Jean-Baptiste Elias à propos de la Journée de lutte contre la corruption: « La lutte…est une course de relais »

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Au détour d’un entretien accordé à votre journal, Jean-Baptiste Elias, Président du Front des organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac) et ancien président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) est revenu sur les efforts consentis jusqu’ici pour éradiquer ou faire reculer le fléau ainsi que les défis à relever. Et selon l’acteur de la société civile, la lutte contre la corruption est une course de relais et qui interpelle tous les Béninois. Lire l’entretien! 

La communauté internationale célèbre ce jour, la Journée internationale de lutte contre la corruption. Durant de longues années, vous vous êtes investi dans cette lutte, dites-nous, à l’heure du bilan aujourd’hui, que peut-on retenir ?

Le Bénin a décrété par un décret du 31 décembre 2006, le 08 décembre de chaque année comme étant la Journée nationale de lutte contre la corruption. Le Bénin a signé et ratifié la Convention des Nations-Unies contre la corruption. Et les Nations-Unies ont décrété le 09 décembre de chaque année, la Journée internationale de lutte contre la corruption. Durant de longues années, le Fonac s’est illustré dans la lutte contre la corruption…De la période coloniale aux indépendances de 1970 jusqu’à ce jour, tous les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays ont essayé dans la mesure du possible et dans la mesure de leurs moyens, de lutter contre la corruption. De ce point de vue, nous dirons qu’il s’agit d’une avancée. Ce qu’ont fait les gouvernements, les membres de la société civile. La lutte contre la corruption est une course de relais. Lorsqu’on a fait ce que l’on doit faire, on remet le témoin à quelqu’un d’autre qui continue la course jusqu’à un moment donné avant de transmettre le témoin à son tour. Aujourd’hui au Bénin, quand nous prenons les évaluations faites par Transparency international au plan mondial et que nous prenons les résultats de la Fondation Ibrahim Mo pour l’Afrique, le Bénin se trouve à une position appréciable. Si nous prenons le dernier rapport de Mo Ibrahim, le Bénin est classé 13ème sur les 54 Etats de l’Union africaine… A priori, on peut être satisfait mais cela ne suffit pas. Nous qui travaillons dans la lutte contre la corruption, nous souhaiterions que le Bénin soit en tête pour l’Afrique. Et pour le faire, nous devons redoubler d’efforts pour aller de l’avant et ne jamais régresser.

De la lutte contre la corruption au Bénin, il ressort que des paliers restent à franchir. A cet effet, que préconisez-vous?

Effectivement, des paliers restent à franchir. Les organisations de la société civile ont fait leur travail en faisant la sensibilisation, en fouillant les dossiers, en faisant des dénonciations. Les organisations de la société civile n’ont pas la plume de la sanction. Les sanctions sont à deux niveaux: la sanction administrative pour l’Exécutif et la sanction pénale pour ceux qui sont à la justice. Et nous, quand nous faisons le travail, nous transmettons les éléments aux autorités, à elles de poursuivre ce qui doit être fait. Ceux qui n’ont pas été encore sanctionnés doivent l’être. On doit pouvoir mettre la politique de côté et faire la même chose pour tout le monde. Il ne faut pas sanctionner certains et épargner d’autres. La bonne gouvernance a un élément de justice qu’il faut nécessairement appliquer. Nous sommes pour la justice équitable pour tous.

Un message à lancer à l’occasion de la célébration de ladite Journée ?

La lutte contre la corruption, nous avons atteint un niveau intéressant mais nous pouvons mieux faire… Les deniers publics doivent être respectés.

Propos recueillis par Aziz BADAROU

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