Politique nationale: Soglo-Yayi : le calme avant les hostilités ?

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Ils se font rares ces derniers mois dans les média. Et pourtant ça ne ressemble pas aux anciens chefs de l’Etat béninois, Nicéphore Soglo et Yayi Boni. L’actualité a tout de même été fournie, et continue de l’être d’ailleurs. La fixation du 1er tour de la présidentielle au 11 avril 2021 au lieu de début mars comme à l’accoutumée depuis au moins deux décennies, les arrêts rendus par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples au sujet d’un certain nombre de réformes dont la révision de la Constitution sous la Rupture, et la tournée nationale entreprise depuis environ trois semaines par leur successeur Patrice Talon sont autant de sujets qui défraient la chronique. Visiblement, les présidents Yayi Boni et Nicéphore Soglo ont fait l’option du silence, loin de la presse et des média en général. En effet, la dernière fois qu’on a lu sur Nicéphore Soglo dans la presse et sur les réseaux sociaux, le 12 novembre 2020, mais sur un sujet qui n’a rien de commun avec l’actualité au pays. C’était à l’occasion du décès de l’ancien chef de l’Etat ghanéen, Jerry John Rawlings où le président Soglo a fait un témoignage sur lui, relayé par certains média. Le 29 novembre fut son anniversaire de naissance. Le premier président de l’ère du Renouveau démocratique a soufflé sa 86ème bougie. Des compatriotes et une certaine presse ont une pensée à son endroit. Pas plus. Si non, Nicéphore Soglo a véritablement opiné sur une actualité concernant le Bénin, il y a un moment. Cela remonte au 23 Septembre dernier où il a réagi sur une polémique entre responsables influents de la Résistance au Pouvoir actuel. Lorsque dans l’interview accordée au magazine panafricain Jeune Afrique, paru le 9 septembre, le président Talon demandait à ses aînés dans le fauteuil de retrouver leur rang et qu’ils se ressaisissent, Nicéphore Soglo qui n’est plus en phase avec la gouvernance de son champion, n’a pas réagi à la déclaration qui sonne comme une provocation.

Pour ce qui est de Yayi

Yayi Boni, lui-même intuitu personae n’a plus été comme ça au-devant de la scène. En tout cas, il y a au moins deux mois qu’on n’a plus aperçu sa silhouette sur la toile. Après son déplacement sur Tchaourou dans la partie Nord du Bénin où il est allé saluer l’héroïne Sakina Harouna, qui a sauvé plusieurs vies humaines à la suite d’un chavirement de barque, c’est à fin septembre 2020 que remonte sa dernière actualité en date. Du tac au tac, le président Yayi a répondu à certains pans de l’interview accordée par son prédécesseur à Jeune Afrique. « C’est avec beaucoup de respect à notre Peuple que je souhaite faire quelques commentaires sur certains aspects de ses propos pour dissiper tout malentendu.  Il souhaite que Thomas Boni YAYI et Nicéphore Dieu-Donné Soglo retrouvent leur rang et qu’ils se ressaisissent. Est-ce une menace de plus après tous les déboires contre ces derniers ? A nous de nous ressaisir ? C’est bien lui qui doit se ressaisir et accepter les contradictions constructives et la compétition car nous sommes du côté du peuple. Le Bénin appartient à nous tous. Je vous laisse le soin la tonalité de ses propos à l’endroit de ses prédécesseurs dans la fonction qu’il n’a jamais respectés parce que encombrants pour lui. Quels que soient nos rangs, ne perdons pas de vue les valeurs africaines. Le respect des Aînés dans tous les domaines. Mieux, dans les écritures saintes, l’épître de Jacques dit je cite « La langue d’un homme est souvent la cause première de sa propre ruine », s’est désolé Yayi Boni. Et plus loin, il écrit : «  J’ai fait l’option conformément à la constitution de militer dans le Parti « Les Démocrates » pour le retour de notre Démocratie de l’Etat de Droit et du respect des Libertés Fondamentales, gage de notre marche vers la Bonne gouvernance de nos affaires, laquelle détermine, la paix, la stabilité, la sécurité de tous, le développement et la prospérité partagée. Je ne crois pas aux réformes personnelles qui instaurent la dictature et les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat au profit d’une minorité, qui esclavagiste le Peuple ». Eu égard à cette réplique vive, alors que le long de sa tournée Patrice Talon n’a de cesse de parler de son aîné et prédécesseur puis du parti politique Les Démocrates, on peut s’interroger sur le mutisme de Yayi Boni sur ces actualités. Est-ce un choix personnel ou une stratégie édictée par son groupe politique pour éviter que le camp présidentiel ne dise que l’homme de Tchaourou perturbe la tournée nationale ?

De toute évidence, les présidents Soglo et Yayi, figures emblématiques de la Résistance au pouvoir de Patrice Talon, sont restés un peu à l’écart de l’actualité nationale. Est-ce pour pouvoir mieux rebondir, le temps du périple du chef de l’Etat qui le conduit dans une soixantaine de localités du Bénin ?

Worou BORO

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