Syndicalisme sous la Rupture: Le Sg/Cgtb défend la restriction du droit de grève

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L’arme principale de revendication des organisations syndicales qu’est la grève ne peut plus être exercée comme autrefois. Et ce, en raison de nouvelles dispositions légales n’autorisant que 10 jours de cessation de travail par an. Si des voix s’élèvent pour dénoncer des actes visant à affaiblir l’action syndicale, le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), Moudachirou Bachabi n’y voit pas grand danger. Rien d’anormal, selon le syndicaliste qui justifie sa position dans un entretien accordé au quotidien Fraternité.

 

“Ce n’est pas une restriction. Il s’agit simplement d’un encadrement et cet encadrement est universellement reconnu. Aucun pays au monde ne laisse une liberté s’exercer selon le bon vouloir des citoyens. Donc le droit de grève a fait l’objet d’un encadrement et je voudrais faire constater que, même l’organisation internationale du travail n’a pas osé légiférer sur la question. On fait des recommandations, on conventions. Ils ont juste donné des directives, des orientations pour dire aux gens, que cette liberté doit pouvoir s’exprimer à travers la liberté d’association et la liberté de manifestation mais vous ne trouverez aucun texte du Bit qui règlemente le droit de grève. C’est dire que c’est une conscience internationale, qui a voulu que ce droit fasse objet d’un encadrement. Même la dernière loi sous l’emprise de laquelle l’on pense qu’il y avait plus de marge de manœuvre, était aussi le résultat d’un encadrement. Mieux, tous les juristes savent de par le monde que quel que soit le degré de démocratie, un texte de loi reste toujours le résultat d’un rapport de force spontané. Les rapports de force sont défavorables à la classe ouvrière, et ça ne peut que donner cet encadrement qui semble être corsé. Encore que là, si les fondamentaux du mouvement syndical sont mis en œuvre, ce texte-là permet encore d’engranger de bons résultats. Parce que autoriser les gens à faire une grève, à en faire jusqu’à 10 jours dans une année, je crois si que les organisations syndicales étaient ancrées dans la communauté cela est possible. Si elles avaient choisi de faire une bonne gestion de l’implémentation de la grève, forcément aucun gouvernement ne pourra résister. Nous savons très bien que si le dialogue social se restructure de façon à servir véritablement les intérêts des travailleurs, il n’y a pas de raison que même le texte, en l’état, puisse être exploité au mieux des intérêts des travailleurs. Je voudrais dire pour clore ce chapitre que nous assistons aujourd’hui à un conflit d’intérêt parce que vous savez très bien qu’il y a une confédération qui revendique être le prolongement d’un parti politique au sein des travailleurs. Donc lorsque vous êtes dans un dialogue avec des acteurs politiques, la confusion est vite installée. On a le sentiment, qu’on a en face de soi des politiques et vous voyez, en ce moment-là, le dialogue social se brouille, ce n’est pas le fait d’avoir le courant politique qui est le problème mais c’est de revendiquer ça comme un projet au profit des travailleurs et d’y travailler tous les jours“ a-t-il affirmé dans les colonnes du journal Fraternité. Une réaction qui laisse perplexe plus d’un.

A.B

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