Moudachirou Bachabi à propos des élections professionnelles: “La Cgtb prépare ces élections de façon sereine’’

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(Des centrales proches du gouvernement favorisées ? Le Sg/Cgtb réplique…)

Encore quelques jours et les partenaires sociaux seront appelés à voter pour la centrale syndicale la plus représentative. Ceci, au cours des élections professionnelles. Et pour le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), Moudachirou Bachabi, la confédération s’active de façon sereine.

 

« La Cgtb prépare ces élections de façon sereine. Mais espère qu’au terme du processus, nous aurions eu une élection assez transparente, crédible, et que le suffrage exprimé sera un suffrage pur. Je dis pur parce qu’en 2006, l’année à laquelle remonte la deuxième édition, nous avions assisté à un suffrage qui n’était pas forcément celui des travailleurs. A un moment donné, on a ouvert ce vote à des gens qui ne devraient pas être inscrits sur la liste électorale. Ceci a donné lieu à ce que nous savons et cette fois-ci, à en croire les organisateurs, on veillera d’abord à une liste électorale sécurisée. Et ne pourront avoir accès à ce vote, que ceux y sont inscrits. Cela nous permet d’espérer que nous aurons, au terme du scrutin, des résultats issus du choix opéré par les travailleurs. Du point de vue stratégique pour les organisations syndicales, c’est un rendez-vous important, puisque ce rendez-vous permet de jauger leur représentativité au plan social. Cela donne une certaine légitimité au dialogue. Et forcément à son impact sur ledit dialogue pour les 5 années à venir notamment en ce qui concerne l’efficacité de l’action syndicale pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des militants“ a confié le Sg/Cgtb dans les colonnes du quotidien Fraternité.

Des centrales proches du gouvernement favorisées ? Le Sg/Cgtb réplique…

“…Je ne sais pas dans quel Etat les partenaires se jettent la pierre. Ce qu’ils font, c’est qu’ils échangent, s’épaulent, se font des concessions pour faire progresser le champ dans lequel ils agissent. Si le fait d’écouter le gouvernement, de faire des concessions selon les règles syndicales est taxé d’appartenance à un gouvernement, je crois que c’est juste des propos propagandistes.

Mais quand on regarde un peu le dispositif que nous avons, l’action syndicale n’est efficace que lorsqu’on engrange des résultats au profit des travailleurs. Qu’on ne le veuille ou pas, les organisations qu’on taxe à tort d’être proches du gouvernement peuvent aujourd’hui dire : « Nous avons un bilan ». Parce que tout ce que nous avons fait avec le gouvernement dans le cadre du dialogue prévu par les textes, nous avons des résultats qu’on peut exhiber. Mais une organisation syndicale ne peut pas se muer en opposition à un système. Elle combat le système avec les instruments légaux. Et si dans ce combat, le système vole aux éclats, cela va être une conséquence de son entêtement ou de son incapacité à régler les problèmes.

Mais l’objectif d’une organisation syndicale ne peut pas être de déloger le politique de sa position. Donc, nous sommes encore fiers de cette façon de fonctionner. De ce que les organisations qui nous taxent d’appartenir au gouvernement aient réussi à faire renvoyer au moins 300 agents pour lesquels nous nous battons en vue de leur réintégration. Si l’action syndicale est d’amener les gens dans le trou, il y a donc un problème. On sait qu’il est possible de marquer des pauses, et d’obtenir des résultats, et reconstruire les rapports de force pour obtenir plus que cela. Elles n’ont rien de tout cela. Elles n’ont pas réussi à faire en sorte que la population les accepte dans leur logique. On a donné l’impression à la population que les travailleurs sont des égoïstes, c’est-à-dire, tout pour eux et rien pour les autres. Alors que notre fonction sociale nous impose de tenir compte de la communauté à laquelle nous appartenons.

Quand vous faites l’analyse de nos revendications, nos populations ne s’y retrouvent pas du tout. Quel est ce pays où le monde va produire, et une catégorie dit qu’elle veut les fruits de cette production, tant pis pour les autres. Cet état de chose nous a amené à isoler le mouvement syndical de la population. Ce qui a fait que notre fonction sociale qui devait être connectée avec la spontanéité des autres a été délaissée. Voilà là où nous en sommes. Quand nous finissions d’obtenir des résultats de nos revendications, nous ne regardons pas l’impact social de cette revendication. Et quand nous recadrons cela pour discuter avec le gouvernement, on nous taxe de corrompu. Qu’ont apporté ceux qui nous taxent d’être proches du gouvernement ? Faisons donc le bilan. Ils ont eu le lead de l’action syndicale depuis 2001.

Et en 2020, ils nous gratifient en faisant renvoyer bêtement de leurs emplois, 305 agents que nous regrettons aujourd’hui. Parce qu’on leur a dit que l’évaluation diagnostique pour le système de l’enseignement est une évaluation illégale. Je confirme que cette évaluation est légale, sauf que la procédure était illégale, et quand je fais le parallèle entre ce qu’il y a dans le contenu de la cuillère, et ce qu’il y a au dos de la cuillère, je préfère sauver l’emploi.

C’est ce que nous avons fait en suggérant aux enseignants d’aller composer. Ils nous ont combattus sur le terrain et aujourd’hui nous avons des collègues qui sont dans le pétrin du fait de ce discours suicidaire. On ne veut plus faire la promotion d’un tel discours. C’est pour cela que les travailleurs doivent prendre leur destin en mains et essayer un autre leadership syndical à partir de ces élections professionnelles. Le mandat est de 5 ans. Après les cinq (5) ans, si le leadership qu’on leur propose ne fonctionne pas, on peut revenir là-dessus. Mais ceux qui l’ont détenu pendant plus de 15 ans n’ont rien apporté. Ces élections professionnelles ne doivent pas servir à faire la promotion d’un individu. Ce sont des élections pour conquérir des sièges et quand je dis des sièges, ça veut dire que ce ne sera jamais occupé par une seule personne. C’est une équipe, c’est une organisation. Donc, il ne s’agit pas pour les gens d’aller plébisciter un Secrétaire général. Il faut choisir parmi les organisations, celles où on fait la promotion de certaines valeurs en termes d’éducation, de comportement, de tempérament.

Parce-que nous n’allons pas recommencer après ces élections à former des brigades où les gens achètent les lanières pour contraindre les travailleurs à aller en grève. La liberté d’action doit amener les organisations à faire l’éducation qu’il faut, sensibiliser les gens. Donc pour nous, il faut faire l’expérience d’un nouveau leadership syndical qui est incarné par la rigueur dans le dialogue, la courtoisie dans l’argumentaire et le respect mutuel parce que c’est ça qui fonde ce qu’on appelle partenariat social et au niveau syndical, le partenaire social reste encore quelqu’un qu’il faut respecter“, se défend Moudachirou Bachabi.

 

A.B

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