Djènontin éventre la Constitution de 2019: Poste de Vice-président : les pièges qui guettent le Bénin

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L’article 41 nouveau de la loi N°2019, du 07 novembre 2019, portant révision de la loi N°90-32, du 11 décembre 1990, portant constitution de la République du Bénin, a créé un poste de vice-président, qui assure la vacance de la présidence de la République, dans les conditions fixées à l’article 50 de ladite constitution. L’ancien ministre et ancien député, Valentin Djènontin, depuis son exil de Paris, fustige l’institution de ce poste de vice-président de la République. Selon sa déclaration prononcée mercredi 2 décembre 2020, via les médias, « les dispositions de la constitution du 7 novembre 2019, prouvent à suffisance, que ce poste ne sert à rien ». La suppléance du président de la République, en cas de vacance de poste est prévue dans la Constitution du 11 décembre 1990, et point n’est besoin d’inventer d’autres artifices, souligne-t-il.

 

L’instauration du poste de vice-président, ne reçoit pas l’assentiment de l’ancien ministre de Boni Yayi exilé à Paris. Selon les propos de Valentin Agossou Djènontin, elle ne procède que de la volonté de confiscation du pouvoir d’Etat, par l’orchestration d’une manipulation des lois et textes de la République, taillés sur mesure et de la psychologie du peuple. Sinon, fait-il remarquer,  ce poste est d’une vacuité sans précédent, au regard des attributions de ce dernier dans la Constitution. Non seulement il est budgétivore, mais il est aussi source potentielle d’éventuelles guerres fratricides aux lendemains incertains, prévient l’ancien député à l’Assemblée nationale du Bénin. Valentin Djènontin n’en veut pour preuve que l’Article 50 nouveau qui dispose qu’« en cas de vacance de la présidence de de la République par décès, démission, ou empêchement définitif, l’Assemblée nationale, se réunit pour statuer sur le cas, à la majorité absolue de ses membres. Le président de l’Assemblée nationale, saisit la Cour constitutionnelle, qui constate et déclare la vacance de la présidence de la République. Les fonctions du président de la République sont exercées par le vice-président, pour le reste de la durée du mandat en cours. Il prête  immédiatement le serment, tel que prévu à l’article 53 de la Constitution. Il désigne au plus tard 48heures après la prestation de serment et après avis consultatif du bureau de l’Assemblée nationale, un nouveau vice-président de la République, conformément aux dispositions de l’article 44, excepté celles relatives au parrainage ».

Vacuité du poste 

A quoi sert finalement l’élection présidentielle en République du Bénin, avec la constitution Talon, du 07 novembre 2019 ? Quelle est l’utilité finale du système de parrainage, si chemin faisant, on pourrait s’en passer, pour désigner un vice-président, qui pourrait devenir président de la République ?, s’interroge-t-il. Valentin Djènontin ne juge pas de l’utilité de ce Vice-président, qui pourrait devenir Président de la République, en cas de vacance du pouvoir, et qui pourrait être désigné par un seul citoyen fut-il devenu président de la République et sans contrainte de parrainage. Un seul citoyen peut ainsi se substituer à tout un peuple pour lui désigner et imposer un vice-président de la République, se désole-t-il.

Pour l’ancien ministre, le système de parrainage, n’est qu’un simple moyen ponctuel d’exclure l’opposition politique de l’élection présidentielle de 2021 et un guet-apens, en vue d’ériger en République du Bénin,  une dynastie pour des décennies. Il affirme comprendre alors pourquoi le chef de l’Etat a « empêché » le retour des députés de l’opposition de la 7e législature à l’Assemblé nationale par peur qu’ils ne continuent à dénicher, comme par le passé, les pièges enfouis dans la Constitution et autres textes de lois. Il en appelle donc à certains cadres d’une certaine région du Bénin, pressentis au poste de vice-président, de ne pas se prêter à ce jeu qui ne vise qu’à instrumentaliser une personnalité politique pour assouvir  le désir d’instaurer une ‘’dynastie ou une monarchie’’. « Aucun cadre élu sur le ticket présidentiel de Patrice Talon, ne fera pas plus de 6mois, après la prestation de serment dans ses fonctions tant que celui-ci n’est pas de la lignée de la dynastie ou de la monarchie de son clan », avertit-il.

Morceaux choisis 

Il ressort en définitive des propos de Valentin Djènontin, à la lumière des dépositions de la loi, qu’en dehors de la charge de chancelier de l’ordre national, le Vice-président de la République n’est que le chargé de mission occasionnel de la présidence de la République. Article 54 nouveau, alinéa 10 à 13 : « le président de la République, ne peut déléguer aucune de ses attributions au vice-président de la république…Le vice-président de la République, peut être démis de ses fonctions par l’Assemblée nationale, sur saisine du président de la République, pour manquement grave. « ….l’acte de saisine de l’Assemblée nationale par le président de la République, doit indiquer le nom du nouveau vice-président de la République, proposé conformément aux dispositions de l’article 44, exceptées celles relatives au parrainage…. La destitution du Vice-président de la République et la désignation de son remplaçant sont acquises par un même vote à la majorité qualifiée des 2/3 des membres composant l’Assemble nationale ».  Article 54-1 : «le Vice-président de la République n’est pas membre du gouvernement, il représente le président de la république à la demande de celui-ci à l’intérieur ou l’extérieur du territoire national. … Les fonctions du Vice-président de la République sont incompatibles avec l’exercice de tout autre mandat électif, de tout emploi civil ou militaire et de toute autre activité professionnelle.

Mike M.

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