audio) qui regroupe les studios d’enregistrement au Bénin.

Aujourd’hui vous êtes promoteur de 2M production. Quelle en est la genèse ?

Oui. Je suis Promoteur et Pdg du Label 2M Productions, qui est une maison de production disposant d’un studio d’enregistrement Live, une salle de répétition, une entité de formation et de vente d’instrument de musique ainsi que de leur maintenance. En effet, très tôt, j’ai embrassé la musique dans tous ses aspects. Je veux dire, qu’en étant musicien, j’intervenais non seulement sur les scènes mais également dans les studios. J’ai été au prime abord initié au solfège par un Abbé catholique, Abbé Lawson Saturnin Anani, actuel curé de la paroisse Sainte Thérèse de Godomey qui tout de suite a vu un potentiel en moi et m’a pris avec lui en me transmettant pour le mieux, toutes ses expériences en musique. C’est donc lui qui m’a initié au software avec le logiciel de musique Cubase Vst 4. C’est d’ailleurs lui qui après mon Bac et mon Bts en informatique Industrielle et maintenance m’a confié à feu Magloire Ahehehinnou pour mieux comprendre les rouages du son en studio de production dans son studio Sésame Promuse. J’ai donc commencé réellement le métier du son dans le studio Sésame Promuse et le son de la scène avec Alfred Dagba alias Kabila. Après avoir travaillé des années dans beaucoup de studio de la place, Média Production …etc., j’ai décidé de créer ma propre structure en 2010 après un an de production de la série héritage de Francis Zossou dans sa structure Afrique Image Production. J’ai donc démarré réellement en 2010.

Quelles sont les grandes productions à l’actif de 2M Prod depuis sa naissance ?

Très tôt, j’ai fait de mon studio, un studio de référence ce qui m’a permis de faire beaucoup de collaboration avec d’autres studios qui avaient besoin du plateau technique et de mes expériences. Car mon studio à cette particularité d’être un studio Live où, ce n’est pas un seul musicien qui s’assoir et qui fait tout mais plutôt un collège d’instrumentistes chacun meilleur dans sa catégorie qui participe à la réalisation d’une œuvre de qualité et hautement professionnel. Je suis donc intervenu sur plusieurs projets dont j’ignore même les noms. Ce qu’il faudra retenir à mon actif en tant que production dont je suis fier à la date d’aujourd’hui est essentiellement la production du Projet Clav’délire pour ne citer que ça.

À propos de clav’délire, quelles en sont les motivations ?

À propos de Clav’délire, il s’agit d’abord d’une collaboration avec l’atelier de batterie Claver Drum Class de Mr Claver Décimus Fandohan et de la maison de production 2M Productions pour élaborer, concevoir et produire en premier lieu des exercices, rudiments et astuces aux batteurs et percussionnistes et aux instrumentistes en général. C’est d’abord et avant tout une production qui vise à rehausser le niveau musical des musiciens béninois. C’est aussi une production qui vient donner une place de choix  à la création d’œuvre originale. C’est une première expérience qui s’étendra aux autres valeurs de la musique béninoise en particulier. En effet, 2M Prod prend sous sa gouverne le musicien Claver pour le révéler au monde dans une grosse production dénommé Clav’délire. Clav’délire signifie simplement les délires  de Claver. C’est donc de l’inédit, c’est délirant. Nous tournons et montons nos vidéos avec un téléphone portable n’est-ce pas délirant? Nous travaillons de jours comme de nuit sans désemparer. Bref, c’est un projet de dépassement de soi, dépasser des limites inimaginables qu’on ne peut affranchir en étant (normal).

 

Une production mensuelle est un énorme investissement. Comment faites-vous pour relever le défi ?

C’est vrai que la production de Clav’délire est un vrai challenge, un grand défis qui demande beaucoup de moyens. En choisissant de sortir un numéro chaque 15 du mois, cela mobilise pratiquement toutes les ressources de la maison de production pour concrétiser cette vision et cette programmation.  Nous faisons du mieux avec les moyens dont nous disposons. Il nous arrive parfois de trouver juste le déplacement pour les intervenants, je veux dire les collaborateurs à un numéro donné.  C’est d’ailleurs le lieu de remercier GANGAN Production du Conseiller Claude Balogoun qui nous  a accompagnés pour la réalisation des vidéos de quelques numéros.  C’est aussi pour  moi l’occasion de remercier tous ces musiciens et artistes, têtes d’affiche qui acceptent gracieusement accompagner ce projet vu le défis et ce qu’il apporte pour le rayonnement du Bénin, musical et culturel sur le plan national et international. C’est aussi le lieu de faire comprendre que ce n’est pas parce que nous sommes riches que nous le faisons mais parce que nous aimons ce que nous faisons puisque nous sommes des musiciens dans le sang. Un appel est aussi lancé à toute personne ou structure désireuse d’accompagner ce projet d’une manière ou d’une autre car cela  constitue désormais  une fierté Nationale.

En un an de production de clav’délire, quels sont les grands noms d’artistes qui se sont produits dans le studio 2M Prod ?

En un an de production, nous avons  fait découvrir de nouveaux  visages de la musique béninoise mais aussi, nous avons eu des collaborations d’artistes musiciens  confirmés  tels que: Fifi Finder, Lolo Assouramou, Belmond Z, MAgloire Ahouandjinou, Baruc, Denis Odjo, Yves Gnonlonfoun, Elisée Fandohan, Sodjinou Jean, Atacora Sondakou pour ne citer que ceux-là et bientôt beaucoup d’autres dans nos prochains numéros.

Quelle est la plus-value que clav’délire apporte à la musique béninoise ?

Aujourd’hui la production de Clav’délire apporte beaucoup à l’échiquier musical béninois. Nous faisons un travail de recherche et surtout une combinaison des rythmes traditionnels béninois dans des styles musicaux qui ont déjà eu  du succès pour créer une brèche à notre identité musicale dans le monde. Nous avons mélangé par exemple, le Adja avec le Reggae, le Zinli accompagné avec les chants traditionnel en harmonie avec des instruments modernes. Nous avons fait le têkè un rythme du Nord bénin dans ce même registre.  Nous avons produit la salsa avec nos percussions traditionnelles (sihoun, gota). Bref,  Il suffira juste d’aller visiter notre chaîne YouTube Clav’délire drum  pour vous rendre à l’évidence de l’intérêt que les gens portent à ce projet. C’est d’ailleurs la seule production de qualité qui a plus d’audience aujourd’hui au Bénin dans une atmosphère très spéciale pour tous les musiciens. Nous avons compris aussi que ce n’est plus seulement les instrumentistes qui s’intéressent à notre production mais plutôt toute la population. Nos productions sont jouées dans les ménages, les bars, buvettes et lieux publiques… Partout. Les gens nous écrivent de par le monde pour nous féliciter. Il suffit d’aller voir les commentaires sur les réseaux sociaux, sur la page facebook  clav’délire du projet pour vous en convaincre.

Est-ce votre manière de toucher l’une des plaies de la musique Béninoise ?

Huummmm! Vous ne pouvez pas dire mieux. Pour moi personnellement, il n’y a pas de musique béninoise proprement dite. C’est feu Stanislas Tohon qui a essayé par le passé mais qui n’a pas su mener peut-être à bien.

Car pour moi aujourd’hui, la vraie musique identitaire béninoise demeure le Tchink. Mais, nous travaillons aujourd’hui à montrer le chemin à cette génération et à laisser  de  la matière pour la génération future  car jusqu’à maintenant, certains pensent et estiment que c’est la musique venue d’ailleurs qui est la meilleure. Ce qui est totalement faux. Nous, nous avons exploré les musiques étrangères dont on parle et nous nous sommes rendu compte que le meilleur est encore chez-nous. Raison pour laquelle j’ai décidé d’installer ma maison de production au Bénin afin de participer à ma manière à relever ce défi. Il est temps que nous, musiciens, sachions qu’il faille mettre désormais nos connaissances, nos compétences et toutes nos recherches au service d’une réelle musique béninoise à tout point de vue car je constate que nous continuons à jouer excellemment la musique des autres alors qu’il nous est  impossible de travailler nos chansons et nos rythmes traditionnels de manière à pouvoir les rendre plus digestes, plus originaux, plus professionnels et plus exportables. Bref, c’est mon combat

 

TG

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