Dernier survivant de la traite négrière transatlantique: Budal Gie célèbre Cudjo Oluale Kossola Lewis

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Le Bureau de développement Afrik’Alabama (Budal Gie) célèbre une figure historique de l’esclavage. Dernier survivant de la traite négrière transatlantique, le béninois Cudjo Oluale Kossola Lewis, originaire de la commune de Bantè, a été déporté aux Etats-Unis avant de devenir citoyen américain. Près d’un siècle après son décès, Budal Gie a décidé de lui rendre hommage à travers des manifestations prévues du 10 au 11 décembre 2020.

 

Ce jeudi, 10 décembre 2020, dans la salle Vip du ministère de la culture, une conférence internationale a été organisée pour rendre un vibrant hommage au brave et héroïque fils de Bantè (département des collines), Cudjo Oluale Kossola Lewis, déporté en tant qu’esclave en Amérique. Décédé le 26 juillet 1935 à l’âge estimé de 94 ans, cet ancien esclave est présenté comme le dernier survivant du dernier navire négrier à entrer aux Etats-Unis (navire “Clotilde“). Une histoire qu’entend fait remémorer à la jeune génération, les initiateurs de la présente conférence internationale. A en croire la présidente de Budal Gie, Anick Santos, la traversée n’a pas été facile quand bien même il faut se réjouir de la tenue effective de ce rendez-vous historique. Pour elle, il est désormais question de célébrer annuellement, l’aïeul  Cudjo Oluale Kossola Lewis afin de perpétuer l’histoire et honorer la mémoire de l’un des pères fondateurs de la communauté Africatown à Alabama aux Etats-Unis. Africatown est aujourd’hui un véritable morceau de l’Afrique de l’Ouest à Alabama, ville où Cudjo Oluale Kossola Lewis passera le reste de sa vie. Très ému par tout ce qui se fait pour honorer ce fils du département des Collines, le représentant du maire de la commune de Bantè, Innocent Kocou Akobi se dit honoré à travers son aïeul qui représente toute une communauté déportée lors de la traite négrière. Il s’est, par ailleurs, acquitté d’un devoir de reconnaissance à l’endroit des membres du Budal Gie pour avoir entrepris de réécrire l’histoire en célébrant un grand homme qui a vécu des moments très douloureux. Pour lui, il s’agit d’une initiative qui permettra la reconstruction des familles séparées depuis de longues dates, la reconnexion des afro-américains. Tout en se disant convaincu de l’attachement du Chef de l’Etat au patrimoine, il a plaidé pour l’érection de monuments dans les communes en hommage aux anciens esclaves déportés. Quant au représentant du maire de Prichard, Gédéon Kiki, il s’agit d’un évènement historique initié pour célébrer et rendre hommage à une grande figure. La représentante de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin a reconnu la nécessité de protéger et promouvoir l’histoire avant de saluer la mémoire d’un baobab, symbole de la persévérance et qui a fait face à des défis inimaginables.

Faut-il le rappeler, Cudjo Oluale Kossola Lewis, né au Dahomey (Bénin aujourd’hui) vers 1840 a été capturé avant l’âge de 20 ans suite à une attaque du roi Guézo. Des travaux forcés à Ouidah, il a été déporté en tant qu’esclave aux Etats-Unis à bord du navire négrier “Clotilde“ en compagnie d’une centaines d’autres prisonniers. Cinq ans après, l’homme retrouve la liberté, la traite négrière étant déjà abolie depuis 1808 en Amérique. Il devient citoyen américain en 1868 et fonde une famille avant de mourir en 1935. Pour immortaliser l’homme, une statue sera érigée et inaugurée ce vendredi, 11 décembre 2020 à la Place de la solidarité, le Belvédère de la Colline Koubété de Bantè.

A.B

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